La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri : Je suis mon prochain

Dans sa chronique du dimanche 25 janvier 2015, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri invite à décliner le slogan “Je suis Charlie”.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les mois sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

Le week-end du 10-11 janvier, nombreuses étaient les pancartes portant l’inscription « Je suis Charlie ». Sur certaines on pouvait lire aussi « Je suis Ahmed », « Je suis policier », « Je suis musulman »…

Cette identification à l’autre m’a fait penser à l’apôtre saint Paul qui disait qu’il s’était fait  juif avec les juifs, grec avec les grecs, faible avec les faibles, bref, il s’était fait tout à tous. Il s’était identifié à chacun, il avait rejoint chacun là où il était. Paul est sorti de lui-même pour aller vers les périphéries, pour reprendre une expression du Pape François, et vivre ce que les uns et les autres vivaient.

Lorsque dans le désert du Sinaï Moïse demande à Dieu quel est son nom, la réponse de Dieu est : « Je SUIS ». C’est d’ailleurs pourquoi j’ai choisi cette image de Moïse au pied du buisson ardent où Dieu révèle son nom.

Dimanche dernier, c’était la journée mondiale du migrant et du réfugié. Je dis bien « journée mondiale ». En avons-nous entendu parler ? Avons-nous vu des pancartes dans la rue portant l’inscription « Je suis migrant », « Je suis immigré », « Je suis réfugié », « Je suis exilé » ? Pas vraiment !

Faut-il redire à ceux qui l’oublient, que les migrations sont toujours le résultat de l’injustice humaine. Je suis un arrière-petit-fils de migrant italien, lorsque je vois l’histoire de ma famille,  je peux le dire : on ne migre jamais de gaieté de cœur. Lorsqu’on s’expatrie,  il y a toujours une raison : la pauvreté, la persécution, la guerre. Il faut donc réfléchir sur les causes, et dans la mesure du possible y remédier.

Quant à nous ici, dans nos maisons, nos villes, nos campagnes, n’ayons pas peur de l’autre. Rappelons-nous les mots récents du pape François : « à côté des migrants, des déplacés et des réfugiés, il y a beaucoup d’autres « exilés cachés », qui vivent à l’intérieur de nos maisons et de nos familles. Je pense surtout aux personnes âgées et aux personnes handicapées, comme aussi aux jeunes. Les premières sont objet de rebut quand elles sont considérées comme un poids et comme des « présences encombrantes », tandis que les derniers sont mis à l’écart en niant leurs perspectives concrètes de travail pour construire leur avenir. »

Alors à vos pancartes, et à vos vies quotidiennes surtout, avec portant en vous : « je suis ma mamie qui vit seule », « je suis mon fils chômeur », « je suis ma mère souffrante », « je suis mon frère divorcé », je suis ma petite-fille handicapée », « je suis mon voisin », « je suis ma voisine ».

Bref, « je suis mon prochain ».

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 6 commentaires

  1. “je suis mon prochain”

    très belle conclusion de votre texte

    il est grand temps d’y penser, dans ce monde d’indifférence et d’égoïsme

    aimons nous, aidons nous les uns les autres

    bien respectueusement

  2. Merci et bravo pour votre article Monseigneur sur JE SUIS, n’oublions pas les malades, les personnes
    isolées dont je fais partie. OUI JE SUIS ET J’EXCISTE MERCI ENCORE

  3. Mgr.combien je souhaite que vos paroles soient entendues et écoutées! Bien égoïstement je crierais “je suis ma fille chomeuse” “je suis ma fille grosse” devant sa souffrance lorsqu’on lui dis “vous n’avez pas le physique de l’emploi” malgré ses diplômes et ses compétences. Mgrs. en France le racisme commence par la différence, alors souhaitons que beaucoup vous comprennent!!

  4. Par charité envers le prochain : peut-on voir la croix pectorale de monseigneur en gros plan ? c’est important.

  5. MONSEIGNEUR je réponds a votre chronique du dimanche 25″JE SUIS MON PROCHAIN”.Effectivement le dimanche 18″JOURNEE MONDIALE DES MIGRANTS”je n’ai pas eu le moindre echo pour des rassemblements avec pancartes.Moi aussi j’ai quitté ma BRETAGNE ST BRIEUC précisément PLENEUF VAL-ANDRE pour venir travailler a PARIS.Quel cafard! a 18ans laisser ma belle jeunesse et tout le reste!.Bref MONSEIGNEUR vous avez raison de le rappeller TOUS UNIS sans couleur de peau.”JE SUIS COMME TOUT LE MONDE”Vos chroniques nous apaisent Ce soir LES PRETRES avec vous en concert a LYON.Mes pensées seront pour vous.Priez pour moi une brebis égarée!!!.Je vous aime.ARLETTE

  6. Bonjour,
    Je ne connaissais pas la journée mondiale des migrants.
    Pauvres migrants qui ont laissé ou laissent derrière eux leur vie, leur famille et leur bien. Il ne leur reste que pour maigre bagage et compagnon de route, mais, oh combien important : une lueur d espoir pour une vie meilleure. Nous pouvons prier pour que cette lueur ne s’éteigne jamais.
    Pour les autres exhilés que nous avons à notre porte, n est-ce pas le résultat d une société que j’appelle, pardonnez-moi le terme un peu brutal “la société kleenex” ? -” j’aime- je n’aime plus – je jette” . Il peut s’agir d’un compagnon, d’un mari, d’un enfant, d’un parent âgé ou d’une autres personnes.
    Alors oui comme vous le dites si bien, Monseigneur, à nos pancartes ” Je suis mon Prochain”

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