La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri : L’accès des divorcés-remariés à l’eucharistie

Dans sa chronique du 30 mars 2014, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri aborde la question de l’accès des divorcés-remariés à l’eucharistie.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les quinze jours sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

Pour ceux qui, parmi vous suivez l’actualité religieuse, il ne vous aura pas échappé que dans le temps de préparation du futur synode des évêques sur la famille, certains cardinaux ne partagent pas la même vision en ce qui concerne les divorcés-remariés et l’interdiction qui leur est faite de recevoir l’eucharistie, c’est-à-dire de communier au cours de la messe.

Je ne sais pas si vous avez remarqué que de nombreux parallélismes sont possibles entre le déroulement d’un cours à l’école et la liturgie de la messe. Quand le professeur entre dans la classe, les élèves se lèvent. C’est également le cas des fidèles quand le prêtre monte à l’autel. Le professeur salue les élèves en disant « bonjour » et le prêtre en disant « le Seigneur soit avec vous ». On ouvre ensuite le manuel scolaire ici, et la bible là. On lit un ou deux passages à haute voix dans les deux cas puis on les explique, le professeur en faisant son cours, et le prêtre en prononçant l’homélie.

Puis dans certaines écoles vient le moment de la distribution des bons points, mais à la différence du professeur des écoles, le prêtre ne distribue pas de bons points à ceux qui se distinguent par leur comportement, par leur connaissance, par leur assiduité. À la messe, le prêtre distribue l’eucharistie, la communion. Faut-il préciser qu’elle n’est pas une sorte de bon point, de récompense, de médaille pour fidèles exemplaires. L’Eucharistie, le corps du Christ, est la nourriture dans laquelle puiser la force pour affronter les épreuves, pour être plus juste, plus attentif, et plus accueillant envers les autres, pour approfondir sa proximité avec le Christ. Le pape ne nous dit-il pas : « Je vois avec clarté que la chose dont a le plus besoin l’Église aujourd’hui, c’est la capacité de soigner les blessures et de réchauffer le cœur des fidèles, la proximité, la convivialité. Je vois l’Église comme un hôpital de campagne après une bataille. Il est inutile de demander à un blessé grave s’il a du cholestérol et si son taux de sucre est trop haut ! » Et le pape ajoute : « Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. ».

Alors à l’heure où va s’ouvrir en octobre prochain le synode sur la famille – un synode étant une réunion d’évêques autour du pape, mais aussi de laïcs hommes et femmes –, les opinions des cardinaux divergent sur l’accès aux sacrements des divorcés-remariés. Qu’ils n’oublient pas que l’eucharistie n’est pas une pièce de musée que l’on peut admirer mais que l’on ne doit surtout pas toucher. Si la démarche est sincère, la volonté présente, le besoin réel, alors permettons aux divorcés-remariés de recevoir celui qui sauve, qui se donne et qui aime.

Que se passe-t-il avec un homme et une femme mariés à l’église et qui, au bout de d’un, deux, trois ans, quatre ans de mariage se rendent compte que leur engagement était une erreur. Ils se séparent, construisent une vie avec une autre personne en lui restant fidèle dix, vingt, trente ans. Doivent-ils porter toute leur vie le poids de l’échec et la souffrance de ne plus pouvoir puiser à la source de l’amour, être regardés par les autres comme ceux qui ont commis l’irréparable péché de l’erreur conjugale, être au fond une sous-catégorie de catholiques ?

J’ai bon espoir. Aux premiers temps de l’Église, quand les apôtres ont débattu de savoir si ceux qui demandaient le baptême devaient aussi obéir à toutes les prescriptions de la loi de Moïse, ce sont les rigoristes qui ont perdu. Et l’évangile s’est répandu dans tout l’Empire romain. Au XVIIe siècle, quand les jansénistes exigeaient une totale conversion pour recevoir l’absolution du prêtre et l’eucharistie, les jésuites répliquèrent que Jésus lui-même avait dit qu’il était venu non pour les bien-portants, mais pour les malades. Et le jansénisme fut abandonné, car trop éloigné de l’esprit de l’évangile alors même qu’il s’en réclamait. Notre pape est jésuite. Depuis un an il prêche une attitude de miséricorde. Dans l’avion qui le ramenait des JMJ en juillet dernier, il a évoqué l’exemple des chrétiens orthodoxes qui « donnent une seconde possibilité de mariage ». Je suis convaincu que nous trouverons le chemin qui permettra de maintenir à la fois l’indissolubilité du mariage et la manifestation de la miséricorde de Dieu envers toute femme et tout homme en souffrance.

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 17 commentaires

  1. qu’en est-il des divorcés non remariés et chaste Monseigneur ? Merci

  2. OUI!!! 3 fois OUI.
    mais alors si l’évangile dit qu’après un divorce se remarier est de tomber dans l’adultère, l’église n’est plus en accord avec la Bible et son Evangile. Cela me parait être incompatible. Il y a la solution de partager un toit sans avoir à recourir au sacrement du mariage? où se situe l’hypocrisie? Nous sommes responsable de notre âme face à Dieu, alors faire un effort pour Dieu devient-il si difficile, lui qui est Amour et bonté.

  3. j’adhère à ce discours d’ouverture et de modernité.
    j’aimerai profiter de cet espace de libre expression pour vous dire comme il me manque d’aller dans une Eglise écouter ce genre de discours. Pour y aller à reculons autant ne pas y aller et prier chez soi, ce que je fais.
    Il en va de même pour les chants, j’aimerai y écouter plus souvent des musiques classiques ou plus modernes, il en existent de si merveilleuses! qui peuvent si bien s’adapter aux homélies des prêtres, comme vous le faite si bien dans les textes que vous dites dans vos CD Spiritus Dei et Gloria.
    Si seulement vous pouviez proposer des formations aux prêtres afin qu’eux aussi ils réussisent ce merveilleux mariage des mélodies et des mots, car bien souvent, les homélies sont accompagnées ou pas de musique d’une tristesse et d’une monotonie qui ne nous donne pas envie de revenir entendre cela. Bien souvent je suis repartie déçue, car il manquait le plus souvent la dimension musicale. Le prêtre doit se mettre en “spectacle” , c’est à dire faire son one man show, avec des textes issus ou pas de la bible, et mettre en scène ces textes en choisissant ce qu il y a de plus beau dans la musique, afin d’attirer le plus de fans (fidèles).
    Il est d’intérêts public de partager les titres de vos CD avec tous les fidèles qui entrent dans nos églises, ils ont le droit d’écouter ces magnifiques musiques dans le plus bel endroit qui existe pour ressentir au plus profond de sa foi et de son être la magie des émotions que procurent cette sublime osmose. Formez des chorales et des Prêtres spécialisés pour qu eux mêmes forment des chœurs et transmettent à leur fidèles, les 3 prêtres ont ouvert la voix, il faut donc développer et pérenniser ce nouveau concept en permettant à d autres prêtres de monter sur scene sans leurs églises, (autel) et je suis certaine que les Eglises ne désempliront pas et que le catholicisme trouvera sa réelle voie (voix) cette vocation universelle à relier toutes les âmes, tous les peuples entre eux.
    Serais je la seule à penser ainsi?
    En tout cas BRAVO a vous Msgr, j’admire vraiment votre implication humaine et spectaculaire votre modernité et les efforts et actions que vous déployez religieusement bien. Je suis profondément touchée par ce qui émane de votre personne. Merci

  4. On est en union libre, on a des enfants, on se sépare, on prend un autre partenaire, on peut se marier à l’église.
    On se marie à l’église, le (la) conjoint(e) vous plaque, quelque temps après, on retrouve l’amour, on se marie civilement, pas de communion.
    Conclusion, il est peut-être sage de commencer par le concubinage et de se marier religieusement après.
    Merci Mgr de parler des divorcés remariés.
    Vous ne représentez pas une église moribonde.

  5. eh bien, vu le premier commentaire (et d’autres lol)… il a du boulot l’évêque de Gap ! bon courage Monseigneur 😉

  6. bonjour! Monseigneur,

    Je voudrais une fois encore vous dire combien il est important que l’église change, et soit plus tolérante face à des situations , qui souvent ne peuvent être changer, oui! la tolérance et le changement doivent être la clé pour une église et ses dirigents plus humaine par amour pour ce Dieu bon et compatissant,
    soyons les batisseurs d’une nouvelle église, oû toutes ces personnes bléssées par la vie sentimentale qui cherchent soutien ,pardon,
    et réconfort,
    merçi! encore Monseigneur je sais qu’ ils peuvent compter sur vous,
    une fois de plus vous êtes formidable!
    ce que vous faites pour défendre la cause humaine, cela OUI! c’est la foi! et l’amour pour son prochain,
    vous avez notre soutien total, défendons nos valeurs, bousculons nos dogmes, pour rendre plus forte notre égliise par AMOUR POUR NOTRE DIEU ET LES HOMMES QUI CHERCHENT DIEU,
    ( hélas nous sommes souvent pas compris dans nos démarches et sommes pas apprécier de tous….?
    MAIS PARDONNONS ET PRIONS.)
    trés sinçèrement avec notre totale proximité
    FRANCINE et RENÉ à trés bientôt!

  7. Pathétique de nullité.
    Le couple et sa fécondité est une image vivante de la Trinité.
    Les “mariages-erreurs” et leur traitement pseudo-charitable valide l’impossibilité de l’amour universel.
    Et l’accès ouvert à la Communion est, finalement, défiance envers le Mystère de Dieu, et l’infini de Sa Puissance.
    Mgr, vous représentez cette Eglise moribonde.
    Adieu

  8. Merci au Père di Falco pour ces paroles d’Espérance dans la ligne de l’Evangile :”Je suis venu sauver ce qui était perdu” a répété Jésus ( Dieu sauve ) tout au long de son ministère.

  9. Bonjour! Monseigneur,
    Excusez moi pour les fautes d’ortographe , dans la rapidité ,
    cela n’était plus possible de réctifier,
    merci!
    cordialement! Francine

  10. Monseigneur,

    bonjour !
    Je suis si heureuse de vous lire avec des mots justent
    combien hélas ! sont nombreux à vivre de tels échecs meurtrient dans leur chair,
    merci! pour eux de leurs laisser une deuzième chance,
    nombreux sont ceux qui n’y peuvent les privés de Dieu cela doit être terrible!
    que Dieu vous garde!
    amicalement vôtre, à bientôt a Notre Dame du laus pour le jubilé.
    Francine

  11. Je salue votre courage Monseigneur ; Evêques où prêtres, bien peu de ministres ordonnés osent s’exprimer sur ce sujet délicat.
    J’étais hier au sein d’un « atelier » où des paroissiens évoquaient leur souffrance face à la mise à l’écart de l’Eucharistie, des divorcés-remariés. Ils disaient leur douleur mais aussi leur incompréhension, quelques fois même leur colère.
    Merci de leur apporter un peu de réconfort, d’être en quelque sorte leur porte-parole.
    Plus je lis l’Évangile et plus j’ai la conviction que Jésus n’aurait pas condamné, que face à cette situation il aurait une fois de plus exprimé amour et tolérance…

  12. Merci pour cet espoir que vous donnez ! Bon courage ! Amicalement.
    Martine GILHARD.

  13. Un grand bonjour à Monseigneur Di
    Falco, qui , comme toujours, nous invite
    à suivre les chemins d’amour et de compassion plutôt que ceux de la rigidité.
    L’Eglise doit évoluer pour donner plus
    de chaleur et de compréhension à tous
    ceux qui se sentent blessés par la vie.

  14. comme d’habitude MAGNIFIQUE !!! merci beaucoup

  15. Si je peux me permettre un petit commentaire, Notre Créateur de tous règnes confondus est avant tout un Dieu de pardon, incontournable pardon, et si j’estime que je suis trèès gravement offensé, je dois pardonner au coupable immédiatement car plus je différerai mon pardon et plus difficile il me sera de pardonner.
    Des sujets très sérieux peuvent être suivis de plaisanterie car les blagues également aident à moins faire la gueule en pardonnant: Monseigneur, dans votre chronique, vous citez les écoles, alors rions-en:” l’institutrice dit aux enfants: quand je dis que je suis belle, quel temps est-ce? et Toto lui répond: le passé madame!
    Que Dieu vous bénisse ainsi que tous vos proches et que Marie vous guide sur les chemins de la vie.
    Votre dévoué serviteur. René à Agadir.

  16. Un immense espoir pour beaucoup

  17. Bonjour

    Question : est-ce que l’Eglise Catholique permet le remariage
    Réponse oui.

    C’est quoi l’Eglise Catholique, c’est la réunion des rites chrétiens qui ont été reconnus comme catholique après le concile de Trente qui a eu lieu entre 1545 et 1563, par le pape Pie V en 1570, par la bulle quo Primum, qui unifie la liturgie latine et impose le rite romain, à l’exception des lieux où le rite a plus de deux cents ans d’âge.
    Actuellement il subsiste les rites suivants, Rite wisigothique et/ou mozarabe dit de Saint Isidore de Séville ; Rite de Braga ; Rite ambrosien ou de Milan ; Rite cartusien ; Rite cistercien ; Rite dominicain.

    Deux de ces rites permettent le remariage tel qu’il était admis dans les églises primitives, comme dans les églises Orthodoxe de nos jours, le rite de saint Isidore de Séville et le rite de Braga

    Pour bien marquer que ces rites sont bien catholiques, le concile Vatican II qui a ouvert ses travaux le 11 octobre 1962 par la prière Adsumus de Saint Isidore de Séville ou rite wisigothique ;
    Cette prière n’existe pas dans les autres rites, elle demande à Dieu de nous éclairer et nous guider dans les décisions à prendre dans une réunion, les conciles, assemblées capitulaires, monastiques, canoniales, etc. …
    Cette prière est conseillée pour les préparations au remariage.

    Mais alors quel est le rite qui interdit le remariage, depuis quand et pourquoi ?
    C’est le rite tridentin issu du Concile de Trente, que ce soit dans sa forme extraordinaire dite en latin, ou sa forme ordinaire dite en langue vernaculaire.
    Depuis quand, c’est sous le pape Clément VII qui refuse une énième demande du roi Henri VIII d’Angleterre de dissoudre son mariage avec Catherine d’Aragon en 1527,
    Catherine d’Aragon étant la tante de Charles Ier d’Espagne connu sous le nom de Charles Quint, lui-même s’opposait à ce divorce.
    Depuis le divorce et remariage est interdit dans le rite tridentin
    que par manque de connaissance dans l’Histoire de l’Eglise, plusieurs disent catholique, en oubliant les autres rites.

    A signaler que sur les sites des évêchés de Séville et de Tolède on trouve le rituel du remariage, il existe deux, le premier, lorsque un seul des deux futurs époux se remarie, le second lorsque les deux se remarient.
    Tout comme dans les églises Orthodoxes un seul remariage est autorisé, et non plusieurs remariages.
    Dans les églises de Septimanie qui vont de Nîmes à Perpignan, on pourrait utiliser ces rituels de remariages. Puisque le rite de Saint Isidore de Séville ou rite wisigothique a été pratiqué entre les Ve et VIIIe siècles, ces églises n’ayant pas perdus le droit de pratiquer ce rite.
    Dans les autres églises de France il faut qu’un des deux époux puissent bénéficier par sa naissance de ce rite.

    Nota ; Il existait d’autres rites qui ont disparus, Rite gallican ; Rite lyonnais ; Rite celtique ; Rite de Sarum en Angleterre, et le rite Nidaros en Norvège, Rite prémontré ; Rite carmélite, etc. … pour les plus connus.

    C’est très résumé, puisqu’il faudrait des pages pour entrer dans les détails, mais pour celles et ceux qui aiment faire des recherches vous avez plusieurs éléments.

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