La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri : “l’Église n’a pas à se mêler de la société !”

Dans sa chronique du 2 mars 2014, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri approfondit la phrase “l’Église n’a pas à se mêler de l’organisation de la société”.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les quinze jours sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

J’ai pu lire ou entendre ici ou là : « Il est bon de rappeler que l’Église […] n’a pas à se mêler de l’organisation de la société ». Je répète et je souligne : « Il est bon de rappeler que l’Église […] n’a pas à se mêler de l’organisation de la société ».

J’espère, avec cette déclaration, avoir reconquis les cœurs de ceux qui suite à ma dernière chronique me traitent “d’idiot utile de l’islam” ou “d’agent payé par l’islam”, de ceux qui en ont marre de voir, selon leurs dires, dans certaines villes le drapeau français remplacé par celui de la Manif pour tous, de ceux qui n’en peuvent plus d’entendre des propos moyenâgeux sur la vie, la mort, le sexe, le genre, la contraception, l’éducation, l’enfant, l’embryon, le nouveau-né, que sais-je encore.

Non, l’Église n’a pas à se mêler de l’organisation de la société. Mais de qui donc palez-vous lorsque vous dites : l’Église ? Car qu’est ce que l’Église ? Qui est l’Église ? Montrez la moi qu’on puisse enfin lui dire qu’elle n’a pas à se mêler de l’organisation de la société. Donnez-moi un numéro de téléphone, une adresse, un mail. Comment la prévenir, l’avertir pour lui dire les yeux dans les yeux de se taire.

À défaut d’annuaire, je prends le dictionnaire et je pense tenir une piste. Église, du latin ecclesia, mot emprunté au grec qui signifie « assemblée de citoyens ». Alors si on s’arrêtait à cette définition mon affirmation du début prendrait la tournure suivante : « L’assemblée de citoyens n’a pas à se mêler de l’organisation de la société ». Vous conviendrez que cela devient assez contradictoire avec la démocratie de la République française.

Alors allons plus loin dans la définition et nous lisons qu’Église signifie également : « Assemblée de tous ceux qui ont la foi en Jésus-Christ ». Cette assemblée regrouperait donc les prêtres, les religieux, les religieuses, mais aussi les pères et mères de famille, les enfants, les hommes et les femmes qui ont la foi en Jésus-Christ. (Regardez derrière moi sur les écrans, ils sont là!) Précisons que ces derniers sont aussi des citoyens. Selon une logique tout à fait basique, la phrase initiale prend désormais la tournure suivante : « Les citoyens français qui ont la foi en Jésus-Christ n’ont pas à se mêler de l’organisation de la société ».

Cette affirmation est difficilement acceptable. Pourtant, ce sont des propos d’une militante  rapportés dans un article du Monde. On peut donc se demander si cette personne a des tendances anti-démocratiques… L’organisation de la société passe aussi par le vote. Les citoyens français qui ont la foi en Jésus-Christ ne devraient-ils pas, selon elle, pouvoir participer aux élections ?

Alors dites-moi en quoi vous croyez et je vous dirai si vous avez le droit d’exprimer votre avis.

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 10 commentaires

  1. Bravo, ces critiques claires et compréhensibles par tous d’une certaine conception de la laïcité sont vraiment nécessaires dans notre beau pays. On entend quotidiennement des gens affirmer que les chrétiens n’ont pas à se mêler des affaires publiques comme s’il s’agissait de citoyens de seconde zone. Il est plus que temps de réagir et vigoureusement. Que l’on soit d’accord ou pas avec des positions de chrétiens est une autre question mais leur retirer le droit à la parole, c’est un peu fort..

  2. Superbe, et amusant dans la forme, ce qui est souvent le cas des propos de Mgr Di Falco, qui maîtrise bien l’art de convaincre tout en étant plaisant. Il fait ici semblant de ne pas comprendre ce qui est exactement visé quand des gens affirment: “L’Eglise n’a pas à se mêler de la société”; ce n’est pas que les catholiques soient menacés dans leur droit de voter, ou seraient discriminés de quelque façon parce qu’ils sont croyants, mais ceci: ce qui est proclamé, c’est que les dogmes moraux chrétiens, ou propres à l’Eglise catholique, n’ont pas à faire irruption sur la scène publique, ni à chercher à s’imposer (par des manifs de rue, la pression des veilleurs, etc…) contre la “vox populi” qui n’en veut pas, car elle a opté massivement pour la “modernité”, c’est-à-dire une transformation radicale de la société. Et ça, ce refus agressif de voir les chrétiens intervenir en tant que défenseurs de valeurs essentielles (humanistes, protégeant les faibles, etc…) – valeurs désormais considérées comme rétrogrades et disqualifiées au nom d’un autre “ordre” – c’est, me semble-t-il, extrêmement dangereux. Les chrétiens ont, dès l’origine, en s’appuyant sur l’Evangile même, pris parti pour tous les “précaires”: les femmes, les enfants, les esclaves, les
    petits, les malades, les prisonniers injustement condamnés, les pauvres… Ne plus leur faire confiance, ne plus les écouter sur le plan des options fondamentales, c’est détruire des progrès inestimables.

  3. Il suffirait alors de mettre à jour un point commun entre Moïse, Jésus, Mahomet et Bouddha, pour vider tous les bureaux de votes…!
    Décidément, on n’en sortira plus.

    Respectueusement vôtre.

  4. L’EGLISE ,c’est nous les fidèles qui sommes les enfants de Dieu ,vous les religieux et dans cette société qui va très mal hélas .Nous pouvons nous exprimer comme tous les citoyens de ce monde .C’est toujours un grand plaisir de vous entendre AMICALEMENT

  5. Merci Monseigneur de nous rappeler de cette belle façon (j’aime bien votre manière de présenter les choses !) que nous sommes l’Église.
    Tout comme nous voulons le meilleur pour les gens que nous aimons, il est bien normal que notre Église, l’Église du Christ-Jésus qui est avant tout l’Église de l’Amour dénonce ce qui lui parait préjudiciable à l’homme et exprime les orientations qui lui semblent aller dans le sens d’une humanité meilleure. Jésus, sans nul doute, n’aurait pas agi autrement !
    Je trouve naturel de m’exprimer, à mon niveau, dans ma vie sociale et dans ma vie ecclésiale sur l’organisation de la société et je ne comprendrais pas que notre Saint Père, nos évêques, nos prêtres restent muets sur ces sujets dont dépend le devenir de l’humanité.

  6. L’Eglise c’est qui ?

    L’Eglise effectivement est bien l’ensemble des fidèles qui ont la foi en Jésus Christ, mais c’est encore plus car l’Eglise du Christ c’est tout le monde, c’est l’humanité entière. Le chrétien ne vit pas en dehors de la société, nos pasteurs non plus, tous les baptisés ont le droit de s’exprimer, et nous avons a témoigné simplement de notre foi en Jésus Christ, simplement, sans avoir peur, sans violence… Notre foi n’a pas à être moderne, ni postmoderne, le chrétien est libre, nous suivons la parole de Dieu qui elle, est éternelle.

    Donc pas de prosélytisme mais n’ayons pas peur d’être responsable, n’ayons pas peur d’être identifié comme chrétien, n’ayons pas peur d’être de l’Eglise, c’est pour cela qu’il me semble emportant de s’engager dans la vie locale (associatif, communal, etc…).
    Oui Monseigneur, nous sommes catholique membre de l’ Eglise, nous n’en sommes pas moins des citoyens !

  7. La foi est-elle devenue “l’opium du peuple”? si je comprends dans ce sens, il faut effectivement la faire taire. Alors que pourrait-on faire pour la vraie drogue dure ?qui pourtant à de beaux jours devant elle!
    Il est vrai aussi que l’ignorance de l’une ou de l’autre pour certains est difficile à comprendre, la peur est souvent la source de bien des maux!
    Pour moi je préfère la foi en Christ, car elle est pacifique.

  8. BONJOUR,

    Si l’Eglise n’a pas à se mêler de l’organisation de la société cela revient à priver de leurs droits civiques une grande partie de Français. Ce n’est pas neutre à la veille d’élections : ainsi les voix des islamistes pèseront d’autant plus lourd ! Proprement scandaleux ! Où est la “fille aînée de l’Eglise” ?

    A bientôt.

  9. Monseigneur,
    une fois de plus !
    vous êtes formidable dans vos propos
    cela est plus que parfait!
    qui sommes nous?oû allons nous?
    ! de quel droit peut-on avoir de tels propos
    a notre egard!
    Nous sommes catholiques pratiquants et fier de l’ ètre
    au nom de notre Dieu nous avons les mêmes droits que les autres citoyens libres que nous sommes avons les mêmes droits.
    hélas! Monseigneur une fois de plus ont n’y pas échapper!
    la critique est dure et inacceptable cela ne tient pas la route!
    mais fort dans la foi! rien ne sauras nous déstabilisés ne perdont pas pied,
    merci! Monseigneur pour tout!
    nous vous aimons et seront toujours à vos côtés pour défendre nos valeurs soyez assuré de ma proximité
    cordialement
    Francine a bientôt!

  10. Une minorité de personnes voudrait nous imposer leur dogme ; c’est tout à fait logique en cette période où la pensée unique du socialisme combat toutes les idées venant de l’Eglise. Si l’Eglise ne peut et ne doit pas intervenir dans l’organisation de la Société alors la démocratie est en danger. Merci Monseigneur Di Falco d’être vigilant et de dénoncer les insinuations qui déstabilisent le peuple de l’Eglise.

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