La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri – « Les robots ont-ils une âme ? »

Dans sa chronique du dimanche 3 avril 2016, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri nous parle des robots.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les mois sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

Faut-il avoir peur des robots ? Les films de science-fiction présentent souvent un avenir où les robots se lieront contre l’homme soit pour l’exterminer, soit pour l’empêcher de détruire le monde. L’objet qui devient intelligent, l’objet qui devient humain, est un thème récurrent depuis des siècles, qu’il s’agisse de la légende de Pygmalion, de Frankenstein, ou de son quasi contemporain Pinocchio, et plus récemment les jouets de Toy Story.

L’industrie du robot est en plein développement. Les tâches que l’on peut leur confier sont de plus en plus complexes, et la réflexion sur la relation humain/robot s’impose.

Le Japon est incontestablement le leader de la recherche dans ce domaine. Pour plus d’un quart de la population âgée de plus de 65 ans, les tâches que peuvent accomplir des robots touchent à tous les aspects de la vie, du robot qui lave et sèche les cheveux à celui qui rappelle les heures de la prise de médicaments, en passant par celui qui fait le lien entre le patient isolé et le médecin, sans oublier celui qui se comporte comme un animal de compagnie pour créer un peu de présence sans les responsabilités liées à un animal, et enfin cette peluche géante qui porte le patient lorsqu’il passe de sa chaise à son lit ou vice-versa.

Le psychiatre Serge Tisseron a mené une réflexion sur l’aspect des robots, leurs rôles et les sentiments, l’empathie que l’homme peut avoir à leur égard. Il présente l’attachement pour le robot comme un risque potentiel. Avant les robots, l’homme ressentait déjà des émotions pour les objets. C’est ce qui se passe quand un objet a une valeur sentimentale. Sa perte peut provoquer une grande tristesse. Et cela pose problème notamment dans l’armée. Le psychiatre observe, je le cite, « sur un champ de bataille, l’attachement à un robot peut nuire à l’efficacité d’une mission en incitant des combattants à risquer leur vie pour éviter la destruction d’un [robot]. […] Pour éviter le risque trop fort d’attachement, il est envisagé de donner aux robots une apparence peu subversive, comme celle d’un insecte, c’est-à-dire un animal qui ne suscite aucune empathie dans nos cultures. »

L’autre risque présenté par Serge Tisseron, c’est l’oubli que derrière le robot il y a les hommes qui l’ont conçu. Une personne âgée ou un handicapé qui est aidé dans sa vie quotidienne par un robot, qui réagit à sa voix et à ses gestes, peut rapidement développer une relation de confidence innocente sans prendre en compte le fait que son confident n’est qu’une machine, et surtout qu’il est incapable d’aimer.

On s’est moqué à juste titre des hommes d’Église qui se sont posé la question de savoir qui avait une âme et qui n’en avait pas. N’est-ce pas pourtant le même type de question que des philosophes, des romanciers, des cinéastes se posent aujourd’hui lorsqu’ils se demandent ce qui rendrait un robot humain ou pas.

À bientôt,

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

La publication a un commentaire

  1. Elisabeth Meyer

    Petit bijou de technologie, le robot ne peut en aucun cas remplacer l’être humain. Il lui manque la chaleur humaine et l’échange spontané de conversation. Ils n’ont malheureusement pas d’âme comme l’être humain et n’éprouvent aucuns sentiments à l’égard de l’autre. Le robot ne contrarie jamais et lorsqu’il ne comprend pas une phrase ou un mot, il ne sait que froncer les sourcils. C’est ce dont j’ai pu me rendre compte au Japon. En revanche, c’est extraordinaire de voir tout ce à quoi il peut servir mais comme vous le dites des hommes sont derrière ces robots, et l’homme a une âme et éprouve des sentiments.

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