Notre société ne donne-t-elle comme choix aux jeunes que de se cogner la tête à des plafonds pourris ? Reprenant une image de Charles Baudelaire, voici la question que se pose Mgr Jean-Michel di Falco Léandri dans sa chronique du dimanche 22 novembre 2015.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les mois sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

[…]

Le drame que la France vient de vivre rend ces vers de Baudelaire plus que jamais d’actualité. Ne décrit-il pas ce que vivent de nombreux jeunes aujourd’hui ?

Et si cette désespérance contribuait à grossir les rangs de ceux qui sont partis pour le Djihad ? Parmi eux on compte actuellement un tiers de convertis et 480 Français.

Selon des études récentes, près de 8 % des adolescents ont effectué une tentative de suicide. 17 % de filles et 7 % de garçons sont concernés par la dépression, et la très grande majorité d’entre eux se retranchent alors dans l’isolement.

Près de 20 % des étudiants et 30 % des étudiantes déclarent ne pas faire confiance en leur avenir.

Plus d’un million des 18-29 ans vit sous le seuil de pauvreté soit 13 % d’entre eux. Le taux de chômage des moins de 25 ans est de 24 %. Chaque année 150 000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification. 77 % des 18-34 ans se sont abstenus aux élections européennes de 2014.

Le dernier ouvrage de Bernard Spitz intitulé On achève bien les jeunes, reprend ces chiffres. L’auteur dénonce toutes les barrières qui condamnent les générations à venir, je cite : « Nous ne laissons plus à nos jeunes le choix qu’entre la résignation, la révolte ou l’exil ». Fin de citation.

L’auteur espère une nouvelle alliance entre les générations. Il espère que les jeunes auront la possibilité d’inventer un monde qui s’adaptera à eux. Il espère rendre évidente l’affirmation que la jeunesse n’est pas le problème mais la solution.

Je souhaite quant à moi, que la jeunesse retrouve l’espérance. Qu’elle reprenne le gout de l’ambition, la volonté de dépasser ses parents et ses maîtres, et pour les chrétiens le désir de puiser la force d’espérer dans le Christ.

Et lorsque le doute s’empare d’eux qu’ils se souviennent de ce proverbe mexicain :

« Ils ont essayé de nous enterrer mais ils ne savaient pas que nous étions des graines. »

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 3 commentaires

  1. manoroland

    Bonsoir Monseigneur,
    En effet ces tragédies font peur pour l’avenir de nos jeunes , déjà le situation n’est pas brillante,
    mais il faut se relever de tout cela, et il faut y croire
    L ESPERANCE NE DECOIT PAS
    un grand thème lors d’un pèlerinage du Rosaire à Notre Dame de Lourdes
    Mes respects Monseigneur , et très bon anniversaire

  2. Elisabeth Meyer

    Nous récoltons malheureusement ce que nous avons semé. Cette jeunesse doit relever le défi pour une meilleure société où chacun saura trouver sa place avec l’appui de toutes les générations. Ne jamais baisser les bras face aux difficultés rencontrées, il n’y a jamais rien d’insurmontable pourrait être une devise pour toute cette jeunesse.

  3. croassant

    MONSEIGNEUR, votre chronique dominicale du 22 novembre et A la Source sur KTO, est un appel au secours pour notre jeunesse française. Ces jeunes portent les cicatrices de la vie actuelle. Un bilan désastreux en matière de compétences et d’employabibité. L’éclatement de la crise en 2008 a augmenté le risque de pauvreté. Quand la croissance est mauvaise le taux de chômage grimpe. Des jeunes désoeuvrés détruisent leur santé par des substances illicites. Beau poème de Baudelaire, notre jeunesse est la solution pour une vie meilleure. Ce proverbe mexicain bien d’actualite “ils ont essayé de nous enterrer, ais ce sont des graines qui poussent pour récolter l’éspérance, la paix et changer le monde à sa valeur.”La douleur c’est le vide” de J P Sartre. Bonne semaine MONSEIGNEUR et la date du 25 novembre, importante pour vous? Toutes mes pensées.

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