La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri : Noël dans le fracas des armes et le Gloria des anges

« À l’approche des fêtes de Noël aurons-nous ne serait-ce qu’une petite pensée pour la Syrie ? » demande Mgr Jean-Michel di Falco Léandri dans sa chronique du 24 décembre 2013.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines sur les ondes de RCF Alpes Provence, sur les sites internet du journal Le Point et du sanctuaire Notre-Dame du Laus, et tous les quinze jours sur KTO dans l’émission À la source.

À l’approche des fêtes de Noël aurons-nous ne serait-ce qu’une petite pensée pour la Syrie. Des nouvelles nous parviennent régulièrement. Par discrétion pour mon interlocuteur je reprends à mon compte un texte reçu récemment :

En ce Noël la Syrie ressemble à une crèche : étable ouverte sans porte, froide, démunie et tellement pauvre….

Là-bas l’Enfant Jésus ne manque pas de compagnons. Des milliers d’enfants ont perdu leur maison et vivent sous des tentes encore plus pauvres que la Crèche de Bethléem.

Jésus n’est plus seul dans sa misère. L’enfance syrienne abandonnée et marquée par les scènes de violences souhaite être à la place de Jésus car lui a toujours ses parents pour  le protéger et le chérir. Ce sentiment de détresse est visible dans les yeux, les larmes et le silence des enfants syriens.

Certains d’entre eux envient l’Enfant Jésus parce que ses parents ont trouvé une étable pour qu’il naisse et soit à l’abri alors que certains de ces malheureux enfants syriens sont nés sous les bombes ou sur la route de l’exode.

Marie dans ses épreuves n’est plus seule. De malheureuses mamans vivent dans l’extrême pauvreté et assument les responsabilités familiales seules sans leur mari.

La précarité de la crèche de Bethléem apporte une consolation à ces pauvres mamans écrasées par des problèmes insolubles et par le désespoir.

La présence rassurante de Joseph auprès de la Sainte Famille est source de jalousie pour ces milliers de familles privées de papa, absence qui nourrit la peur, l’angoisse et l’inquiétude. Les chômeurs syriens envient Joseph menuisier qui ne laisse pas sa famille dans le besoin.

Les bergers et leurs troupeaux proches de la crèche, parlent beaucoup aux nombreux éleveurs syriens qui ont perdu 70% de leur cheptel dans cette guerre. La vie nomade sur cette terre biblique depuis Abraham et bien avant, disparaît ainsi que ses vieilles coutumes d’hospitalité et sa culture traditionnelle.

Les chiens de ces bergers de Noël s’attristent du sort des animaux domestiques dans une Syrie ravagée par la violence meurtrière. Ils  errent dans les ruines et se nourrissent de cadavres.

Le bruit infernal de la guerre étouffe le Gloria des anges. Cette symphonie de Noël  pour la paix, cède devant la haine la division et l’atrocité cruelle.

Alors, puissent les trois mages apporter à la Crèche de Syrie les plus précieux cadeaux de Noël : Paix, Pardon et Réconciliation, afin que brille à nouveau l’ÉTOILE DE NOËL dans ces sombres nuits.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

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