La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri –  Pendant ce temps-là, la guerre continue

Dans sa chronique du dimanche 18 octobre 2015, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri revient sur la Syrie, à partir d’un témoignage de Damas qu’il vient de recevoir.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les mois sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour.

Il y a eu la période estivale qui nous a un peu éloignés de l’actualité.

Et puis il y a eu la photo du petit Aylan qui nous a brutalement fait revenir à la réalité des drames qui gangrènent le monde. Depuis, le temps est passé et notre attention est désormais tournée vers ce que certains appellent « le raz-de-marée » des migrants avec toutes les peurs et les fantasmes que cela entraîne.

Alors que nous sommes mobilisés sur comment accueillir ou comment ne pas accueillir ces enfants, ces femmes et ces hommes qui ont fui la guerre, la guerre elle se poursuit.

Alors voici quelques faits et informations qui parviennent de Damas. Je cite.

« La crise syrienne est le drame humain le plus cruel depuis la deuxième guerre mondiale.

Voici des chiffres dramatiques :
– 4/5 des syriens vivent sous le seuil de pauvreté.
– le nombre des réfugiés à l’intérieur et à l’extérieur de Syrie s’élève à 12 millions.
– plus de 5 millions d’enfants ont été touchés par cette guerre dont trois millions ne sont plus scolarisés.
– Plus de deux millions de logements ont été démolis ou endommagés.
– 6 millions de Syriens ont du mal à se nourrir.
– 300 000 blessés de guerre sont morts par manque de soins médicaux, à cause de l’exode des médecins et de la pénurie de médicaments. Ce nombre dépasse les 220 000 victimes
– 91 églises et 1400 mosquées ont été démolies.
[…]

Par ailleurs, le drame ne s’arrête pas au départ des jeunes ; désormais même les enfants syriens qui attendent la paix depuis cinq ans se révoltent contre la misère et l’abandon.

Poussés par l’échec scolaire, la pauvreté et un avenir bouché ils s’engagent dans les groupes armés et deviennent des combattants courageux et des bourreaux au cœur de pierre. Des machines à guerre, entraînés dans la violence sans peur ni but. Une situation qui inquiète l’Église et trouble les esprits de ses pasteurs.

Ce sont les conséquences terribles d’une guerre qui a trop duré. Au lieu de sauver l’enfance de ces atrocités on la plonge dans la violence totale et gratuite.
Détruire l’Enfance c’est chasser l’innocence et tuer l’espoir. Le plus beau rêve de la vie est brisé.
Comment restaurer l’esprit de ces enfants ?
Quelle peut être la Résurrection d’un pays en l’absence des jeunes et des enfants ? » 

Fin de citation.

Nous nous sentons bien impuissants, alors il nous reste à continuer à prier, à apporter notre aide et notre soutien à tous les niveaux en fonction de nos moyens si modestes soient-ils. Ces enfants sont nos enfants. Quel est le parent qui les abandonnerait dans de telles circonstances ?

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 4 commentaires

  1. Que répondre à ceux, nombreux, qui nous disent que dans les migrants postulant pour venir en Europe il y a une petite minorité de Syriens (20°/° au maximum) et que les autres sont des gens qui cherchent tout simplement un mieux-être économique ? Que répondre à ceux qui nous avertissent (y compris dans les milieux musulmans modérés) du fait que, parmi ces migrants, il y a des “infiltrés” qui chercheront à provoquer de terribles attentants chez nous en étant d’abord des “taupes” invisibles? Que répondre à ceux qui ne sont nullement des extrême-droitiers, et qui nous assurent avec une argumentation assez convaincante, que ceux qui partent sont massivement des hommes, et les hommes les plus aisés (sinon ils n’auraient pas l’argent du voyage) et souvent les plus jeunes, les plus résistants, les plus instruits (sinon ils n’auraient pas le pouvoir d’action de partir), à même donc de constituer les élites de leur pays, et qu’ils pourraient sur place organiser les forces vives pour agir, pour transformer la situation, au lieu de s’exiler en laissant les plus misérables sur place? On voudrait savoir répondre à ces interlocuteurs; des réponses pragmatiques aideraient beaucoup – celle de la nécessité d’accueillir tout le monde apparaissant merveilleuse en pensée, et utopique en fait..

  2. MONSEIGNEUR,nous,bons Français,ces migrants,nous sommes avec eux par la pensée.L’Eglise se mobilise et Notre Cher Pape nous invite à prier constamment pour ces enfants à la recherche d’un endroit pour les accueillir et vivre décemment et humainement.Ces bourreaux si nous pouvions changer leurs cœurs de pierre en cœurs de chair et valable aussi pour tous les gouvernements qui promettent mais n’agissent pas.Assez de bla-bla-bla! Agir rapidement et correctement .Nos prières pour ceux qui souffrent et apporter sa contribution en faveur de ses moyens pour tous ces malheureux.”Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté” Merci MONSEIGNEUR,vos chroniques ont le sens des réalités.Bonne semaine

  3. Quand les grands de ce monde décideront ils d’arrêter ces guerres qui à par faire terriblement souffrir des enfants, des femmes et des hommes n’apportent rien sinon de permettre la vente des armes, trop d’armes pour tuer. Les enfants reproduisent la violence sans bien comprendre leurs gestes, ils n’ont que cette violence comme modèle. Nous sommes impuissants devant un tel drame. Nous devons prier pour qu’enfin les armes se taisent.

  4. Bonjour à tous,

    Voilà une Chronique qui devrait faire le 20 heures sur TF1 et FRANCE 2. Mais que sommes-nous devenus ?

    Merci pour votre retour Monseigneur.

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