La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri : Pour en finir avec les marchands de sommeil
  • Post published:29 novembre 2013

Dans sa chronique du 29 novembre 2013, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri parle d’une solution qui pourrait venir à bout des marchands de sommeil.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines sur les ondes de RCF Alpes Provence, sur les sites internet du journal Le Point et du sanctuaire Notre-Dame du Laus, et tous les quinze jours sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

Au moment où se déroule le procès de l’incendie de l’hôtel Paris-Opéras, j’aimerais parler d’une initiative de logement social qui vaut la peine d’être développée.

Voici ce qui a été mis en place à Paris, puis à l’ensemble de la région parisienne, pour loger des familles non plus dans des hôtels miteux, mais dans de vrais logements en attendant une solution plus durable et stable pour elles.

Des propriétaires louent leur appartement à une association telle qu’Emmaüs, le Secours catholique, Habitat et Humanisme… C’est donc l’association qui  est locataire du logement. Mais ce logement est occupé par des familles jusqu’alors hébergées à l’hôtel et n’ayant que de très bas revenus.

Dans ce dispositif tout le monde est gagnant.

Le propriétaire d’abord est gagnant.

L’association  assure le paiement du loyer, que le logement soit occupé ou non. Elle assure l’entretien courant ou les réparations en cas de dégradation. Elle s’engage à la restitution en bon état du logement à la fin du bail. De plus le propriétaire peut bénéficier d’avantages fiscaux. Un de mes collaborateurs, qui a choisi de louer dans le cadre de ce dispositif dès sa création en 2007, est très heureux de savoir son logement utile à des familles en difficulté.

Les associations sont également gagnantes.

Certes elles sont locataires, avec l’obligation de payer le loyer. Mais les familles participent à ce loyer. De plus leur est remise l’APL, l’aide personnalisée au logement de la CAF. Quant à la différence avec le loyer, la municipalité la  verse. Il faut noter que ce système permet aux associations d’accompagner des familles et de contribuer à la réinsertion sociale.

La municipalité est gagnante :

Ce dispositif lui coûte moins cher que de loger des familles à l’hôtel. Il permet de diminuer le parc de logements inoccupés. Il facilite la gestion des listes d’attente en HLM.

Et les familles démunies sont gagnantes :

Après avoir connu un hébergement hôtelier, elles accèdent enfin à un logement familial ! L’amélioration des conditions de vie au quotidien contribue à l’épanouissement des enfants et à l’équilibre de la famille. La contribution financière demandée est calculée en fonction des ressources. Elle responsabilise les familles.

Alors qu’approchent les fêtes de Noël où nous voyons Marie donner naissance à Jésus dans une crèche par manque de place à l’auberge, pourquoi ne pas contribuer à développer cette solution afin que disparaissent les marchands de sommeil facturant les nuitées dans leurs taudis au prix d’un palace.

À bientôt…

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 5 commentaires

  1. doenerth

    ” tt donner sans contre partie pour la société”. Je me permets de rappeler que chaque citoyen est tenu d’acquitter des impôts ; les occupants acquitteront donc la taxe d’habitation ; le fait de ne pas être, éventuellement, imposable sur le revenu, ne supprime nullement cet impôt. La “société” ne fait donc pas vraiment de cadeau !

  2. Chantal Trintignac

    Bjr,
    Oui cela peut être une bonne idée à condition que
    • le propriétaire récupère son logement neuf car si l’association ne paye qu’un mois de loyer pour caution, les travaux de rénovation coûtent trop chers, il vaut mieux garder son logement vide.
    • que le propriétaire puisse récupérer son bien à sa demande.
    Je pense que c’est une bonne idée, mais inapplicable. J’ai un ami qui a du prendre un avocat pour récupérer son appartement, au bout d’un an. Il a financé l’avocat, perdu ses loyers d’un an, et du tout refaire à ses frais. De plus l’appartement perd de sa valeur selon qui l’habite.
    La société actuelle inverse les valeurs. Une prise en charge systématique démotive ceux qui travaillent et incite les autres à en faire encore moins.
    Je pense qu’il y a trop d’aides, qu’il faut aider déjà ceux qui veulent s’aider et arrêter de tt donner sans contre partie pour la société.

  3. Grimaldi Marie José

    Et voila que nous nous demandons pourquoi ? Oui pourquoi cette initiative ne se généralise – t – elle pas certaines administrations possèdent des logements désespérément vides : La santé, les mairies, l’armée , certaines entreprises etc…etc… Merci Monseigneur.

  4. COTIN

    BONJOUR,

    Je partage pleinement le point de vue de Mrg DI FALCO sur une solution humaine et responsable. Qu’il en soit fini avec les marchands de sommeil qui louent au prix fort de véritables taudis. Est-ce qu’ils accepteraient de se loger dans ces taudis ? Cette solution peut être un moyen d’attendre que des HLM soient construits et mis à la disposition des mal logés. Mais là il n’y a pas d’argent ! Mieux vaut construire des logements de luxes avec des loyers inaccessibles pour les prolétaires !

    Merci encore à Mrg DI FALCO et bien amicalement.

  5. Geffroy

    Monseigneur,
    Votre chronique fait écho à l’appel de l’ Abbé Pierre!!! 1954!! Et pourtant nous sommes en 2013. Ce qui somme comme étant le grand malaise de notre société.
    Merci de nous rappeler que seule la solidarité est efficace.

Les commentaires sont fermés.