La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri – La riposte aux profanations

Dans sa chronique du dimanche 1er mars 2015, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri nous présente des dérives menant aux profanations. Où commencent-elles ? Et que faire ?

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les mois sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

Une tête de porc devant une mosquée. Un tabernacle fracturé et les hosties répandues par terre. Des tombes cassées dans un cimetière juif. Une mosquée souillée d’excréments. Des crucifix plantés à l’envers dans le sol. Une croix gammée gravée sur le mur d’une synagogue.

Est-ce que je dois continuer ? Je pourrais. Car cette liste est très longue. Trop longue. Et je ne parle là que de ce qui se passe en France. Ceux qui s’attaquent aux lieux de culte, aux symboles des religions montrent bien plus qu’une impensable haine, ils révèlent l’échec d’une société qui permet à certains de rester dans l’ignorance, l’obscurantisme, l’intolérance et le fanatisme.

Quelles valeurs transmettent la société, les médias, internet, les réseaux sociaux, l’école, les parents, quand des gamins de dix ans refusent de respecter une minute de silence en affirmant être du côté des terroristes ou quand des adolescents de quinze ans font des saluts nazis en criant “Heil Hitler” ?

Comment peut-on avoir l’idée, rien que l’idée, l’idée seulement, de saccager des tombes, de saccager la mémoire d’un peuple, d’une nation, de saccager le repos des ancêtres ? Dans ce monde tourmenté par les conflits incessants, même la mort ne semble plus apporter et promettre la paix.

Ne dit-on pas que l’on mesure le niveau d’humanité d’un peuple primitif au culte des morts ? Si tel est le cas nos sociétés sont en totale régression.

Il y a ceux qui sont les auteurs de ces actes mais il y a aussi ceux parmi nous, parmi nos proches qui justifient ou qui relativisent ces actes. N’avez-vous jamais entendu cette phrase ô combien destructrice : « Oui, cela est horrible mais avec ce que les victimes ont fait, il fallait qu’elles s’y attendent » ou encore « ils n’ont que la monnaie de leur pièce ». Alors ommes-nous un peuple tellement primitif que nous parvenons à justifier la violence et la barbarie ?

Il y a quelques jours, devant les responsables religieux du département, le préfet des Hautes-Alpes racontait le massacre sanglant d’un petit enfant par des extrémistes prétendant agir au nom de Dieu. Le préfet a alors demandé de lui montrer où dans la Bible, dans le Coran, dans la Torah, il était demandé d’assassiner un enfant ? Non, on ne peut pas tuer au nom de Dieu. Non, on ne s’en prend pas aux vivants et aux morts au nom de Dieu.

Le constat est là. Mais qu’en faisons-nous ? Que faisons-nous autour de nous, non pas pour démanteler les filières terroristes – cela n’est ni dans nos moyens ni de notre compétence –, mais pour faire comprendre la gravité des événements que nous vivons, pour apaiser la virulence de certains, pour transmettre des valeurs tout simplement humaines.

Bien entendu, cette éducation, cette sensibilisation commence à l’école. Nous, adultes, nous ne nous lassons jamais d’avoir la curiosité de l’autre, de sa culture, de ses opinions, de son histoire, de ses croyances. C’est le chemin pour bannir la peur de l’autre qui n’est pas comme moi.

Le 9 mars, au théâtre du Gymnase Marie-Bell à Paris, je serai avec Tareq Oubrou, recteur de la Grande Mosquée de Bordeaux, Arie Folger, Grand Rabbin de Munich, pour une soirée animé par l’ancien journaliste du Monde expert des religions, Henri Tincq, dans le cadre de la série « Les Témoins des Possibles ». Ce soir-là, nous essayerons, dans un dialogue interreligieux intitulé « T’ar ta gueule à la récré », pour reprendre le titre d’une chanson d’Alain Souchon, et parce que cela commence sur les cours de récréation, ce soir-là nous tenterons de montrer que les religions ne sont pas l’opium du peuple et que, aussi étonnant que cela puisse paraître, le dialogue et l’écoute mutuelle sont possibles.

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 11 commentaires

  1. Monseigneur,
    Peut-être interprétons-nous différemment la lecture de Karl MARX et ce à propos de religion comme “opium du peuple” (je vous invite d’ailleurs à lire cet auteur ou à le redécouvrir). Celui-ci parlait-il de la religion ou bien de la misère religieuse contre laquelle la révolte était justifiée? Ne dénonçait-il pas le fait que c’est l’homme qui fait la religion et, ce faisant, permet à ce dernier de manipuler les masses? Votre citation, coupée de son contexte, m’apparaît délibérément déformée et j’ignore dans quel but. En outre, la “religiophobie” (pour reprendre un élément du titre de votre intervention) peut être imputée à l’Ecole, aux parents mais qu’en est-il de la responsabilité de ceux qui incarnent la ou les religion(s) ( “Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil” (Evangiles de Saint Luc et Saint Matthieu)?.
    Alors que l’écoute et le dialogue sont non seulement possibles mais urgents et indispensables, à condition qu’il n’existe pas à la base de stigmatisation envers certains croyants ou envers une partie de la population qui, pour la plupart, souffrent de la destruction humaine. C’est un défi que nous espérons tous relever avec votre concours notamment.

  2. Merci Monseigneur de nous éclairer régulièrement, la citation brésilienne dit tout, nous sommes des hommes qu’elle que soit notre couleur de peau, puissent tous les hommes retenir cela, il y a du chemin mais on ne doit pas se décourager, en cette période de carême œuvrons dans ce sens pour répandre l’amour autour de nous, toutes religions confondues

  3. Bonsoir Monseigneur,
    Je viens d’être avisée que la soirée “Les Témoins des possibles”du 9 mars au théâtre Marie Bell à Paris était annulée dont nous ne connaissons pas la raison. Nous sommes déçus. Est-ce que cette soirée est reportée à une date ultérieure?
    Je vous remercie de votre réponse.
    Bonne soirée.

  4. Ce la vérité qui rend libre.
    Des incitations à tué en nom de Dieu, il y a par dizaines dans le Coran et leur textes fondateurs, ne pas dénoncer ce fait et rappeler aux musulmans son existence, et la nécessité de ne pas faire une lecture anachronique de leurs textes, signifie de les offrir une très lâche et maigre faveur. L’Islam est une théocratie guerrier fondée dans la violence et la conquête, mais qu’il serai possible de faire autre chose à partir d’une lecture actuel des textes.

  5. Bravo Monseigneur, pour oser aborder ce problème,
    mais lorsqu’il y a dans notre pays 206 cimetières
    chrétiens profanés les médias n’en parlent pas et notre président ne se déplace pas .
    A t ‘on le droit de tout faire en France , notre pays
    ignore même que nous sommes en carême.

    A bientôt

  6. Oui, Monseigneur , le dialogue et l’écoute mutuelle sont possible. Je suis tout à fait en accord avec vous pour la mort d’un enfant à cause de sa foi. j’ai lu la bible plusieurs fois et jamais Dieu ne demande de tuer un enfant .( Sauf pour Abraham mais cela ne c’est pas produit).
    Enfin j’ai honte envers toutes ces personnes qui tuent au nom d’une religion et de ceux qui profanent les cimetière ,les lieux de culte…..
    Certains êtres humains sont tombés bien bas….
    Merci pour votre chronique Monseigneur et prions pour toutes les personnes qui sont mortes ayant comme motif : “Je suis Chrétien”

  7. Bonsoir,

    Le problème vient aussi de la méconnaissance de notre Histoire.

    Exemple. Si j’écris que j’ai des ancêtres ariens, et que j’en suis fier, vu ce qu’ils représentent dans l’Histoire de France, plusieurs lecteurs vont être choqués.

    Parce qu’ils vont confondre avec son homophone aryens, y et non i.

    Quelle est l’importance des Ariens dans l’Histoire de France ?

    Lorsque les Wisigoths sont arrivés dans le sud de la France, de Toulouse à Narbonne, et de Nîmes à Elne, ils étaient de foi arienne, ayant été convertis lorsqu’ils étaient dans les Balkans, plus exactement en Dacie.

    Une thèse dit que les Cathares sont les descendants de ces Wisigoths de foi arienne.
    Les bûchers cathares pour certains ne sont toujours pas éteints.

    Une dernière précision, la foi arienne vient de Arius, théologien d’Alexandrie (en Égypte) du début du IVe siècle.

    Rien à voir avec le peuple aryen. Combien connaissent ce fait ?

    Bonne soirée,

  8. Quelle que soit la religion, tous ces actes sont inqualifiables. Que ces actes soient commis par des enfants, des adolescents ou des adultes. Si la tombe d’un de mes proches était profanée, je crois que ce serait un réel traumatisme pour moi.
    Quant aux crimes, ils sont commis par des fanatiques qui n’ont aucune foi. C’est atroce.
    En ce qui concerne l’éducation des enfants, nous assistons aujourd’hui à une démission de la part de certains parents et ce quel que soit le milieu social. A la base ce sont les parents qui doivent inculquer certaines valeurs dont les valeurs humaines à leurs enfants, ensuite les enseignants prendront le relai. Or, depuis quelques années, il semble que les rôles se soient inversés. Rien n’est perdu, gardons l’espoir. Il serait dommage que les jeunes générations revivent certaines périodes sombres de l’histoire. Nous devons tous contribuer à un monde meilleur.
    Nous irons écouter avec beaucoup d’attention votre rencontre avec le Recteur de la grande mosquée de Bordeaux et le Rabbin de Munich le 9 mars prochain.
    Bonne soirée Monseigneur .

  9. MONSEIGNEUR votre chronique du 1er mars vérité qui devrait donner a réfléchir a toute la population. La profanation en tous genres saccager les tombes de ceux que l’on a aimé!.Pourtant,le PAPE comme vous MGR vous préchez la tolérance,le respect d’autrui et l’Amour qui transfigure tout.Prions pour ceux qui souffrent a cause de leur foi et leur religion.Il faut des lieux de rencontres et de dialogues et vous le faites MGR avec “LES TEMOINS DES POSSIBLES” au Theatre MARIE BELL le 9 mars.Un grand bonheur de rassemblement de toutes religions et de partage universel.MERCI pour tout vous le BIENFAITEUR.Bon Dimanche MONSEIGNEUR et revenez nous vite.Priez pour moi et moi pour vous. ARLETTE

  10. Monseigneur Bonjour,
    Quand j’écoute votre chronique, et la relis, ne sommes nous pas dans un monde de provocations ? de non respect de la religion ?
    le non respect de chacun ? dès notre jeune âge
    N’avons nous pas oublié les grandes lignes de la FOI ?
    l Amour de son prochain sans porter de jugement
    le Partage
    la Tolérance
    ce sont des bases qu’il faut de nouveau réinstaurer ,mais comment faire ?
    bon dimanche Monseigneur et bonne semaine

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