Dans sa chronique du 17 novembre 2013, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri aborde la question de la solitude.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines sur les ondes de RCF Alpes Provence, sur les sites internet du journal Le Point et du sanctuaire Notre-Dame du Laus, et tous les quinze jours sur KTO dans l’émission À la source.

Au moment où l’on voit déjà fleurir partout les guirlandes de Noël, j’aimerais attirer l’attention vers celles et ceux qui ne pourront prendre part à la fête.

Il y a quelques années Mère Teresa nous disait : « Dans les pays développés, il existe une pauvreté plus profonde, une pauvreté des esprits, de solitude, de manque d’amour. »

Je reçois quotidiennement, par courrier ou par téléphone, des appels au secours de personnes qui ne se plaignent pas forcément d’un manque de moyens ou d’une mauvaise santé mais d’une solitude qui les ronge, qui les fait parfois douter du sens de la vie. Quel est le but de mon existence si personne n’a besoin de moi, si personne ne se soucie de moi, et si je ne peux apporter de joie aux autres, si je n’existe en fait que pour moi ?

Même si ce ne sont pas les seules, les personnes âgées souffrent particulièrement de ces questions, de cette solitude. Les enfants sont partis, les conjoints et les amis ne sont plus, et les voilà toutes seules. Seules chez elles, seules à mourir, mais aussi bien souvent seules en maison de retraite.

En novembre 2012, le pape Benoît XVI a visité une maison de retraite,  j’aimerais vous lire quelques extraits de son message aux personnes âgées.

« En me tournant en pensée vers toutes les personnes âgées, dans la conscience des difficultés que notre âge comporte, je voudrais vous dire avec une conviction profonde : il est beau d’être âgé ! À chaque âge il faut savoir découvrir la présence et la bénédiction du Seigneur et les richesses qu’il contient. Il ne faut jamais se laisser emprisonner par la tristesse ! Nous avons reçu le don d’une longue vie. Que sur notre visage il y ait toujours la joie de se sentir aimé de Dieu, jamais la tristesse. »

« Chers frères et sœurs âgés, parfois les journées semblent longues et vides, avec des difficultés, peu d’engagements et de rencontres ; ne vous découragez jamais: vous êtes une richesse pour la société, même dans la souffrance et la maladie. Et cette phase de la vie est un don aussi pour approfondir le rapport avec Dieu. »

Il m’arrive de me rendre dans des maisons de retraite, et je saisis l’occasion que me donne cette chronique pour dire mon admiration au personnel de ces maisons. Ces femmes et ces hommes dont on ne parle jamais, et qui souvent pour un salaire bien modeste, accompagnent jusqu’au dernier souffle ceux que parfois même leur famille a abandonnés. Il y a aussi les bénévoles et toutes les personnes qui ici et là donnent d’elles-mêmes pour arriver à un idéal où la solitude se sentira enfin seule !

À bientôt…

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 6 commentaires

  1. Nicole MARTIN-PREVEL

    Merci Monseigneur pour ce beau texte qui illustre bien ce que nous vivons en institution. Oui, merci à tous ceux qui se dévouent pour nous… Mais la solitude, quoiqu’on fasse pour nous, existe réellement. Merci pour votre pensée à la veille de l’Avent. NMP

  2. COTIN

    Bonjour,

    Le problème des personnes âgées dans notre société est un véritable problème. Même si elles ont les moyen de payer le séjour dans une maison (ce qui n ‘est pas toujours le cas) et que le personnel fait ce qu’il peut pour les soigner, elles attendent … J’ai Maman (+de 91 ans) en maison de retraite médicalisée et je dois dire que de voir ces personnes âgées qui attendent dans le hall n’est pas très gai. En outre il n’est pas rare, que dans l’ascenseur un avis de décès d’un ou d’une résidente les informe du “départ” d’un des leurs. Pour ma part cela me fait beaucoup réfléchir et comme le dit Mrg DI FALCO j’admire le personnel qui s’en occupe.

    Amitiés.

  3. Geffroy

    Monseigneur,
    merci de votre propos comme il est vrai, mais hélas la solitude n’attend pas toujours le grand âge!!!
    Je suis inquiète de la jeunesse qui elle aussi est seule, enfermée dans le numérique et l’informatique.
    En Christ

  4. Simone G. (d'Avignon)

    Grande est la solitude aussi des adultes handicapés mentaux, qui déclinent vers une sorte de “nuit”, parlant de moins en moins, tremblant de plus en plus, avec des gestes ralentis, des regards qui se vident peu à peu… Qui dira la souffrance de ces isolements, où les conséquences des médicaments (absolument nécessaires au demeurant) fabriquent des prises de poids non voulues, des suées gênantes, et cette progressive extinction de l’activité cérébrale que j’évoquais au début de mon message? Là, il ne reste plus que la famille pour essayer de lui conserver un lien avec le monde des vivants, quand on arrive malgré la souffrance à garder son enfant adulte chez soi; la société ne veut pas voir, ni aider, et son existence semble n’avoir plus de sens, particulièrement quand le langage se tarit, et quand la bave s’installe au coin de la bouche. “Seuls de chez seuls” sont les malades mentaux que personne ne veut voir, le nôtre ne vit que parce que nous sommes encore là, père et mère (jusqu’à quand?), et que deux chats sont auprès de lui, qu’il peut nourrir et caresser.

  5. Lafalla

    Noël approche et certaines personnes ne connaîtrons pas une fois enore les joies d un Noël en famille unis dans la prière je suis Mgr de tout cœur avec vous dans le soutien aux personnes seules et au personnel qui les accompagne à bientôt

  6. Grimaldi Marie José

    Merci, Monseigneur, pour ces paroles sur les soignant, ma mère de 90 ans souffre d’Alzheimer à un stade avancé, elle demeure dans une de ces résidences où peu de personnes âgées peuvent prétendre finir leur vie, j’étais infirmière …. de bloc opératoire ….j’ai visité parfois ce que l”on nomme “des mouroirs” j’y ai vu le même dévouement et souvent le grand découragement du personnel soignant, jamais je n’aurais eu le courage de travailler dans de telles conditions, eux le peuvent et ils sont admirables, les conditions, le salaire tout est” bas de gamme” sauf leur patience, leur tendresse pour ces anciens à la mémoire effacée. …. D’un côté ceux qui ont les moyens de l’autres ceux qui n”ont rien d’autre que la solitude et ils sont tellement plus nombreux . Nous allongeons la vie et nous n’avons nul remède à la solitude et au dénuement de beaucoup de nos anciens. Alors merci infiniment pour vos visites et vos prières auprès de ceux que souvent nous oublions.

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