La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri : Quel avenir voulons-nous ?
  • Post published:5 décembre 2013

Dans sa chronique du 5 décembre 2013, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri aborde la question de l’avenir que nous construisons pour notre humanité. Science et conscience doivent aller de pair.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines sur les ondes de RCF Alpes Provence, sur les sites internet du journal Le Point et du sanctuaire Notre-Dame du Laus, et tous les quinze jours sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

Il y a cinquante ans, le 22 novembre 1963, décédait à Los Angeles Aldous Huxley, l’écrivain britannique particulièrement connu pour son roman Le Meilleur des mondes, paru en 1932. Dans ce livre Aldous Huxley imagine une société utilisant la génétique et le clonage pour conditionner et contrôler les individus. Les enfants sont conçus dans des éprouvettes et génétiquement conditionnés pour appartenir à l’une des cinq catégories de population, de l’élite à celle destinée aux travaux pénibles.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’Aldous Huxley avait comme frère aîné le biologiste Julian Huxley, qui fut le premier directeur de l’UNESCO de 1946 à 1948. Ils eurent comme demi-frère Andrew Huxley, prix Nobel de médecine pour ses travaux sur la transmission nerveuse. Leur grand-père, Thomas Husxley, était un biologiste ami de Darwin, surnommé « le bouledogue de Darwin » car il en était le plus farouche défenseur. Les Huxley étaient donc une famille d’académiciens britanniques intéressée par tout ce qui pouvait toucher l’évolution et l’avenir de l’humanité.

La famille Huxley, la science, l’UNESCO, l’avenir de l’humanité. Tout cela m’amène à citer le pape Jean-Paul II lorsqu’il vint à Paris en 1980 et intervint dans cette enceinte prestigieuse de l’UNESCO, je le cite :

« Alors que la science est appelée à être au service de la vie de l’homme, on constate trop souvent qu’elle est asservie à des buts qui sont destructeurs de la vraie dignité de l’homme et de la vie humaine. C’est le cas lorsque la recherche scientifique elle-même est orientée vers ces buts ou quand ses résultats sont appliqués à des fins contraires au bien de l’humanité. Ceci se vérifie aussi bien dans le domaine des manipulations génétiques et des expérimentations biologiques que dans celui des armements chimiques, bactériologiques ou nucléaires. […] Mesdames et Messieurs, le monde ne pourra pas poursuivre longtemps sur cette voie. À l’homme qui a pris conscience de la situation et de l’enjeu, qui s’inspire aussi du sens élémentaire des responsabilités qui incombent à chacun, une conviction s’impose, qui est en même temps un impératif moral : il faut mobiliser les consciences ! Il faut augmenter les efforts des consciences humaines à la mesure de la tension entre le bien et le mal à laquelle sont soumis les hommes à la fin du vingtième siècle. Il faut se convaincre de la priorité de l’éthique sur la technique, du primat de la personne sur les choses, de la supériorité de l’esprit sur la matière. La cause de l’homme sera servie si la science s’allie à la conscience. »

Pour terminer, je laisse le dernier mot à Aldous Huxley : «  J’aimerais mieux être malheureux que de connaître cette espèce de bonheur faux et menteur dont vous jouissiez ici ! »

À bientôt…

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 4 commentaires

  1. Albrand Louis

    Science sans conscience n est que ruine de l âme. Rabelais

  2. Geffroy

    Monseigneur,
    Combien de personne sont concernée par cet article? beaucoup j’espère….
    Combien de personne sont concernée par la vie de leur âme? Ce qui changera la conscience collective, et la vie à venir de l’humanité.

  3. Mas

    Merci, Monseigneur, de nous amener à réfléchir sur ce sujet tellement important pour l’avenir de l’humanité mais hélas si rarement évoqué !

  4. Grimaldi Marie José

    Je me permets, Monseigneur, de citer Rabelais qui , déjà, inquiétait :
    “Science sans conscience n’est que ruine de l’âme”.
    Merci, monseigneur.

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