La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri : Rendre compte de l’Espérance avec respect et douceur

Dans sa chronique du dimanche 18 janvier 2015, suite aux événements tragiques et aux commentaires qui ont suivi, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri invite les chrétiens à suivre le conseil de l’apôtre Pierre en rendant compte de leur Espérance “avec respect et douceur”.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les mois sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

« Soyez prêts à tout moment à rendre compte devant quiconque de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. » [Première lettre de Saint Pierre Apôtre – Chapitre 3, verset 15 et 16]

Pierre s’adresse à des chrétiens dispersés au milieu d’un monde païen dans différentes Eglises d’Asie mineure. Et cette épître est une lettre destinée à soutenir les chrétiens en des temps difficiles, en butte à la persécution.

« Soyez prêts à tout moment à rendre compte devant quiconque de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. » 

Cette phrase, de l’apôtre Pierre, raisonne dans ma tête et dans mon cœur depuis la tragédie qui a frappé notre pays.

Des hommes ont été massacrés par d’autres hommes, se comportant comme des bêtes sanguinaires, et qui ont de surcroît la naïveté pour ne pas dire la bêtise de croire que l’on peut imposer la foi à coups de kalachnikovs et de poignards. Seul l’amour peut ouvrir les cœurs à la foi. L’apôtre Pierre le dit précisément aux chrétiens : rendre compte de l’Espérance qui les habite avec « douceur et respect ». Certes, nous devons reconnaître qu’au cours des siècles les chrétiens n’ont pas toujours suivi cette invitation. N’en déplaise à certains, le pape Jean-Paul II fit un grand mea culpa en l’an 2000 pour les erreurs et les atrocités commises par l’Église.

Ces événements dramatiques, tout autant tragiques que l’assassinat des moines de Tibhirine en Algérie, devraient inviter les chrétiens à un retour sur eux-mêmes. De quelle manière rendent-ils compte de l’Espérance qui les habite ? Je dois avouer avec tristesse que trop souvent je ne perçois ni « douceur » ni « respect », mais l’arrogance, le manque d’écoute, une volonté agressive d’imposer une façon de voir et de penser, et cela même au sein des communautés chrétiennes, parmi les prêtres comme d’ailleurs parmi les évêques,  avec un sentiment abusif de posséder la vérité. La vérité n’est pas quelque chose que l’on possède mais plus modestement quelque chose que l’on essaye de vivre !

À l’heure où tous réclament la liberté d’expression ce qui précède ne signifie pas que les chrétiens n’auraient pas le droit de faire entendre leur voix dans les débats qui agitent notre société. La liberté d’expression n’est pas réserver à une catégorie de population ou à une poignée d’humoristes, mais à tout citoyen. Les chrétiens ont non seulement le droit de faire entendre leur voix mais dans de nombreux cas ils en ont le devoir. Y compris dans une république laïque. La question reste : de quelle manière le font-ils ?

Pour terminer, voici la dernière partie du communiqué du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France suite aux événements de la semaine dernière. Je cite : « Le temps viendra où nous devrons avoir le courage de nous interroger pour savoir comment la France a pu voir croître en son sein de tels foyers de haine. Enracinés dans l’Évangile, portés par l’Espérance, nous devons nous interroger sur notre projet de société. Quelle société voulons-nous bâtir ensemble ? Quelle place réservons nous aux plus faibles, aux exclus et aux différences culturelles ? Quelle culture voulons-nous transmettre aux générations qui nous suivent ? Quel idéal de notre communauté humaine proposons-nous à la jeunesse ? Nous appelons les catholiques à poursuivre leur engagement dans la vie familiale, la vie associative et plus généralement dans la vie publique pour faire progresser notre société dans la justice et la paix. Nous invitons à amplifier les efforts faits dans le domaine de l’éducation, conscients que cet enjeu est majeur pour aujourd’hui et pour demain. C’est ensemble que nous construirons la société de demain. Non les uns contre les autres mais les uns avec les autres. »

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 3 commentaires

  1. Bonjour MONSEIGNEUR.Avec passion j’ai encore lu votre chronique du dimanche 18 janvier et l’occasion de vous regarder.”Rendre compte de l’éspérance avec respect et douceur”Après cette semaine tragique il faut comme vous le dites s’interroger pour que la FRANCE ne connaisse plus de tels massacres.Je pense comme vous MONSEIGNEUR il faut amplifier les efforts dans le domaine de l’éducation.La priorité pour la société de demain.Les uns avec les autres tous unis et plus de haine.Du respect et de l’Amour pour sauver le monde.Moi je vous écoute vos paroles me réconfortent pour la semaine.Merci MONSEIGNEUR.Priez pour moi.ARLETTE

  2. bonjour,
    A méditer
    “Les gens exigent la liberté d’expression pour compenser la liberté de penser (et de réfléchir) qu’ils préfèrent éviter.

    Coren Kierkegaard.

  3. Comme l Apôtre Pierre, nous espérons tous à un monde meilleur. “Dans la douceur et le respect” là c est un peu la catastrophe. Soyons honnêtes la douceur et le respect manquent cruellement dans notre vie de tous les jours : vie familiale, vie sociale et autres….
    Nous avons beaucoup de progrès à faire pour nous améliorer, le Seigneur veille sur nous et nous aidera à trouver le meilleur chemin pour y parvenir.

Les commentaires sont fermés.

Fermer le menu