La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri : « Si un jour on se mettait à prendre l’Évangile à la lettre »

Dans sa chronique du 9 mars 2014, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri pose la question : “Et si un jour on se mettait à prendre l’Évangile à la lettre ?”…

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les quinze jours sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

Et si en ce début de Carême on se mettait à prendre l’Évangile à la lettre ? Et si un jour, comme ça, un beau matin, on le mettait en pratique ? Alors, peut-être, verrions-nous bousculées bon nombre d’habitudes.

L’horizon routinier de nos vies se trouverait perturbé de façon déconcertante et inattendue, un peu comme dans cette présentation du prophète Isaïe.

« Le loup, dit-il, habitera avec l’agneau, la panthère se couchera avec le chevreau, le veau et le lionceau iront ensemble conduits par un petit garçon. Les petits de la vache et de l’ours coucheront ensemble, le lion comme le bœuf mangera de la paille. Le nourrisson jouera sur le repaire du serpent et, sur le trou de la vipère, le jeune enfant mettra la main. On ne fera plus de mal, ni de violence car le pays sera rempli de la connaissance de Dieu. »

Nous sommes loin encore de ce paradis retrouvé, décrit dans la Bible par Isaïe. Il reste pas mal de chemin à parcourir avant que l’Évangile en acte ait transformé nos vies d’abord et le monde ensuite. Et pourtant, par moments, quelques événements surgissent, brutalement, insolites. Ils sont là comme pour nous dire : c’est possible.

Ce fut le cas dans le passé quand, au cours du procès du meurtrier de leur fille Chantal, les parents de celle-ci ont dit qu’ils pardonnaient à Frédéric, dix-neuf ans, qui avait tué Chantal désespéré par la perspective d’une séparation.

Au cours de ce procès, le père de Chantal a dit : « Je suis d’abord un père, ensuite un catholique. Je veux faire passer cela dans ma vie. Je veux vivre ma foi. J’ai eu de la peine au départ de Chantal, mais je la sais désormais heureuse, dans la joie. Mon souci maintenant, c’est Frédéric. Je ne serais pas plus ému si c’était un de mes fils qui se trouvait à sa place. Je veux l’aider pour que sa vie ne soit pas gâchée. Mon souci, c’est son avenir quand il sera sorti. J’ai prié pour lui, voilà. »

Mais alors, que sont devenus les appels à la vengeance que l’on entend si fréquemment dans de telles circonstances ?

En guise de cela, c’est le pardon, le pardon à l’état brut, désarmant de simplicité, de générosité et de dignité. Ce qui n’empêche pas par ailleurs, à la justice, de poursuivre son cours.

Et la mère de Chantal d’ajouter : « Quand j’ai appris la mort de ma fille, j’ai eu un choc, mais mon premier cri en pensant à Frédéric a été : le malheureux ! Chantal est heureuse aujourd’hui, mais lui a besoin d’aide, car il s’est affreusement meurtri lui-même. Quand on est chrétien, on ne juge pas. J’ai pardonné. J’ai voulu aller au-delà, rencontrer les parents de Frédéric, partager avec eux cette situation terrible. »

Voilà, ce sont les mots simples de la foi vécue au quotidien, au cœur des plus douloureuses épreuves, la foi qui fait des plus vives blessures une source jaillissante d’amour.

Alors, si un jour, si un jour on se mettait à prendre l’Évangile à la lettre ?

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 5 commentaires

  1. Très belles paroles, j’aimerais qu’un jour de façon certes moins spectaculaire, que les croyants considèrent “les autres” , ou essayent tout du moins, comme des gens de leur propre famille, car combien ont oublié que l’on était tous frères et sœurs? Combien ne se soucient que des “leurs”, de leurs proches, sans accorder le moindre intérêt aux autres?
    Un sourire, un petit cadeau à un inconnu, si si c’est possible, à nous tous d’essayer de rendre ce monde merveilleux !
    Et une petite pensée à ma mère en réanimation qui ne peut plus écrire pour l’instant… et à tous les gens dans ce cas, hospitalisés, ou dans le désarroi.
    Amitiés à eux et à tous ceux qui en ont besoin.
    Union de prières.

  2. Le pardon à ceux qui nous ont offensé?
    Voilà qui ce qui plait au Seigneur! St Silouane enseigne l’ Amour de l’ ennemi.
    Pas facile à mettre en pratique, mais si riche des merveilles spirituelles que le Christ nous accorde. Nous pouvons l’atteindre qu’avec la grâce de Dieu.

  3. Merci, Monseigneur, pour cet émouvant témoignage.
    Saurais-je, moi aussi, pardonner ? Suis-je capable de me laisser transformer par l’Évangile ? Il m’arrive d’en douter et vous avez bien raison de nous amener, de cette façon concrète, à réfléchir au pardon.

    Je viens aussi de découvrir, sur le Net, ce beau texte d’Isaïe que chantent « Les Prêtres » sur l’Allegro « Du Nouveau Monde » de Dvorak dans leur tout nouveau single.
    Bravo à vous, bravo à eux : c’est beau, magistralement interprété et à la hauteur de mon attente.
    Sans plus tarder je tiens à vous féliciter tous les quatre !

  4. bonjour! monseigneur,
    Oh, oui c’est vrai, nous sommes bien loin de vivre
    l’ évangile,
    loin encore où l’agneau dort avec le loup dans la bergerie, hélas bien encore trop de violence , d’indifférence de compréhension envers celui qui blesse ,
    sans jamais comprendre l’autre qui lui aussi souffre dans son corps ,
    Mais soyons humain essayons de le comprendre ,
    et si nous étions à sa place? comment serions nous?
    nous chercherions sûrement de l’aide et de la compassion Alors! nous qui sommes chrétiens sachons être bons et pardonnons
    “car Jésus a dit Père pardonne leurs car ils ne savent pas se qu’ils font”
    Alors soyons comme Jésus et pratiquons l’évangile!
    C’est ca ètre chrétien et fier de l’ètre
    grand merci! à cette famille beau signe de foi.
    mes prières vous acompagnent amitiée
    Francine a bientôt!

  5. MERCI, Monseigneur, pour vos paroles réconfortantes, en ce moment, j’ai beaucoup de soucis , mon petit fils, est dans un moment très critiques, il a beaucoup de mal à venir à bout d’études très dures!!!!!!!(1ere année de médecine) j’ai peur qu’il décroche avant la fin de l’année, je prie beaucoup et vos paroles me font beaucoup de bien, A BIENTÖT

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