La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri –  Sous le soleil de Satan

Dans sa chronique du dimanche 28 juin 2015, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri présente une lecture de vacances pas forcément de tout repos, mais revigorante.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les mois sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

J’ai relu récemment le roman de Georges Bernanos Sous le soleil de Satan que Maurice Pialat avait adapté en 1987 pour le cinéma avec Gérard Depardieu dans le rôle de l’Abbé Donissan. Le fait que ce film obtienne la palme d’or suscitat la polémique.

Maurice Pialat, lors de la remise de la Palme d’or, le poing levé s’adressa aux journalistes qui sifflaient en disant :« Je ne vais pas faillir à ma réputation : je suis surtout content ce soir pour tous les cris et les sifflets que vous m’adressez. Et si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus. »

Mais loin des polémiques, je me demande qui lit encore Bernanos. Il est de la génération des grands écrivais chrétiens. Des François Mauriac, Paul Claudel, René Bazin, Léon Bloy, Jacques Maritain et tant d’autres.

Peu de temps après avoir achevé Sous le soleil de Satan, en février 1925, Bernanos écrivait à un ami : « Oui ! J’ai terminé mon livre. La dernière lecture m’a écœuré. Non, je n’ai pas délivré mon furieux rêve. Contraint de gagner ma vie en rassurant les gens sur la leur, je passe le plus clair de mon temps dans les hôtels et dans les gares. Une page ici, une page là… Quand on arrache ainsi un livre, ligne par ligne, on peut compter qu’il est sincère : les loisirs ont manqué de se composer devant le miroir !… »

C’est sans doute à cause de cette sincérité que le souffle de la passion traverse Sous le soleil de Satan. Passion de Bernanos pour sa foi en Dieu.

Dans ce roman nous découvrons un prêtre bouleversé par la présence du mal et l’existence de Satan. Tant et si bien qu’un jour sa foi en Satan prendra le pas sur sa foi en Dieu. Le face-à-face avec Satan le préoccupe davantage que le tête-à-tête et le dialogue avec Dieu dans la prière.

D’ailleurs, Dieu ne trouve pas vraiment sa place dans la vie de l’Abbé Donissan qui pense pouvoir mener un combat contre le mal tout seul, sans l’aide de Dieu.

Sous l’apparence de la sainteté, car tel est le désir de l’abbé Donissan, se cache, en réalité, un immense orgueil qui frise la folie. Tout lui est possible, croit-il. N’ira-t-il pas jusqu’à tenter de ressusciter un enfant !

N’est-ce pas là que s’exprime le mal qui pousse le vice jusqu’à se cacher sous le visage de la sainteté. En fin de compte ce roman de Georges Bernanos bien que commencé en 1918 et achevé en 1923, n’est pas si loin de notre actualité.

Ce roman est à l’image du combat que se livrent le bien et le mal en chacun de nous, et entre nous, même si, par bonheur, cela ne prend pas toujours des allures de drame comme dans la vie de l’abbé Donissan.

Si vous n’avez pas encore fait le choix de vos lectures pour l’été, je vous conseille de lire Sous le soleil de Satan.

À bientôt et bonnes vacances si vous pouvez en prendre.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 3 commentaires

  1. Oui, attention à la même tentation qui peut animer certains de nos prélats de s’afficher ostensiblement en compagnie de stars du Show Bizz en des bénédictions qui prendront de ce fait valeur d’exemple. Un temps qui aurait pu bénéficier à des anonymes, des petits auxquels le Christ a pourtant promis de donner le jour venu la première place.

  2. Livre un peu complexe pour cette période de vacances.
    Selon une citation de Chateaubriand “Le vice et la vertu sont frères et sœurs ; ils ont été engendrés par l’homme”.
    Effectivement, nous menons un combat permanent entre le bien et le mal. Nous sommes vraiment tout petit et nous ne pouvons pas nous passer de Dieu. Seul Dieu est en mesure de nous aider pour surmonter les difficultés.
    Je vous souhaite Monseigneur ainsi qu’à votre équipe de bonnes vacances.

  3. MONSEIGNEUR,votre chronique du 28 juin “SOUS LE SOLEIL DE SATAN” de Georges Bernanos,un de vos écrivains favoris.Un être mystique! le pouvoir de l’absolu.Il combat dans ses romans la médiocrité et l’indifférence.Satan ne fait que du mal et sa foi en DIEU à été la plus forte.Il existait par lui-même,parfait comme un DIEU,si j’ai bien compris? A lire,c’est certain,mais moi,MONSEIGNEUR,est mon auteur préféré et après le Gàrri,passionnant!!!2 autres livres:Un chrétien vous parle et Du côté de l’école.Merci MONSEIGNEUR de nous faire découvrir un écrivain religieux qui affirmait une union parfaite avec DIEU.Bonne lecture!

Les commentaires sont fermés.

Fermer le menu