Dans sa chronique du dimanche 10 mai 2015, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri nous présente ce message poignant des évêques d’Alep en Syrie.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les mois sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

Alors que l’horizon de la période estivale est de plus en plus palpable, que nos esprits se projettent déjà dans les destinations de nos voyages prochains, que les ponts de ce mois nous permettent de nous évader de notre quotidien, nos frères et sœurs d’Orient continuent à vivre leur quotidien de persécution et de détresse.

Les évêques d’Alep nous lancent cet appel poignant qui nous permet un peu plus de comprendre une souffrance que nous ne comprendrons probablement jamais totalement. Voici ce qu’ils disent :

« Est-ce la Résurrection du Sauveur ou l’enterrement de ses disciples ? Au milieu de la semaine sainte et de Pâques, notre ville ainsi que nos fidèles ont souffert douleur et tristesse et dépression profonde, dans la nuit où nos quartiers ont été bombardés par des grenades propulsées par des fusées. Nous n’avions jamais vu ni entendu pareille destruction auparavant ! Nous sommes allés et avons vu, nous avons pleuré : des corps ont été retirés des décombres, des restes collés sur les murs et le sang qui mouillait le sol de la patrie ! Des dizaines de martyrs de toutes les religions et doctrines, des hommes blessés, des femmes, des enfants et des vieillards. Nous avons entendu des pleurs et des lamentations des veuves et des enfants, la panique sur les visages des gens. Du profond de notre douleur et de notre chagrin, nous appelons les gens de conscience, s’il en existe encore, pour nous entendre :  

Assez de désolation et de destruction ! Assez d’être un laboratoire d’armes de guerre dévastatrices ! Nous sommes fatigués !

Verrouillez les portes des armements et des munitions, arrêtez la fourniture des instruments de mort ! Nous sommes fatigués !

Que voulez-vous de nous ? Dites-nous ? Nous sommes fatigués !

Voulez-vous que nous restions : blessés et humiliés, des semblants d’êtres humains ? Ou allons-nous quitter de force, et être anéantis ?

Quant à nous, nous aimons vivre en paix, comme des citoyens honnêtes avec les autres citoyens de ce pays. Nous ne craignons pas le témoignage, mais nous refusons de mourir pour un prix très suspect et sinistre.

Nous refusons d’être « Alep des martyrs » mais nous voulons rester « Alep le joyau », le témoin d’amour et de paix, de pardon et de dialogue. Alep, joyau sur la couronne de notre pays la Syrie, et de toutes les catégories de la diversité culturelle et religieuse.

Pitié pour nos martyrs et guérison pour nos patients et tranquillité dans les âmes de nos enfants, la sécurité et la paix pour tous nos citoyens. »

Alors ne nous habituons pas et leurs cris. Et surtout, ne les oublions pas.

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 4 commentaires

  1. Martine GILHARD

    Je comprends et j’entends au plus profond de moi le cri de détresse de nos frères évêques d’Alep.
    Puisse Dieu entendre nos prières et emplir le coeur de tous, de Son Amour et de Sa miséricorde infinie ! Grâces et bénédictions soient sur notre monde qui souffre pour diverses raisons.
    Bien à vous !
    Amicalement.
    Martine GILHARD (http://martine.artblog.fr)
    (http://millenartsdefis.free.fr avec le blog du Millén’Arts Journal).

  2. Bollart-Piron ghislaine

    Mon Dieu ! Oui, je suis bien placée pour vous répondre. Je viens de prendre les nouvelles du BURUNDI et j’ai peur, j’ai une famille là-bas! Qu’en adviendra-t-il de ces élections présidentielles combien d’innocents tomberont encore, combien de souffrances. Ne les oublions pas prions pour tout ces pays menacés. Seigneur DIEU, écoutez nos appels en ce jour de l’Ascension ! Amen —

  3. Elisabeth Meyer

    Bien sur que nous entendons leurs cris et comprenons leur grande détresse.
    Les hommes politiques de ce monde eux “n’entendent” rien, ne “voient” rien, et ne “disent” rien.
    Les vies humaines n’ont pas de prix et sont plus importantes que la vente d’armes, quand voudront-ils le comprendre ?
    Partout dans le monde s’élèvent nos prières pour que cessent ces guerres, mais elles ne sont ni sufifisantes, ni profondes pour que le Seigneur les entende. Nous devons mettre plus de cœur, d’ardeur, de conviction dans nos prières pour que ne nous parviennent plus ces cris de désespoir ; Les armes, enfin, auront cessé de fonctionner.

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