“La piquante homélie de Mgr di Falco”. Ainsi “Le Dauphiné libéré” a-t-il qualifié les propos tenus par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri en sa cathédrale de Gap la nuit et le jour de Noël. À vous de vous faire votre opinion ! Ci-dessous l’article et l’intégralité de l’homélie.

La crèche encore sans Jésus

L’enfant Jésus est apporté…

… et déposé dans la crèche

La crèche avec l’enfant Jésus

Homélie

La proclamation de l’évangile, chanté par un diacre

En cette nuit de Noël, nombreux sont ceux qui sont plus près de ce que Marie Joseph et Jésus ont vécu que nous ne pouvons l’être nous-mêmes, qui vivons dans un pays en paix.

Comment ne pas penser en priorité ce soir à ces enfants, ces femmes et ces hommes qui ont tout perdu, maison, travail, racines, et qui doivent affronter le froid et la faim dans des abris de fortune.

Ils sont les victimes de barbares assoiffés de sang qui se servent de Dieu au lieu de le servir, croyant ainsi justifier leurs crimes.

Je pense bien sûr aux chrétiens d’Orient mais aussi à toutes les minorités persécutées au nom de leur foi.

Jésus est né dans une crèche. Celles aseptisées que nous avons dans nos maisons ne ressemblent en rien à celle dans laquelle Jésus est né. Pas plus d’ailleurs que celles placées dans des lieux publics et qui donnent de l’urticaire à quelques ayatollahs de la laïcité.

Non, Jésus est né dans le crottin des ânes, dans les bouses de vache et sur un sol couvert de crottes de mouton.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri au cours de son homélie

Lui, le Fils de Dieu, le Fils de Dieu, le Prince de l’Amour, naît dans la puanteur d’un abri pour les animaux. Il inaugure sa vie terrestre dans le plus minable des abris alors qu’il aurait pu naître dans le confort d’un palais princier, entouré d’esclaves ne sachant que faire pour lui être agréable.

Tout cela parce qu’il n’y avait plus de place au caravansérail, où d’ailleurs les crottes de chameau auraient aisément remplacé l’odeur de celles des moutons.

Il n’y a pas de hasard lorsqu’il s’agit de Dieu. S’il n’y avait plus de place c’est parce que c’était la volonté de Dieu afin que son Fils naisse comme les plus pauvres et parmi les plus pauvres, les plus démunis, les plus défavorisés.

« Il n’y avait plus de place… » Et nous, combien de fois nous nous comportons comme le tenancier du caravansérail. Oh, bien sûr ! nous ne disons pas toujours : « Il n’y a plus de place »… Mais notre attitude remplace largement les mots.

Il n’y a plus de place dans mon pays, plus de place dans ma communauté, plus de place dans ma famille, plus de place dans mon cœur pour celui-ci ou celle-là parce qu’il m’a blessé, parce qu’il n’est pas dans la norme, parce qu’il sent mauvais, parce que sa vie n’est pas un exemple. Il n’y a plus de place, parce que, parce que, tout ce que je dis dans son dos et que je n’ai pas le courage d’aller lui dire en face.

Cette nuit, alors que nous célébrons celui qui est venu pour nous apprendre à aimer, saurons-nous faire de la place dans notre pays, dans nos communautés, dans nos familles, dans notre cœur à ceux qui ne savent plus où est leur place ?!

Jésus est né dans une crèche insignifiante pour qu’elle ne fasse pas obstacle au véritable lieu où se situe sa naissance, vous savez où ? Dans le cœur de chaque être humain. Oui, ce sont nos cœurs qui sont le véritable lieu de naissance du Christ. Et cette crèche-là, il est bien difficile de l’interdire dans les lieux publics !

De la même manière que Jésus naît dans la fragilité d’une crèche, il prend toute sa place dans le cœur des plus fragiles, quelle que soit leur fragilité, spirituelle, morale, intellectuelle, physique, psychologique. C’est prioritairement ceux-là que le Christ veut envelopper de son amour.

Alors si vous vous reconnaissez parmi eux, ayez confiance, vous êtes aimés par-dessus tout. Jésus vous tend la main et vous donne son cœur. C’est pour vous qu’il est présent ce soir parmi nous.

Quelqu’un me reprochait récemment d’avoir écrit un texte dans lequel je dis que Jésus est présent dans les immigrés, les exilés, les détenus, les prostitués, en fait tout ceux qui dérangent et que l’on montre du doigt. Cette personne m’a écrit en me disant qu’elle avait interrogé Jésus, que celui-ci lui avait répondu, et qu’il lui avait dit que « non », il n’était pas présent dans ces personnes.

Je lui ai répondu que je me réjouissais d’avoir rencontré une prophétesse en prise directe avec Jésus, mais que je lui conseillais d’aller relire son catéchisme.

Oui Jésus est présent en chacun de nous quelle que soit sa vie, quelle que soit sa faute, quel que soit son péché.

Tout à l’heure, en conclusion de la consécration, vous entendrez le célébrant prononcer les paroles même du Christ : « Vous ferez cela en mémoire de moi ». Ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas seulement d’une invitation à célébrer le repas eucharistique. Il s’agit de savoir donner sa vie comme le Christ donne la sienne. Voilà le sens du « vous ferez cela en mémoire de moi. »

Vous savez sans doute que, sur les grilles de certains ponts de Paris, des amoureux, pour sceller leur amour, ont accroché un cadenas. On peut comprendre le symbole avec bienveillance, comme une marque de fidélité. Mais si c’est « Je t’aime, tu m’aime, clic clac… », quelle erreur ! Car c’est alors verrouiller.

Un amour replié sur lui-même est en danger. L’amour durera, grandira, s’enrichira, que s’il est ouvert aux autres, partagé, accueillant, mais certainement pas cadenassé !

C’est de cet Amour-là qu’il s’agit ce soir. Un amour donné, un amour et un « don sans retour », comme on le chante dans « Douce nuit ». Oui, un jour Dieu s’est donné. Et de la crèche au crucifiement, de la crèche là-bas où l’enfant Jésus a été déposé, jusqu’à la croix là-haut, au-dessus de l’autel, Jésus nous montre le chemin de l’amour.

Quelqu’un a dit un jour : « L’amour, c’est comme un cadenas, il suffit de trouver la bonne combinaison. »

En ce soir de Noël Jésus nous donne la bonne combinaison : c’est son Évangile.

Jean-Michel di FALCO LÉANDRI
Évêque de GAP et d’EMBRUN

Messes de Noël

Les messes ont été nombreuses sur l’ensemble du diocèse : 107 en tout, réparties entre les messes de la nuit, celles du jour, et quelques unes à l’aurore. Ci-dessous le micro trottoir effectué par Radio D!CI de quelques personnes venues fêter Noël à l’église.

Les enfants sont nombreux aux messes dites “des famillles”. Ici en la cathédrale de Gap à la messe de 17h00.

Cet article a 16 commentaires

  1. Ida Micheneau

    Monseigneur;
    Je suis avide de vos homélies car pour moi vous êtes un vrai disciple du Christ,proche des plus pauvres,des exclus en tous genres.Je me sens toute petite à côté de vous,car j’ai tant à faire pour arriver à répandre un amour inconditionnel autour de moi;je me sens empêtrée dans mes hésitations, mon manque de fermeté et de courage.Vous êtes un modèle pour moi.J’aime vous savoir proche du pape François que j’admire.J’aime prier pour vous pour que le seigneur et l’esprit saint continuent à vous inspirer. .

  2. LAFALLA

    Merci Mgr

  3. Laurence

    merci Monseigneur di Falco pour votre homélie. Petite voici bien des années, j’étais révoltée par la prostitution cela me faisait souffrir si j’avais su que le Christ vivait en eux cela m’aurait aidé sur mon chemin car il est l’Amour infini … . Un jour j’ai voulu faire ma première communion : et j’ai découvert à l’époque le cantique” O filii et filiae” qui m’a emballée et j’aimais le chanter cette année là j’avais pas manqué la messe de Pâques !!! (du coup j’ai appris toutes les antiennes latines) : cette année là, cela a été un émerveillement; Des années plus tard je découvre que c’est écrit par un franciscain du nom de Jean Tisserand pour fêter la conversion ( suite à son sermon ) de 200 prostituées à ND de Paris : à l’époque cela avait fait du bruit. et tout le monde en avait parlé ! c’était quelque chose. C’est ce frère qui a écrit aussi “entre le bœuf et l’âne gris”…CerteS les prostituées disait Jésus vous précèdent dans le Royaume des Cieux,,,,

  4. Elisabeth Meyer

    Homelie piquante, non. Homélie dérangeante sur des vérités tellement évidentes oui. Après avoir lu et relue cette Homélie que de vérités écrites , j ai et nous avons beaucoup de chemin à parcourir pour nous améliorer. J ai découvert récemment le site du diocese de Gap, et bien qu étant en région parisienne, je ne manque aucune chronique de Mgr Di Falco. Les divers sujets sont abordés avec beaucoup de simplicité, d humour et de réalité et trop souvent nous les occultons car cela nous arrange.

  5. croassant

    MERCI MONSEIGNEUR pour cette homélie de NOEL très rassurante.Vos paroles sont toujours sincères,logiques et comme disait LE PAPE JEAN PAUL II,”IL FAUT SAVOIR DIRE LA VERITE”.Je vous admire et est heureuse de lire vos chroniques toutes les semaines et les relire.Mais j’aime surtout vous regarder parler vous etes si beau et une voix qui me réconforte!!!.Encore BONNE ANNEE ET BONNE SANTE MONSEIGNEUR et a tout le diocèse.JE VOUS AIME

  6. roman sylvie

    Merci Monseigneur pour cette homélie …
    En ces journées particulières , une pensée solidaire pour les habitants du nord du département, et les menaces qui pèsent sur le train entre Gap et Briançon… (manque d’entretien de la ligne Sncf),
    Avec en premier lieu l’avenir du train de nuit Paris /Briançon, dont le sort sera scellé en mai prochain..
    Pour défendre cette ligne vitale pour le Nord des Hautes-Alpes, nous accompagnerons demain soir, dans toutes les gares jusqu’à Veynes, les touristes skieurs qui sont venus dans nos stations, Montgenèvre, Serre Chevalier, Puy Saint Vincent, Vars, Risoul, le Queyras, les Orres…
    pour les sensibiliser à nôtre cause, et qu’ils se montrent solidaires de nos vallées.
    Demain, trois trains de nuit partiront depuis Briançon pour rejoindre Paris… Pas rentable ? Inutile ?
    Aidez nous ! J’espère que notre communauté catholique et chrétienne se joindra à nous, du nord au sud du département…

    http://www.developpement-durable.gouv.fr/Alain-Vidalies-lance-la-commission.html

  7. pons

    merci, Monseigneur,pour votre homélie, des paroles justes, qui vont droit au cœur, et qui traite avec beaucoup d’humour des problèmes graves….à biientôt

  8. Bob et Paulette de Veyrac

    Bravo Monseigneur pour votre “piquante” homélie, qui permet de réagir ! Nous y adhérons pleinement. Que ceux ou celles qui ne comprennent pas se souviennent de la parabole du pharisien et du publicain. Tous nos voeux pour 2015… et nos pensées respectueuse et amicales.

  9. COTIN JANINE

    Bonjour,

    C’est avec beaucoup d’attention que je lis chaque semaine votre lettre.

    A mon tour je vous présente mes voieux les plus sincères pour toute votre équipe qui accompagne Mrg DI FALCO.

    Que 2015 voit la disparition des massacres de chrétiens !

    A bientôt et amicalement.

  10. Marie France

    Les hommes sont égaux entre-eux quelle que soit la couleur de leur peau, de leur croyance et de leur vie. Merci Mgr pour cette superbe homélie.

  11. negre vitalis

    merci pour cette magnifique homélie, Monseigneur.
    Pas seulement les “ayatolas” mais beaucoup d’entre nous “chrétiens” souvent d’apparence et plus que de pratique devraient être intéressés par vos paroles
    Merci et une très bonne année 2015 pour vous, votre équipe, votre diocèse – compris N.-D. du LAUS tout près de qui je suis passée le 26 dec.- pour tout ce que vous entreprenez .
    Une prière de mon enfance disait : Seigneur donne nous des prêtres, donne nous des bons prêtres, donnes nous bcp de bons prêtres : je dépose cette prière aux pieds de la Vierge Marie.

    Bonne année G NV

  12. René Berlioz

    Merci pour vos envois réguliers qui réchauffent mon corps et mon âme. Recevez, toutes et tous mes voeux ensoleillés d’Agadir.
    Les journaux pour la plupart d’entre eux ne méritent même pas que l’on gaspille de la salive pour qualifier leurs idioties.
    Pour rire, un peu, c’est bon pour la santé: Dans la crèche, la vache dit à l’ânesse: bonne ânée, ce à quoi l’ânesse lui répond: meilleurs veaux.
    Et pour terminer une de mes drôleries: Les français font la France, et Hollande la souffrance.
    Que Dieu vous bénisse et que la très sainte Marie vous guide sur les chemins sacrés.
    Bien à vous. René

  13. BERAUD Jean Baptiste

    De JB Beraud, sdb, 92 ans et malade à Yaoundé, à Mgr jean Michel di Falco. Merci de cette homélie de Noël. Je tâcherai de passer des extraits dans mon blog.

  14. Géraldine Delforge

    Bonjour à tous
    je viens de lire L’HOMELIE de MONSEIGNEUR DI FALCO
    c’est vrai que DIEU est le PRINCE DE L’AMOUR , je suis trés CROYANTE , CATHOLIQUE, j’ai CONFIANCE EN DIEU JESUS NOUS AIMENT ET NOUS TANT LA MAIN le soir lorsque je dis mes priéres je le remercie de ma jounée .
    mais dans ma famille il à des personnes qui ne comprennent rien à cela surtout une personne qui me fait souffrir , moi je lui ai pardonné mais cette personne ne veut rien savoir je demande à Dieu de veiller sur elle et peut étre qu’un jour elle reviendra nous voir je ne désespére pas parce que je sais que Jésus m’écoute
    merci pour cette Belle et magnifique HOMELIE MONSEIGNEUR
    je vous aime

  15. Bernard

    Je ne vois pas en quoi l’homélie de Monseigneur Jean Michel Di Falco Leandri , est piquante ?
    ” Jésus est présent en chacun de nous quelle que soit sa vie , quelque soit sa faute, quelque soit son péché”
    Le Père nous a bien créé, nous étions dans son esprit alors comment le Père ne pourrait pas nous aimé ? car nous sommes bien des fils adoptifs par le Fils.

    Belle et joyeuse octave de Noël !

  16. Mario

    Bonjour Mon Père,

    Aujourd’hui je me décide à vous faire un aveux.
    Vous êtes mon Evêque préféré. Mais, de grâce, que cela reste entre nous.

    Joyeuses fêtes et que Le Seigneur Vous Garde.

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