“La Provence” rend compte de la lecture du livre de Job par Roland Giraud à Gap
  • Post published:13 juin 2013

“La Provence” a rendu compte de la venue de Roland Giraud, invité par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri à lire le Livre de Job. L’article ci-dessous suivie de l’interview de Roland Giraud enregistrée par la radio RCF Alpes Provence à l’issue de la lecture.

Roland Giraud était l’invité de Mgr Jean-Michel Di Falco Léandri

Le comédien était à Gap lundi soir, pour la lecture du Livre de Job devant 250 auditeurs.

À l’invitation de l’évêque de Gap et d’Embrun, Jean-Michel di Falco Léandri, Roland Giraud s’est présenté sur la scène du Royal pour une lecture du Livre de Job. Photo M.F.

L’exercice était malaisé, mais le comédien et acteur éprouvé qu’est Roland Giraud a passé la rampe avec une totale réussite, aidé sans nul doute par la foi qui l’habite. Il s’est présenté sur la scène du Royal après Francis Perrin, Jean Piat, Frédérique Hébrard et Louis Velle, venus eux aussi proclamer un texte à l’invitation de l’évêque de Gap et d’Embrun, Jean-Michel di Falco Léandri, qui espère voir arriver à leur tour Francis Huster, Lorant Deutsch, Alain Delon.

“Ce sont des personnalités que je connais et qui répondent volontiers à mon invitation quand leur emploi du temps le permet”, précise le prélat. Pour la lecture du Livre de Job, le choix de Roland Giraud ne tenait pas au hasard. “Cet homme a connu et connaît toujours la souffrance après la disparition de sa fille, assassinée en 2004. De son côté, Job a connu une vie de souffrances. Le premier pouvait parler du second, il l’a remarquablement fait.”

Au terme d’une heure et quart, la nombreuse assistance a fait connaissance avec Job, dont l’écrit appartient à l’Ancien testament. Cet homme intègre et droit, qui vivait dans le pays d’Uts, craignait Dieu, et se détournait du mal.

Photo M.F.

Père de 7 fils et 3 filles, il possédait 7 000 brebis, 3 000 chameaux, 500 paires de boeufs, autant d’ânesses, et un très grand nombre de serviteurs. Mais, un jour, Satan lança une forme de défi à Dieu et ce dernier abandonna son fidèle serviteur Job, l’accablant de malheurs. Il perdit tout : ses biens et ses enfants. L’épreuve ne devait pourtant pas immédiatement détourner Job de l’Éternel.

“Pourquoi m’as-tu pris pour cible ? Si l’on pouvait mettre tous mes maux ensemble sur une balance, ils seraient plus lourds que tous les sables des océans. Tes mains m’ont façonné, m’ont créé et tu voudrais me détruire !”, interpelle Job. Plus tard, Job cédera au ressentiment, ce que personne, parmi l’auditoire, n’aurait su lui reprocher vraisemblablement. “Je veux faire à Dieu des remontrances, soyez attentif au plaidoyer de mes lèvres” dit-il à ses amis, Éliphaz de Théman, Bildad de Schuach, et Tsophar de Naama.

À son pupitre, le timbre de voix clair et incisif, Roland Giraud narre avec conviction. Comme habité par le rôle, ce que le comédien professionnel sait faire, mais, peut-on avancer, habité par sa propre douleur. Au milieu des derniers mots prononcés, Dieu répondit à Job : “C’est aussi une prière que d’exprimer la colère.” Alors, Roland refermait le livre.


Il est venu en pèlerin

Roland Giraud est croyant et n’hésite pas à prendre son bâton de pèlerin. C’est ainsi qu’il est venu à Gap et a répondu à l’invitation de Mgr di Falco Léandri. “Aujourd’hui, la société est déspiritualisée. L’argent est roi. Et quand on se laisse aller à la matérialité, c’est foutu !” Ce disant, Roland Giraud fait référence en particulier aux situations qui mettent les gens en difficulté, tant sur le plan personnel que professionnel. “La religion, c’est important; le mot ne vient-il pas du latin “religere” qui signifie “relier”; c’est donc vital de vivre sa religion.”

Le comédien connaît les Hautes-Alpes, Embrun notamment où il a rendu visite jadis à un oncle qui y résidait. Votre actualité ? “Mon bouquin En toute liberté, un film récent La cage dorée et la répétition de la pièce de théâtre Joyeuses Pâques avec mon épouse.”

 

Texte préparé, écrit et lu par Roland Giraud pour introduire le livre de Job