Depuis leur belle vallée du rosanais, au fin fond du département des Hautes-Alpes, les religieuses bénédictines de l’abbaye Notre-Dame de Miséricorde sont
dotées d’un matériel performant quand il s’agit de servir Dieu.


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Préparation de la pâte

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Moule servant à imprimer différents motifs


Après avoir peiné quelques années avec un fer manuel, les soeurs ont pu acquérir une « machine à fabriquer les hosties », sorte de four à six fers, installée au sein même de la clôture. Entre
deux offices, au moment où les unes vont aux champs, les autres à l’atelier de reliure ou encore à la fromagerie, quelques religieuses se rendent à l’atelier d’hosties pour confectionner les
pains d’autel commandés par les diocèses ou les communautés religieuses.


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La machine à fabriquer les hosties

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Récupération des plaques avant le découpage


Quatre soeurs sont chargées de la préparation de la pâte et de sa cuisson. Ensuite, l’une d’elles s’occupe de l’humidification des plaques, afin que la découpe des hosties se fasse sans risquer
de les casser. Enfin, au cours de la récréation communautaire, les moniales retroussent leurs manches pour le tri manuel des hosties en fonction des tailles et l’empaquetage. Toutes les tailles
sont programmées, jusqu’aux grandes hosties de 20 cm de diamètre qui servent aux grandes célébrations. On peut même commander des hosties sur mesure pour les ostensoirs ! En un an, grâce à leur
nouvelle machine, les soeurs ont doublé leur production (environ deux millions d’hosties pour l’année 2007).


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Découpage des hosties…

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…puis triage et empaquettage


Parmi les clients, le diocèse de Gap commande chaque année près de 200.000 hosties. Mais les bénédictines exportent également en grand nombre à l’extérieur du département : notamment vers les
diocèses d’Aix et  de Toulon, et vers la région parisienne).


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Exemples de motifs imprimés

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sur les grandes hosties


Le « commerce » des hosties, qui relève plus du domaine de l’artisanat liturgique que de la rentabilité, est assez rare en France et demeure l’apanage des monastères : deux monastères, ceux de
Blauvac et de Ubexy, ont une très grosse production et une quarantaine d’autres monastères principalement de carmélites et de clarisses perpétuent cette tradition. Il faut dire que ce travail est
très spécifique et la recette de fabrication est très particulière. En effet, même si les ingrédients de base sont très simples (eau et farine, suivant les normes ecclésiastiques), « on n’y met
pas que du matériel ! », souligne-t-on à Rosans tout en insistant sur l’importance de ce travail. Le labeur de toute une communauté forme l’hostie, qui devient, entre les mains du prêtre qui la
consacre, le Corps du Christ.

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Au fil des siècles…

Destinée à devenir le Corps du Christ, l’hostie, avant même d’être consacrée, a toujours été entourée de soins particuliers. A l’origine, les fidèles
apportaient une matière disparate pour l’offrande. A cette coutume se substitua peu à peu celle de fabriquer un pain spécial « petit, entier, net et fait exprès » (Concile de Tolède en
693). En témoignent les mosaïques de Ravenne (549) ou les premiers moules en pierre ou en terre cuite, découverts sur les sites archéologiques de Carthage, Tunis ou Jérusalem (Vème et
VIème siècles), aux motifs d’un symbolisme éloquent.

Contact :
Abbaye Notre Dame de Miséricorde
F-05150 Rosans
Téléphone: 04 92 66 70 00
Mail : misericordab@wanadoo.fr