Lundi 12 octobre, une journée de récollection rassemblait au nouveau “Centre diocésain pape François” les prêtres, diacres, religieux et religieuses du diocèse, en présence de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri.

Devant le nouveau Centre diocésain et l’église des Cordeliers

La journée commence par la prière devant le Saint-Sacrement exposé, en l’église des Cordeliers

Celui-ci avait invité le père Emmanuel Gobilliard, recteur de la cathédrale du Puy-en-Velay, à venir animer la journée sur le thème de la miséricorde, en vue de l’Année Sainte souhaitée par le Pape François et qui va débuter en décembre.

Chant de l’office des Laudes

Après la prière à l’église, direction le Centre diocésain

Le père Emmanuel Gobilliard a donc parlé le matin des blessures, et l’après-midi de la possibilité pour le Seigneur de guérir si nous voulons bien le laisser agir et accueillir sa Miséricorde. Les participants ont aussi pu échanger et partager en dix petits groupes dispersés aux quatre coins des nouveaux bâtiments. Enfin, au cours de la messe clôturant la journée, ceux qui ne le connaissaient pas encore ont pu découvrir l’hymne officiel du jubilé : “Miséricordieux comme le Père !”

Collation bienvenue pour ceux qui viennent de loin !

“C’est là-haut !”

La journée a aussi été l’occasion pour la paroisse Saint-Arnoux du bassin gapençais et pour le sanctuaire Notre-Dame du Laus de présenter leurs projets pour l’Année sainte de la Miséricorde. Les soeurs bénédictines de Rosans, placées sous le vocable de Notre-Dame de la Miséricorde, ont aussi fait part de leur programme.

Ce qui est prévu dans ces trois lieux pour l’année sainte, qui se déroulera du 8 décembre 2015 au 20 novembre 2016, sera donné ultérieurement.

Vers l’hémicycle Robert Cardinal Coffy

En attendant que tout le monde rejoigne l’hémicycle

Quant à Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, il a invité à étendre la démarche de miséricorde à ceux qui sont exclus, ou se croient exclus, dans la société et dans l’Église. Ceci fera l’objet d’une série de rencontres. Là aussi, le programme sera donné dès qu’il sera fixé.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri présente le père Emmanuel Gobilliard. Les soeurs malgaches du diocèse lèvent la main, le père Gobilliard ayant passé plusieurs années dans leur pays

Un des entretiens du père Emmanuel Gobilliard

D’ores et déjà, le pape François ayant invité les évêques à ouvrir une porte sainte dans leur cathédrale et suggéré qu’il puisse y en avoir une d’ouverte dans les sanctuaires, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri ouvrira une porte sainte le dimanche 13 décembre après la messe de 10h30 en la cathédrale de Gap et une autre le dimanche 20 décembre au sanctuaire Notre-Dame du Laus, là aussi après la messe de 10h30.

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Auparavant, le mardi 8 décembre, solennité de l’Immaculée Conception et jour officiel de l’ouverture de l’année de la miséricorde pour l’Église universelle, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri  présidera l’eucharistie à 18h30 en la cathédrale de Gap. Cette célébration sera suivie d’une procession mariale dans la ville et de la bénédiction de la porte sainte de la cathédrale.


L’année sainte en quelques mots

Le logo de l’année sainte

Un jubilé, c’est quoi ?

Dans la tradition catholique, un Jubilé est un grand événement religieux. C’est l’année de la rémission des péchés et des peines pour les péchés, c’est l’année de la réconciliation entre les adversaires, de la conversion et de la pénitence sacramentelle, et, en conséquence, de la solidarité, de l’espérance, de la justice, de l’engagement au service de Dieu dans la joie et dans la paix avec ses frères.

Quelle en est l’origine ?

Ses origines le relient à l’Ancien Testament. La loi de Moïse avait fixé, pour le peuple hébreu, une année particulière : “Vous déclarerez sainte cette cinquantième année et proclamerez l’affranchissement de tous les habitants du pays. Ce sera pour vous un jubilé : chacun de vous rentrera dans son patrimoine, chacun de vous retournera dans son clan. Cette cinquantième année sera pour vous une année jubilaire : vous ne sèmerez pas, vous ne moissonnerez pas les épis qui n’auront pas été mis en gerbe, vous ne vendangerez pas les ceps qui auront poussé librement. Le jubilé sera pour vous chose sainte, vous mangerez des produits des champs. En cette année jubilaire, vous rentrerez chacun dans votre patrimoine” (Lév 25, 10-13).

La trompette avec laquelle on annonçait cette année particulière était une corne de bélier, qui s’appelle “yôbel” en hébreu, d’où la parole “Jubilé”.

La célébration de cette année comportait, entre autres choses, la restitution des terres à leurs anciens propriétaires, la rémission des dettes, la libération des esclaves, et le repos de la terre.

Dans le Nouveau Testament, Jésus se présente comme Celui qui amène à son accomplissement le Jubilé antique, puisqu’il est venu “prêcher l’année de grâce du Seigneur” (cf. Is 61, 1-2).

Pourquoi un jubilé s’appelle-t-il aussi “Année sainte” ?

Un Jubilé est appelé communément “Année sainte”, non seulement parce qu’il commence, se déroule et se conclut par des rites sacrés, mais aussi parce qu’il est destiné à promouvoir la sainteté de vie.

Il a été institué en effet pour consolider la foi, favoriser les oeuvres de solidarité et la communion fraternelle au sein de l’Église et dans la société, pour rappeler et encourager les croyants à une profession de foi plus sincère et plus cohérente dans le Christ unique Sauveur.

L’Année sainte de la Miséricorde est une année sainte “extraordinaire”. Cela veut donc dire qu’il y en a des “ordinaires”. Quelle différence entre les deux ?

Le Jubilé peut être ordinaire s’il est lié aux dates fixées, extraordinaire s’il est convoqué à l’occasion d’un événement de particulière importance. Les Années saintes ordinaires célébrées jusqu’à nous sont au nombre de vingt-six, celle de l’an 2000 en ayant été la vingt-sixième.

L’habitude de convoquer des Jubilés extraordinaires remonte au XVIe siècle. Leur durée varie de quelques jours à une année. La dernière a été celle de 1983, convoquée par le Pape Jean Paul II pour le 1950e anniversaire de la Rédemption.

Pourquoi le pape François a-t-il voulu ce jubilé extraordinaire de la Miséricorde ?

Il le dit dans la bulle d’indiction : “Il y a des moments où nous sommes appelés de façon encore plus pressante, à fixer notre regard sur la miséricorde, afin de devenir nous aussi signe efficace de l’agir du Père. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu ce Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde, comme un temps favorable pour l’Église, afin que le témoignage rendu par les croyants soit plus fort et plus efficace.” L’intégralité de ce texte présentant l’Année sainte peut être lue ici : Bulle dindiction

Pourquoi cet accent sur la “Miséricorde” chez le pape François ?

La miséricorde est un thème que le pape François affectionne particulièrement et qui est récurrent chez lui.

On trouve raconté par le père jésuite Antonio Spadaro, qui a interviewé le pape au début de son pontificat, où s’origine dans la vie du pape l’expérience de la miséricorde. Le père Antonio Spadaro raconte  :

“Ma [première] question est prête, mais je décide de ne pas suivre le schéma que je m’étais fixé, et lui demande à brûle pourpoint : « Qui est Jorge Mario Bergoglio ? ». Le Pape me fixe en silence. Je lui demande si c’est une question que je suis en droit de lui poser… Il acquiesce et me dit : « Je ne sais pas quelle est la définition la plus juste… Je suis un pécheur. C’est la définition la plus juste… Ce n’est pas une manière de parler, un genre littéraire. Je suis un pécheur ». Le Pape continue de réfléchir, absorbé, comme s’il ne s’attendait pas à cette question, comme s’il était contraint à une réflexion plus approfondie. « Si, je peux peut-être dire que je suis un peu rusé (un po’ furbo), que je sais manœuvrer (muoversi), mais il est vrai que je suis aussi un peu ingénu. Oui, mais la meilleure synthèse, celle qui est la plus intérieure et que je ressens comme étant la plus vraie est bien celle-ci : Je suis un pécheur sur lequel le Seigneur a posé son regard ».

Ce regard de miséricorde posé sur lui, le pape l’a expérimenté dans son adolescence au cours d’une confession en la fête de saint Matthieu, un 21 septembre, le jour du début du printemps austral. Il n’avait pas encore dix-sept ans. Elle amènera le futur pape à écrire en 1969, juste avant son ordination presbytérale, dans une profession de foi très personnelle : “Je crois en mon histoire, qui a été transpercée par le regard amoureux de Dieu qui, le jour du printemps, le 21 septembre, m’a invité à le suivre.”

Cette expérience de miséricorde du pape François, on la trouve longuement décrite ici par le père jésuite Antonio Spadaro.

Sa devise, le pape François l’a choisie en fonction de cette expérience fondamentale de miséricorde. Il l’a extraite d’une homélie du saint anglo-saxon Bède le Vénérable (672-735) se trouvant dans le bréviaire (ou Liturgie des Heures) à la fête de saint Matthieu le 21 septembre.

Commentant l’appel par Jésus du publicain Matthieu, Bède le Vénérable écrit :
« Vidit ergo Jesus publicanum et quia miserando atque eligendo vidit, ait illi Sequere me ». C’est-à-dire : «Jésus vit le publicain, et comme il le vit d’un regard qui prend pitié et qui choisit, il lui dit : Suis-moi ».

Dans son livre Je crois en l’homme, le pape, alors cardinal Bergoglio, évoque Matthieu et sa devise, là aussi en père spirituel qui transmet son expérience : « La vocation religieuse est un appel de Dieu destiné à un cœur qui l’attend, consciemment ou inconsciemment. J’ai toujours été impressionné par la lecture du bréviaire qui dit que Jésus regarda Matthieu avec une attitude qui, traduite donnerait quelque chose comme : « Avec miséricorde et le choisissant ». C’est exactement la façon dont j’ai senti que Dieu m’a regardé lors de cette confession. Et c’est ainsi qu’il me demande de regarder autrui : avec une grande miséricorde et comme si je choisissais pour Lui, en n’excluant personne, parce que tout le monde est un élu de l’amour de Dieu. « Avec miséricorde et en le choisissant » fut la phrase qui a accompagné ma consécration comme évêque et c’est un des pivots de mon expérience religieuse : la miséricorde, et le choix des personnes en fonction d’un dessein. Dessein que l’on pourrait synthétiser de cette façon : « Écoute, toi, on t’aime par ton nom, tu as été choisi, et la seule chose qu’on te demande, c’est de te laisser aimer ». Voilà le dessein qui m’a été confié » (op. cit. pp. 48-49).

On comprend alors que, lors de son premier angélus après son élection, le pape ait dit :
« Ressentir de la miséricorde, ce mot change tout. C’est le mieux que nous pouvons ressentir : cela change le monde. Un peu de miséricorde fait en sorte que le monde soit moins froid et plus juste. Nous avons besoin de comprendre bien cette miséricorde de Dieu, ce Père miséricordieux qui est tellement patient ». (Angélus du 17 mars 2013)

Si ce thème de la miséricorde est cher au pape, s’il veut que nous fassions tous l’expérience de la miséricorde et que nous fassions nous-mêmes miséricorde, il a dû souhaiter que soient mis en place des moyens particuliers pour qu’elle nous rejoigne tous. Lesquels ?

Certaines dispositions propres à ce jubilé se trouvent déjà présentes en germe dans la bulle d’indiction. Mais le pape les a détaillées et précisées dans une lettre adressée le 1er septembre dernier à Mgr Rino Fisichella, l’évêque chargé de l’organisation du jubilé. Son souhait est que le jubilé bénéficie au plus grand nombre. Il a donc pris des dispositions pour que toute personne habitée d’un sincère repentir puisse obtenir miséricorde. Il est question dans cette lettre des détenus, des malades, des femmes ayant avorté, des personnes ayant pratiqué l’avortement, des personnes fréquentant la fraternité Saint Pie X. On peut lire l’intégralité de cette lettre du pape ici : Lettre du pape François à Mgr Rino Fisichella

Écrit à partir de différents documents
trouvés sur www.vatican.va

Cet article a 1 commentaire

  1. Grimaldi Marie José

    J’aime beaucoup le logo !

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