Médias locaux et régionaux, profanes et religieux, ont largement couvert l’événement que constituait la présence au Laus du chanteur Grégoire et du prêtre Michel-Marie Zanotti-Sorkine pour fêter l’Assomption de la Vierge Marie. Ci-dessous les articles du Dauphiné libéré des 15, 16 et 17 août, ainsi que la vidéo de l’homélie du père Zanotti-Sorkine le matin et des photos du concert de Grégoire le soir.

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  Jeudi 15 août 2013

L’artiste lira et chantera sainte Thérèse de Lisieux, ce soir, au sanctuaire de Notre-Dame du Laus

Grégoire : « Tant qu’elle va dans un sens altruiste, la religion me plaît »

Grégoire a mis en musique des poèmes de sainte Thérèse de Lisieux qu’il fera découvrir au Laus. Photo archives Le DL/Jean-François SOUCHET

Grégoire viendra en voisin chanter à Notre-Dame du Laus pour l’Assomption. L’occasion de présenter l’album pour lequel il a mis en musique des poèmes de sainte Thérèse de Lisieux, disque de platine. Le chanteur qui s’est fait connaître avec son titre Toi + moi se livre en toute simplicité.

Pourquoi avoir accepté l’invitation de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri ?

Lorsque le projet d’album Thérèse, vivre d’amour a vu le jour, on a contacté Mgr Jean-Michel di Falco Léandri pour qu’il enregistre un texte. C’est quelqu’un de très sympa. Il m’avait dit que ça lui ferait plaisir que je passe car j’ai une maison de vacances pas loin, dans la Drôme. Je ne connais pas Gap. C’est l’occasion de découvrir la ville. Je vais interpréter quelques chansons, pas mal d’inédits de Thérèse composés pour la tournée avec Natacha Saint-Pier, des textes plus obscurs. Je vais lire des paroles de Thérèse. Je suis en train de mettre tout ça en place.

Est-ce vous qui avez eu l’idée d’un album sur Sainte-Thérèse de Lisieux ?

Non, c’est Roberto Ciurleo et Eléonore de Galard qui m’ont proposé de mettre en musique ses poèmes. Je savais qu’elle avait écrit pas mal de textes mais je ne savais pas qu’elle était l’auteure de poèmes. Elle était si précise dans la forme alors qu’elle était si jeune ! J’ai toujours été fasciné par Rimbaud qui a écrit très jeune. En tant que religieuse et carmélite, je m’attendais à quelque chose de peut-être plus pesant pour certaines personnes. Je suis touché qu’un religieux parle d’amour sans être moralisateur. C’est ce que j’ai pu retrouver chez Martin Luther-King, mère Térésa, Gandhi qui ont su parler aux autres sans forcément leur imposer leur foi. Ce ne sont pas des donneurs d’ordres.

Quel regard portez-vous sur l’Église d’aujourd’hui ?

Quand je suis né, le pape était Jean-Paul II, aujourd’hui c’est François. Je les trouve plutôt bien comme religieux. J’ai l’impression qu’avec le pape actuel, il y a cette idée d’aller vers les pauvres, de donner. Dans l’album, je remercie tous ceux qui ne font pas de leur foi un combat mais un sourire, une main tendue vers l’autre. Avec sainte Thérèse de Lisieux, il y a cette idée-là. C’est cette force qui me fascine. Ce que je retiens de l’Église, c’est ce côté-là. Tous les textes religieux que j’ai lus, catholiques ou non, parlent d’amour. Certaines personnes cherchent la petite bête pour diviser alors qu’il y a cette idée de communion entre les peuples. Tant qu’elle va dans un sens altruiste et humaniste, la religion me plaît.

Que trouvera-t-on sur votre nouvel album Les roses de mon silence qui sort le 16 septembre ?

De tout. J’ai des influences vastes, même si c’est majoritairement de la pop anglo-saxonne, du folk et des variétés. Je ne me suis pas mis de barrière. J’ai écrit des chansons telles qu’elles me venaient. Un titre est très « chanson française », avec de l’accordéon, mais il n’y a pas que cette tonalité-là. Il y a des arrangements où j’ai mis des ondes Martenot, de la guitare rock, acoustique, de la cornemuse, du piano. Les Beatles ont eu l’idée de ne jamais faire 12 fois la même chanson sur le même album. Je suis fan de Jean-Jacques Goldman, de Radiohead. Des gens n’auraient jamais écouté de l’électro et peut-être que grâce à l’accordéon, ils vont l’aimer.

Propos recueillis par Marie-France SARRAZIN

 

Michel-Marie Zanotti-Sorkine, ancien chanteur de cabaret devenu prêtre : “Je suis heureux d’être reçu dans une maison “de campagne” de Marie !”

Le père Michel-Marie Zanotti-Zorkine, prêtre à Marseille, est l’autre invité de Mgr di Falco Léandri. L’homme, au parcours hors du commun, est l’auteur de plusieurs livres et d’une prière pour les malades du sida. Jeudi, il interviendra durant la messe, puis l’après-midi au cours d’une conférence-témoignage.

“J’apprécie beaucoup Mgr di Falco”, indique le père Zanotti-Sorkine. DR

Ma vocation sacerdotale remonte à l’enfance… Je ne suis pas proprement parler une vocation tardive, mais celle-ci s’est réalisée tardivement. J’ai quitté Paris et mon métier de chanteur en 1988 alors que ma carrière prenait son élan… À vrai dire, je ne pouvais faire autrement que de partir ; je sentais que le moment était venu de tout lâcher pour mettre en œuvre l’appel entendu vingt ans plus tôt. Tout cela est assez mystérieux. On ne peut pas résister au Christ. Il n’en demeure pas moins que mon départ de Paris, avec les séparations qu’il entraîna, fur un véritable arrachement. Depuis ce jour, je maintiens fermement unies en moi les idées d’amour et de sacrifice.

Pourquoi avoir accepté l’invitation de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri ?

En principe, je refuse toutes les invitations extérieures – et Dieu sait si elles sont nombreuses – ma vocation étant d’être pour le moment curé de paroisse, ce qui implique une fidélité sans faille à mon ministère habituel. Et c’est d’ailleurs à ce prix-là que les fruits sont là. Cependant, je demeure très attentif à ce que Dieu pourrait me demander – n’oublions pas qu’il est le roi de l’inattendu et des surprises ! – si bien que lorsque Mgr Jean-Michel di Falco Léandri m’a invité à venir au Laus, je me suis retrouvé dans l’impossibilité intérieure de refuser. J’en déduis qu’il doit y avoir des raisons importantes pour lesquelles ma présence est exigée… Et puisque nous sommes entre nous, je vous le dis bien simplement : j’apprécie beaucoup Mgr di Falco, notamment sa volonté d’unir d’apparents contraires. Il ne laisse pas la lumière du Christ brûler dans le seul sanctuaire, on sent très bien qu’il dit à tout homme : « L’évangile est pour vous ! Emparez-vous de sa beauté ! Vous êtes chez vous chez le Christ ! » Et il me plaît de voir ainsi un homme, un prêtre, un évêque, faite tomber quelques barricades…

Quel sera l’objet de votre intervention ?

Le matin, à la demande de Mgr di Falco, je donnerai l’homélie, et ce sera ma joie d’évoquer le grand mystère de l’Assomption de Marie, c’est-à-dire sa présence éternelle près de Dieu et près de nous. L’après-midi, j’évoquerai la grande figure de Maximilien Kolbe, apôtre intrépide et démesuré qui n’en finit plus d’éclabousser d’héroïsme évangélique notre siècle, et tout laisse à penser que cela durera jusqu’à la fin des temps.

D’après vous, l’Église manque-t-elle d’hommes comme vous, à la voix qui porte ?

L’Église vient de recevoir le pape François, et sa présence, ses choix, ses paroles nous disent assez ce que le Saint-Esprit attend des serviteurs des Dieu que nous sommes…  À nous de ne pas louper le coche et de nous aligner avec nos personnalités propres.

Connaissez-vous les Hautes-Alpes et le sanctuaire du Laus ?

Je ne suis allé qu’une seule fois à Notre-Dame du Laus, il y a plusieurs années de cela. Bien que Marie habite mon cœur et que je vive en elle, je suis heureux d’être reçu dans une de ses maisons… « de campagne », et en été, c’est plus qu’appréciable !

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  Vendredi 16 août 2013

L’Assomption de la Vierge fêtée à Notre-Dame du Laus

Plus de 2000 fidèles présents à la messe en plein air

Entre 2000 et 2300 fidèles étaient présents pour assister à la messe célébrée par Monseigneur Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap et d’Embrun.

Entre 2000 et 2300 fidèles étaient présents hier matin à la messe en plein air de Notre-Dame du Laus. Une messe dédiée à l’Assomption de la Vierge Marie. Une telle foule que, malgré les sièges posés dans l’herbe, de nombreux participants ont dû rester debout ou s’asseoir où ils le pouvaient. Certains venaient d’ailleurs de Marseille ou encore d’Italie pour y assister.

La messe était célébrée par Monseigneur Jean-Michel di Falco Léandri, accompagné par de nombreux prêtres et évêques et une quinzaine de séminaristes marseillais. L’homélie était prononcée par le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, ancien chanteur de cabaret devenu prêtre, curé de la paroisse Saint-Vincent-de-Paul à Marseille.

Une homélie “à l’américaine”

Et il faut dire que le spectacle a été à la hauteur. Les pèlerins ont presque pu assister à une messe à “l’américaine”. Tout le prêche était prononcé avec emphase, les mains du prêtre battant la mesure. Dans un jeu de théâtre, il faisait discuter la Vierge Marie et son fils ou racontait une anecdote plus légère, interpellant parfois directement l’assemblée sous le regard amusé de Mgr di Falco.

À la fin de l’eucharistie, tous les prêtres se sont réunis autour de l’autel pour la bénédiction. L’homélie a été prononcée par le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, venu de Marseille.

Le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine prenait à partie les fidèles sur un ton enlevé : « Je vous en supplie mes frères bien-aimés », « Vous m’avez bien entendu ! » ou encore « En ce moment même, la sainte Vierge Marie se penche de tout son corps vers nous […]. Croyez-vous que la Vierge Marie est actuellement présente à côté de Dieu ? Croyez-le, je vous en supplie, ou pliez bagage et rentrez à la maison. »

Les fidèles ont applaudi ce prêche bien que parfois déstabilisés par le style du prêtre, ayant du mal à savoir s’il fallait ou non répondre aux questions emphatiquement posées.

Une atmosphère bon-enfant qui s’est terminée de façon plus solennelle par l’eucharistie, avant que tous ne profitent des nombreuses festivités prévues hier au sanctuaire. Notamment avec le spectacle de Grégoire.

par Déborah GAY

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  Samedi 17 août 2013

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Homélie du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine

 

Photos de la lecture et du concert de Grégoire le soir

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Cet article a 3 commentaires

  1. Grimaldi Marie José

    Ce fut une journée inoubliable et que je ne risque pas d’oublier. Impossible pour moi d’être “déstabilisée” par le père Michel-Marie, (quoique parfois ….) puisque chaque dimanche et souvent en semaine j’ai l’immense chance de bénéficier de son éloquence.
    Merci à Monseigneur di Falco Léandri, au Laus et à tous les organisateurs (le Recteur du Laus et les religieuses se sont vraiment surpassés) pour cette merveilleuse journée .

  2. Elisabeth

    Une journée du 15 août où régnait la fraternité, et, la joie d’être frères en humanité.
    J’ai ressentis une certaine émotion inconnue jusque-là.
    Très belle journée avec des intervenants passionnants, et sachant témoigner de leur Foi.
    Merci encore.

  3. Monique Mayné - Embrun

    Je ne trouve pas d’autres mots pour parler de cette journée du 15 août à ND du Laus, journée extraordinaire de Ciel sur la terre, que MERCI !
    Merci pour cette belle messe d’Assomption de Marie !
    Merci pour la présence du père Zanotti-Sorkine à la foi si communicative, foi et amour à soulever les montagnes !
    Merci pour sa prédication et son témoignage plein de vie et de foi sur saint Maximilien Kolbe et Marie !
    Merci pour les belles prières d’amour de sainte Thérèse si bien chantées par Grégory Turpin au cours de la messe !
    Merci pour le spectacle plein de fraîcheur des enfants !
    Merci pour cette belle journée de foi partagée avec Marie !
    “Quand je dis Marie, l’écho me répond Jésus”…

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