Le 1er et le 2 novembre : Fêter tous les saints et prier pour les défunts
  • Post published:31 octobre 2011

La Toussaint

Peuple de bienheureux

De nombreuses personnes humbles ont donné à leur entourage immédiat le témoignage authentique et admirable de la sainteté. Il est juste de les célébrer en les associant aux saints inscrits au calendrier.

La vision du Paradis de Benoîte Rencurel
Tableau de la Basilique Notre-Dame du Laus (Hautes-Alpes)

Quand elle fut un peu avancée dans le paradis, elle voyait les bienheureux plus resplendissans que le soleil, chascun dans son siège, d’une beauté et d’un esclat qu’elle n’a sut exprimer, tous découverts, d’une chevelure blonde, tous jeunes, s’il lui semblait, et tous d’un même âge, qui tantost s’asseyoient, tantost se tenoient debout : ils chantoient des cantiques à la louange de Dieu, et rioient trestous, la voyant passer.

Elle vit Messieurs Peythieu, Hermitte, sa mère qui la saluent, riant aussi contre elle. Elle vit aussi quantité de personnes de sa connaissance ; parens, amis, et autres.

Récit de la vision du 15 août 1698,
extrait du Manuscrit Gaillard.

façonnés à Son image

La liturgie célèbre le Dieu trois fois saint entouré de tous les élus sanctifiés par sa grâce. Chacun ne reflète qu’une part infime de la sainteté infinie de Dieu. L’adoration de Dieu est au centre de la célébration de la Toussaint. La liturgie est une action de grâce à Dieu qui a fait de nous ses enfants. Les chrétiens proclament leur espérance. La solennité nous fait prendre conscience de la foule de tous les rachetés qui nous ont précédés et du monde invisible qui nous attend. Par solidarité, ils intercèdent pour nous.

La Toussaint nous invite à être en communion avec tous les rachetés, le prêtre peut nous amener à nous souvenir des personnes que nous avons aimées. Cette célébration se démarque de celle du lendemain, une prière pour toutes les personnes défuntes.

La Toussaint n’est pas le seul jour où nous fêtons les saints. Tout au long de l’année, nous fêtons ces personnes qui ont eu une vie exemplaire et sont des modèles pour nous, ils nous appellent à l’imitation. Nous célébrons ainsi le Christ qui les a façonnés à son image et a créé entre tous les hommes une communion spirituelle.

nous entraînant à leur suite !

L’étude de la vie des saints a une valeur pédagogique, elle nous entraîne vers le Christ. Ce ne sont pas des personnes « brillantes » mais elles reflètent par leur vie la lumière du Christ. Le mystère même de l’Eglise est la communion fraternelle qui existe entre les vivants et les morts à travers la prière et les sacrements. Nous formons un seul corps dont le Christ est la tête. Les saints « nous aident à libérer le saint qui se cache en nous comme un bloc de marbre non encore sculpté que l’amour de Dieu veut ciseler pour qu’apparaisse son image ». 

Le 2 novembre

La fête de la Toussaint est inséparable de la commémoration des défunts. La première célébration s’est vécue dans la joie ; la seconde est plus dans le souvenirs de ceux que nous avons aimés.

Chapelle des âmes du purgatoire
au lieu-dit “Les Âmes”, entre Sallé et Roubion,
commune de Névache (Hautes -Alpes)

Comment expliquer que nous ressentions le besoin de prier ?

La prière pour les défunts est un témoignage de l’affection que nous leur portons. Il y a certes d’autres signes d’affection ; les fleurs qui envahissent les cimetières manifestent l’attachement des vivants à ceux qui les ont quittés. Mais l’amour le plus lucide et le plus efficace se traduit par la prière à l’intention de ceux dont nous ne pouvons qu’espérer qu’ils ont découvert Dieu en plénitude.

La prière peut rejoindre et aider nos défunts dans leur désir et leur recherche de Dieu, à travers ce qu’ils ont vécu sur la terre. Dieu seul connaît le mystère de cette rencontre où notre prière peut toujours les accompagner. Quand l’Eglise invite à prier pour les défunts, elle invite aussi à poser un acte de foi en la communion des saints et en la vie éternelle à laquelle tous les hommes sont appelés.

Comment, dans la foi, vivre une relation entre vivants et morts ?

Il y a deux conditions. La première est de renoncer à garder celui qu’on a perdu, “ne me retiens pas” disait Jésus à Marie de Magdala. Il est nécessaire de “laisser partir” celui qui est mort : on ne peut pas le retrouver de la même manière qu’auparavant. La seconde condition est d’accepter l’idée que les défunts ne sont ni inactifs, ni indifférents à la vie de ce monde. Il en va du Royaume pour les défunts comme pour les vivants. En Dieu, désormais, ils vivent l’amour pour nous, mieux qu’on ne peut le faire sur terre. A ces conditions, il est possible de chercher à vivre une communion de pensée avec les défunts, dans la foi au Christ ressuscité.

Âmes du purgatoire entrant au paradis
Tableau du XVIIIe siècle
Eglise Saint-Antoine de Montgenèvre (Hautes-Alpes)

Le bonheur promis dans l’éternité ne risque-t-il pas de nous faire oublier la terre ?

Nous ne devons jamais oublier que le ciel éternisera tous les actes d’amour et de service que les hommes ont accomplis sur cette terre. Partout où des hommes se convertissent, font œuvre de justice, de liberté et de respect des autres, une image du royaume de Dieu se laisse deviner.

Lors de la messe pour les défunts, nous nous souvenons de tous ceux qui nous ont quittés. Dans nombre de diocèses, beaucoup de paroisses ont invité plus particulièrement les familles des défunts de l’année, mais accompagnés par la communauté chrétienne qui avec eux, se souvient et prie, pour tous ceux qui nous ont quittés et qui nous rattachent au temps où nous les avons connus, aux liens nouveaux qui se sont tissés au-delà de la mort.

Invités aussi à ouvrir notre prière à tous les morts que nous ne connaissons pas, victimes de la maladie, d’un accident, de la violence, d’un cataclysme, de la guerre et de la folie des hommes.

Prenons le temps de nous retrouver et faisons mémoire de tous les défunts, nous réaffirmons ainsi notre foi et notre espérance en la promesse de Jésus : “Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais”.

D’après un article de la Revue Célébrer, n° 363

 

 

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri présidera

la messe de la Toussaint
le mardi 1er novembre à 10h30 à La Rochette

la messe pour les défunts
  le mercredi 2 novembre à 19h00 à la cathédrale de Gap