You are currently viewing Le fils de l’homme viendra. Homélie à l’église st Hippolyte de Névache le 7 août 2022

L’église saintHippolyte  de Nevache

Cette chapelle du IVème siècle a été la paroisse de Névache jusqu’au XVème siècle. La statue de Saint-Hippolyte en bois polychrome (1612) était dans l’église Saint-Marcellin avant qu’elle ne soit protégée des regards dans l’attente de sa copie… bénite ce jour !

Copie de la statue originale, bénite ce jour

Avant le développement de Névache, Ville-Haute au Moyen-Age, l’habitat principal se regroupait au Roubion (en rive gauche du torrent du même nom), entre les chapelles Saint-Hippolyte et Saint-Sauveur, au débouché du col de l’Echelle, des Thûres et de la route de Briançon. Saint-Hippolyte était la paroisse principale, jusqu’au XVIème siècle. L’existence d’un lieu de culte plus ancien est attestée. Une ancienne chapelle, couverte de chaume, a été agrandie et couverte d’une voûte, avant qu’on lui adjoigne une sacristie. La consécration à Saint-Hippolyte date de 1065.
L’édifice actuel date du XVIIème siècle, restauré en 2007. Les travaux de fouilles ont dégagé quelques squelettes, morceaux de colonnes en tuf, charbons de bois… tandis que des recherches dendrochronologiques ont permis de dater les poutres ayant servi à la construction de la charpente (1655 pour la poutre maitresse).

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Homélie

« Vous aussi, tenez-vous prêts :c’est à l’heure où vous n’y penserez pasque le Fils de l’homme viendra. » 

Cet évangile est souvent choisi pour les messes d’obsèques, invitant à être prêt au passage, à notre mort, c’est à dire à notre pâques vers l’éternité. C’est juste, mais à y regarder de plus près, Jésus parle de son retour ; ce qu’on appelle en théologie la ‘Parousie’, et que nous proclamons dans le Credo de Nicée-Constantinople : « Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Ecritures, et il monta au ciel; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. » Il reviendra dans la gloire ! À plusieurs reprises dans les Évangiles, Jésus annonce son retour, alors les premiers chrétiens imaginent que c’est imminent. Pourtant Jésus avait bien précisé (Mt 24,36) : « Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul. »

Déjà les hébreux attendaient comme une nouvelle « nuit de la délivrance pascale », selon notre première lecture tirée du livre de la Sagesse, à l’image de la nuit de la délivrance de l’esclavage du péché. Mais pour le peuple hébreux, ce ne fut pas tout de suite la terre promise, il y eu 40 ans de purification au désert.  Effectivement, la parousie ne s’annonce pas comme un temps paisible : dans l’Évangile de Matthieu (chap. 24), Jésus prédit guerres, famines et tremblements de terre, détresse et « abomination de la désolation. » Car l’homme est promis au jugement ; tout ce qui n’est pas amour sera détruit.

Ce rendez-vous énigmatique de la fin des temps nous interroge ou nous fait peur, car l’homme est curieux et pour employer un vocabulaire journalistique, souvent complotiste ! Après la grande peur de l’an 1000, il  y a eu la peur de l’an 2000, puis récemment celle de la pandémie ou des catastrophes nucléaires ou climatiques à venir.

Pourtant le mot Parousie, d’origine grecque, signifie « présence », ou encore « venue, avènement ».

Les chrétiens entrent alors dans l’attente confiante, priant pour la venue du Seigneur, pour son retour. Ce sont les derniers mots de l’Apocalypse, le dernier livre de la Bible, et donc les derniers mots de la Bible : « Marana Tha ! », qui signifient « Seigneur, viens ! ». Le philosophe Martin Steffens (Vivre ensemble la fin du monde, Salvator, 2012) commente : « Si, pour l’athée, l’histoire se dirige vers un ravin ou contre un mur, le chrétien croit que l’humanité se précipite dans les bras du Christ » Déjà le Catéchisme de l’Église catholique (c. 1040) précisait : « Nous connaîtrons (alors) le sens ultime de toute l’œuvre de la création et de toute l’économie du salut. Et nous comprendrons les chemins admirables par lesquels sa Providence aura conduit toute chose vers sa Fin ultime. » 

Alors frères et soeurs, nous sommes dans l’attente du retour du Christ. Mais comment attendre ?

D’abord dans la foi. Comme dit l’auteur de la lettre aux Hébreux, « la foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. » Que le Seigneur augmente notre foi ! 

Donc dans la confiance, car le Seigneur se manifestera avec une grande générosité : « c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. » Que le Seigneur augmente notre confiance ! 

Mais cela nous engage aussi à attendre avec un coeur renouvelé. Le CEC 1041 précise : « Le message du Jugement dernier appelle à la conversion pendant que Dieu donne encore aux hommes « le temps favorable, le temps du salut » (2 Co 6, 2). »

Enfin, vivons cette attente joyeuse en présence de Jésus, selon ce qu’il nous promet, ce sont les derniers mots de l’évangile de st Matthieu : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).

Demandons tout cela à saint Hippolyte ! Une plus grande foi, une plus grande confiance, le courage de convertir en nous ce qui n’est pas amour, et enfin un vif sentiment de la présence de Jésus dans nos vies

Comme le chante le psalmiste : « Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier. »

Amen !