Le Père Louis Brochier “est parti dire son chapelet”
  • Post published:2 décembre 2011

Ce vendredi 2 décembre, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri a présidé les obsèques du Père Louis Brochier en l’église Saint-André-des-Cordeliers. Un grand nombre de prêtres du diocèse était présents pour accompagner leur confrère en sa dernière demeure. Une célébration simple et digne, en présence de la famille, d’anciens paroissiens, et de membres de la Maison Saint-Marcellin.

Ci-dessous quelques photos et l’homélie du Père Jean-Michel Bardet.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, les prêtres et les diacres entourent de leur prière le Père Louis Brochier
Une assemblée nombreuse et recueillie, pour une célébration simple et digne
 
"Nous te recommandons, Seigneur, ton serviteur Louis (...). Maintenant qu'il a rempli sa mission de rassembler ton peuple et d'annoncer l'Evangile, donne-lui de rencontrer dans la gloire celui qu'il a cherché avec ses frères."
 
Christian Brochier présente son oncle, huitième enfant d'une fratrie de dix, ayant donné trois prêtres et une religieuse
 
Claire Brochier, petite-nièce du Père Louis Brochier, dépose un crucifix sur le bréviaire de son grand-oncle
 
Eric Blanchard, qui sera ordonné prêtre le 15 janvier prochain, dépose l'aube sur le cercueil
 
Mgr Bruno Belmont, qui a été ordonné le même jour que le Père Louis Brochier, à l'instar du Père Paul Engilberge, dépose l'étole presbytérale
 
Candide Penault, baptisée à l'âge adulte par le Père Louis Brochier, allume le cierge à partir du Cierge pascal
 
Le Père Jean-Michel Bardet prononce l'homélie(voir texte ci-dessous)
 
Cécile Disdier lit les intentions de la prière universelle : "Accueille au creux de tes mains, la prière de tes enfants."

 

"Ceci est mon corps, livré pour vous", paroles que le Père Louis Brochier a dit à chaque messe "en la personne du Christ Tête"
 
Le Père Elie Mathieu se préparant à communier
 
Chantal Rapin rappelle les promenades en montagne
 
"Encore sur sa porte, on peut lire écrit de sa main tremblante : "est parti dire le chapelet"", confie Marie-Antoinette Vicente, de la Maison Saint-Marcellin
 
Mgr Jean-Michel di Falco Léandri encense et...
 
...bénit le corps, temple de l'Esprit Saint appelé à ressusciter
 
Les prêtres et les diacres bénissent le Père Louis Brochier...
 
...puis les fidèles, en commençant par les proches

 

Homélie du Père Jean-Michel Bardet

Père Brochier, vous êtes sans doute, parmi tous nos frères aînés dans la foi et dans le sacerdoce au sein du presbyterium de Gap et d’Embrun, celui qu’il ne m’a pas été donné de bien connaître, même si nous avions partagé avec émotion et confiance en 2006 ce moment des funérailles de notre frère Marcel.

Et vous n’avez jamais failli, chaque fois que nous nous rencontrions au foyer Saint-Marcellin, de me remercier chaleureusement pour ce temps de prière, de célébration que nous avions partagé alors.

Ces remerciements, vous saviez les adresser à tous, comme un chant d’action de grâce qui traversait lumineusement les personnes, pour s’élever vers Celui qui est source de toute bonté, et à qui vous avez consacré votre vie.

Vous êtes donc un de ceux que je connais le moins, mais cependant, il ne fait aucun doute que vous êtes façonné de la même terre que celle dans laquelle nos anciens sont pétris.

Trois mots jaillissent de l’Ecriture – et de la lettre de Saint-Paul en particulier – illustrant ce qui qualifierait « l’être prêtre » de Louis, tout autant que « l’être » de ses frères d’une même génération – frère de sang ou frère par l’ordination :

– Transmission
– Fidélité
– Espérance

Il n’est rien, dans ce qu’un prêtre peut donner par son ministère, qui ne soit d’abord reçu. Et ce qui charpente la fécondité d’un ministère, c’est cet acte de transmission.

« Avant tout, je vous ai transmis ce que j’ai moi-même reçu. »

Transmission de cette histoire d’Alliance entre Dieu et chaque être humain ; transmission d’un amour infini qu’il vous brûlait de faire connaître auprès de celles et ceux vers qui vous étiez envoyé.

Fidélité : fidélité dans le rappel constant de cette Bonne Nouvelle.

L’annonce de la foi et l’acte de foi ne deviennent crédibles que lorsqu’ils se vivent fidèlement, lorsqu’ils insistent à temps et à contretemps, lorsqu’ils ne craignent pas d’affronter l’adversité, l’indifférence ou la longueur des années.

C’est cette constante et confiante sincérité qui donne corps, petit à petit, à une foi vécue, une foi généreuse, au point qu’il arrive que certains s’émerveillent en s’écriant : « J’ai vu Dieu dans un homme ».

Enfin, ce mot d’Espérance.

Et nous évoquons le ministère de Louis comme aumônier d’hôpital, sur ces lieux de souffrance, de douleur où l’Espérance est désirée, attendue.

Présence du prêtre qui sait consoler, s’efforce d’apaiser et d’ouvrir un chemin d’Espérance :

« Cet évangile, ce Jésus Sauveur, vous l’avez reçu ; restez-y attaché : vous serez sauvé par lui ».

Ainsi cette Transmission Fidèle de l’Espérance me semble bien correspondre à ce qu’a été la vie d’homme, de croyant, et la vie sacerdotale de Louis Brochier.

Mais, vous le savez  – et je crois que c’est la première chose que l’on m’a dit de Louis ces jours derniers (et ceci plusieurs fois d’affilée) – nous ne pouvons pas oublier cette amitié de Louis pour Marie.

Plus qu’une amitié, plus qu’une dévotion, véritablement une filiation telle que l’Evangile de Jean nous donne à le comprendre :

« Femme voici ton fils ; puis il dit au disciple : Voici ta Mère.
Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui ».

La vie de Louis aura été soutenue, habitée par la présence et la figure de Marie.

On découvre dans la figure de Marie le vrai visage de l’Eglise, et on imagine alors comment cet attachement à Marie a pu fortifier Louis dans sa consécration au Christ au cœur même de l’Eglise.

Trois mots : Transmission, Fidélité, Espérance.

Deux amours : le Christ et Marie.

Toute une vie donnée, offerte, dans une confiance et un abandon à l’Amour du Père.

Et nous ne pourrons pas laisser Louis partir vers le Père sans le confier à Marie.

Nous le ferons tout à l’heure en la « Saluant ».

Nous le faisons déjà à travers ces trois invocations qui concluent la prière de consécration de Louis-Marie Grignion de Montfort.

O Mère admirable, présentez-moi à votre cher Fils en qualité d’esclave éternel, afin que m’ayant racheté par vous il me reçoive par vous.

O Mère de miséricorde, faites-moi la grâce d’obtenir la vraie sagesse de Dieu, et de me mettre pour cela au nombre de ceux que vous aimez, que vous enseignez, que vous conduisez, que vous nourrissez et protégez comme vos enfants et vos esclaves.

O Vierge fidèle, rendez-moi en toutes choses un si parfait disciple, imitateur, et esclave de la Sagesse incarnée, Jésus-Christ votre Fils, que j’arrive, par votre intercession, à votre exemple, à la plénitude de son âge sur la terre et de sa gloire dans les cieux.

Ainsi soit-il.

Cet article a 4 commentaires

  1. Ghislaine

    Merci à tous les Prêtres, de nous tenir informés, de bonnes, comme de plus tristes nouvelles. Je me permets de me joindre à vos prières, pour le repos de l’âme du prêtre disparu .

  2. Nicole MARTIN-PREVEL

    Merci pour cet article et cette belle homélie . Cher Père Brochier, mus avons travaillé ensemble plusieurs fois; je n’ai jamais oublié cette fête anticipée du 15 août à la maison de retraite de La Saulce, et ce bonheur de nous retrouver au Laus. Merci à lui de nous avoir montré le Christ et d’avoir autant aimé Marie. Un bon exemple pour chacun de nous!

  3. Grimaldi Marie José

    J’aurais aimé le connaître. Très belle homélie Père jean- Michel.

  4. christiane brucker

    merci de m’avoir permis grâce à l’ordi de lire l’homélie & de voir les photos de cet A-Dieu auquel je n’ai pu être qu’en pensée & prières avec vous, avant d’aller dormir.

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