Lorsque j’ouvre une enveloppe qui m’est
personnellement adressée, je regarde la signature au bas de la lettre. Si elle est anonyme, je la mets directement au panier. A quoi bon accorder de l’attention à de lâches rédacteurs ? Ils
prétendent souvent s’exprimer au nom de Jésus-Christ et pour l’unité de l’Eglise en pratiquant l’insulte ou la menace et en distillant la haine.

 

Fait rarissime, j’ai lu jusqu’au bout la
lettre anonyme dont vous pouvez prendre connaissance ci-dessous. J’ai voulu cette fois-ci répondre même si je doute que cela serve à quelque chose : il n’y a pas de pires sourds que
ceux qui ne veulent pas entendre ! Ne pouvant m’adresser directement aux auteurs qui profitent du mardi gras et de la période du carnaval pour se parer de masques, je ne puis faire qu’une
réponse publique.

 

Que me reproche t-on ? Je cite les termes
de la lettre. «  La prise en charge par le diocèse d’un intégriste a surpris et mécontenté beaucoup de monde. » De qui s’agit-il en fait ? D’un prêtre qui célèbre la messe
pour la Communauté Saint Pie V. Celui-ci travaille aux archives diocésaines à mi-temps. Il participe aux réunions du Conseil presbytéral du doyenné de Gap, il est toujours présent aux
rassemblements diocésains. Il concélèbre chaque fois que l’occasion se présente. Je lui ai confié la charge de la Communauté Saint Pie V dans le cadre de l’application du « Motu
Proprio » tel que le Pape l’a demandé. Depuis, cette communauté qui vivait en marge du diocèse, participe à la vie pastorale sans se sentir ni rejetée, ni jugée, ni injustement traitée
« d’intégriste ». Les responsables ont accepté que la Communauté Saint Pie V, sans être paroisse, ait le même statut que les paroisses du diocèse sur le plan financier. Elle participe
ainsi, de fait, financièrement à la vie du diocèse. J’ajoute que ce prêtre et les responsables de la Communauté Saint Pie V entretiennent des relations loyales avec l’évêque, le vicaire général
et les prêtres du doyenné de Gap. Qu’y a-t-il d’anormal à prendre en charge ce prêtre au même titre que les autres prêtres du diocèse ? Anormal, serait-ce la réponse que des baptisés
auraient à donner à la dernière prière du Christ : « Père, qu’ils soient un comme toi et moi, nous sommes un » !   Cette prière du Christ est la prière de
tout évêque. C’est une prière audacieuse et risquée. Elle engage une charge de tous les jours. De quel droit mettrions-nous hors de la communion des baptisés qui, certes avec une sensibilité
liturgique propre, sont en pleine communion avec l’Eglise ?

 

Je cite encore : « Dans le débat des
critiques ont été formulées contre vous.
(Le contraire m’aurait étonné. J’ai dans ce domaine une grande expérience !) Les plus jeunes les ont résumées comme ceci : c’est par
ambition qu’il fayote avec Benoit XVI ! Ce qui a entraîné que lui-même soit fortement mis en cause, ce qui n’avait pas encore été fait entre nous. »
Si mettre en application ce
qu’a demandé Benoit XVI dans le « Motu Proprio » c’est « fayoter », alors nous sommes plus d’une centaine d’évêques en France à  « fayoter ». Quand tout le
monde fayote il y a peu de chance de tirer bénéfice de son fayotage ! Quelle naïveté, quelle méconnaissance de l’Eglise révèlent de tels propos. Croient-ils sérieusement que Benoit XVI est
informé de ce qui se passe dans notre petit diocèse de montagne ?

 

Si les rédacteurs de cette lettre anonyme se
donnent la peine de lire mes déclarations suite aux événements qui ont marqué la vie de l’Eglise l’année dernière (voir le blog du diocèse), ils constateront que mon ambition, si ambition il y
avait, est plutôt compromise. L’ambition bâillonne la liberté et je tiens à la mienne. Qu’ils aillent voir sur Internet comment j’ai été traité. Je ne parlerai pas de la distribution dans le
diocèse de tracts injurieux et calomnieux me concernant. Cela pour avoir dit, lors d’une interview à la radio, pendant le voyage du Pape à Lourdes, que les évêques feraient ce qu’ils jugeraient
nécessaire pour l’application du « Motu Proprio » dans leur diocèse mais qu’ils refusaient l’instrumentalisation de la messe en latin comme étendard emblématique d’une idéologie dans
laquelle un chrétien ne peut se retrouver.

 

Ce qui me rassure c’est que je suis un
sinistre intégriste pour les uns et un dangereux progressiste pour d’autres.

 

Je cite encore : « Il nous a
paru loyal
(loyal en étant anonymes ? Où est la loyauté quand elle renonce au courage ?) de vous avertir car cela bouillonne à plusieurs endroits dans le diocèse. »
Si cela bouillonne dans le diocèse, ma porte est grande ouverte pour une rencontre. Mais j’aimerais que cela bouillonne pour d’autres choses que des mesquineries signes d’une attristante
étroitesse d’esprit.  Que ça bouillonne donc pour la mise en œuvre des orientations synodales, pour les vocations, pour la catéchèse, pour l’animation pastorale des petites communautés les
plus isolées, pour accompagner les prêtres dans un ministère chaque jour plus difficile ! Que ça bouillonne pour se montrer accueillant et attentif pour celles et ceux que la vie malmène,
celles et ceux qui ont trop souvent le sentiment que l’Eglise les rejette et les condamne, ceux qui sont blessés dans leur corps et dans leur cœur. Sans juger, en aimant tout
simplement.

 

Lorsque les rédacteurs de la lettre
écrivent : « A plusieurs nous nous sommes concertés. Si pourvu qu’ils fassent amende honorable, nous souhaitons tous que les séparatistes rejoignent notre église… » Mais
pour qui se prennent-ils ? Qu’ils rendent vivantes et accueillantes les communautés auxquelles ils appartiennent pour donner envie de les rejoindre.
A
lire cette lettre, qui pourrait être celle d’une secte, j’avoue que si je n’étais pas évêque, avec le devoir d’être accueillant pour tous, je n’aurais aucune désir de les
rejoindre.

 

Enfin, quant au prêtre dont les propos sont cités, je ne retiendrai que la dernière phrase : « Heureusement qu’il y a
Jésus-Christ ! »
Oui, heureusement il y a Jésus-Christ. Après avoir réduit en « cendres » nos mesquineries, puissions-nous nous inspirer toujours davantage de son
exemple. Voilà une bonne résolution pour l’entrée en Carême, non ?

 

 

Gap, le 15 février 2010

 

                                                                      

+ Jean-Michel di
FALCO LEANDRI
    Evêque de Gap et d’Embrun

                      
                                                    
                 

                                                                                                 

Lettre anonyme



Cet article a 5 commentaires

  1. M.F. Monseigneur, Consternée ,chagrinée, je tenais à vous dire qu'il existe des amis qui vous aime ,vous soutiennent dans leur prière, enregistrent vos homélies avec joie ,sont de tout cœur avec vous , vous apprécient et vous remercient pour tout c

    Vous avez eu raison de répondre comme vous l’avez fait. Jésus-Christ
    n’aurait pas agi autrement: accueillir toutes les brebis qui L’aiment et veulent se rapprocher de Lui.

    Cela ne fait pas longtemps que j’ai compris cela: que Jésus nous aime Tous sans discrimination!
    Voilà encore des sépulcres blanchis qui ne savent pas de quoi ils parlent. Heureusement Jésus-Christ là haut sait ce qu’il y a au fond du coeur de chacun. Il n’y a que Lui qui a le droit de
    porter un jugement!

    Une brebis prodigue!

    Commentaire n°3 posté par Odile Thomas B.

    Voulez-vous avoir la gentillesse de dire à notre cher Monseigneur di
    Falco
    que nous n’avons jamais entendu dire du mal de lui dans notre Queyras ! Il est près de nos
    coeurs, comme vous cher Vicaire, et nous le respectons beaucoup.
    Cette horrible lettre non signée est malheureusement l’oeuvre d’esprits criminels qui,
    quelle honte, se revendiquent du Christ. Pauvre Jésus ! Consolez Monseigneur di Falco : il
    est en butte à la souffrance morale qu’infligent avec plaisir les adeptes du Mal, mais en
    cela il souffre comme le Christ.
    Avec mes respectueuses salutations, et le meilleur souvenir de vos visites dans le Queyras,

  2. Michel FATON

    J’ai lu et…  je crois rêver… Des gens qui se prévalent d’appartenir à la communauté chrétienne n’ayant même pas la franchise de signer leur écrit, effectivement… ceux là ont un grand besoin de la force du Très Haut pour les aider à assumer leurs responsabilités… ce qu’ils ne font pas là en masquant leur identité ( c’est vraiment bas…très bas). Je concois personnellement que tout un chacun puisse avoir un quelconque grief à l’encontre de qui que ce soit mais alors soit on le tait, soit on l’authentifie… Je ne prends part aucunement à une quelconque polémique sur la thématique de l’écrit… qui me dépasse… je ne suis pas dans le “secret des Dieux”…mais je m’insurge seulement et EXCLUSIVEMENT sur le caractère anonyme de l’écrit car ce sont ces gens qui crachent leur venin de cette façon irresponsable qui ont accaparé tellement d’heures de travail dans ma profession, heures que j’aurais justement pu mettre évidemment plus généreusement à profit  pour mettre à disposition avec mes moyens modestes, mon temps et mon énergie injustement galvaudés, au service de celles et ceux qui en avaient besoin… Que de temps gaché et de contrariétés engendrées par le fruit d’une telle bassesse… et je doute qu’un jour … ceux là… finissent finalement par s’identifier…à moins qu’ils aient été effectivement touchés par “la grace” et acceptent l’adage ” faute avouée est à demi pardonnée”… mais en tout état de cause… Dieu reconnaitra les siens…. ça c’est ma conviction. Bien à vous toutes et tous… God bless..

  3. Anne-Laure Bayart

    Vous avez eu raison de répondre comme vous l’avez fait. Jésus-Christ n’aurait pas agi autrement: accueillir toutes les brebis qui L’aiment et veulent se rapprocher de Lui.

    Cela ne fait pas longtemps que j’ai compris cela: que Jésus nous aime Tous sans discrimination!
    Voilà encore des sépulcres blanchis qui ne savent pas de quoi ils parlent. Heureusement Jésus-Christ là haut sait ce qu’il y a au fond du coeur de chacun. Il n’y a que Lui qui a le droit de porter un jugement!

    Une brebis prodigue!

  4. Anne-Laure Bayart

    J’ai lu et…  je crois rêver… Des gens qui se prévalent
    d’appartenir à la communauté chrétienne n’ayant même pas la franchise de signer leur écrit, effectivement… ceux là ont un grand besoin de la force du Très Haut pour les aider à assumer
    leurs responsabilités… ce qu’ils ne font pas là en masquant leur identité ( c’est vraiment bas…très bas). Je concois personnellement que tout un chacun puisse avoir un quelconque grief à
    l’encontre de qui que ce soit mais alors soit on le tait, soit on l’authentifie… Je ne prends part aucunement à une quelconque polémique sur la thématique de l’écrit… qui me dépasse… je
    ne suis pas dans le “secret des Dieux”…mais je m’insurge seulement et EXCLUSIVEMENT sur le caractère anonyme de l’écrit car ce sont ces gens qui crachent leur venin de cette façon
    irresponsable qui ont accaparé tellement d’heures de travail dans ma profession, heures que j’aurais justement pu mettre évidemment plus généreusement à profit  pour mettre à disposition
    avec mes moyens modestes, mon temps et mon énergie injustement galvaudés, au service de celles et ceux qui en avaient besoin… Que de temps gaché et de contrariétés engendrées par le fruit
    d’une telle bassesse… et je doute qu’un jour … ceux là… finissent finalement par s’identifier…à moins qu’ils aient été effectivement touchés par “la grace” et acceptent l’adage ”
    faute avouée est à demi pardonnée”… mais en tout état de cause… Dieu reconnaitra les siens…. ça c’est ma conviction. Bien à vous toutes et tous… God bless..

  5. M.F. Monseigneur, Consternée ,chagrinée, je tenais à vous dire qu'il existe des amis qui vous aime ,vous soutiennent dans leur prière, enregistrent vos homélies avec joie ,sont de tout cœur avec vous , vous apprécient et vous remercient pour tout c

    Vous avez eu raison de répondre comme vous l’avez fait. Jésus-Christ
    n’aurait pas agi autrement: accueillir toutes les brebis qui L’aiment et veulent se rapprocher de Lui.

    Cela ne fait pas longtemps que j’ai compris cela: que Jésus nous aime Tous sans discrimination!
    Voilà encore des sépulcres blanchis qui ne savent pas de quoi ils parlent. Heureusement Jésus-Christ là haut sait ce qu’il y a au fond du coeur de chacun. Il n’y a que Lui qui a le droit de
    porter un jugement!

    Une brebis prodigue!

    Commentaire n°3 posté par Odile Thomas B.

    Voulez-vous avoir la gentillesse de dire à notre cher Monseigneur di
    Falco
    que nous n’avons jamais entendu dire du mal de lui dans notre Queyras ! Il est près de nos
    coeurs, comme vous cher Vicaire, et nous le respectons beaucoup.
    Cette horrible lettre non signée est malheureusement l’oeuvre d’esprits criminels qui,
    quelle honte, se revendiquent du Christ. Pauvre Jésus ! Consolez Monseigneur di Falco : il
    est en butte à la souffrance morale qu’infligent avec plaisir les adeptes du Mal, mais en
    cela il souffre comme le Christ.
    Avec mes respectueuses salutations, et le meilleur souvenir de vos visites dans le Queyras,

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