• 22 juin 2011

Voici le témoignage du Père Manuel Musallam, curé de l’église latine de Gaza. Ce message a été
adressé lors de la prière œcuménique pour la paix et la justice, organisée à Jérusalem, le dimanche 18 janvier 2009.
Nous vous présentons ce témoignage poignant de ce curé de paroisse plongé au coeur du conflit
israélo-palestinien, vous invitant à prier en communion avec les chrétiens de Gaza pour demander la paix.


Pour approfondir le sujet et suivre cette actualié avec un regard différent, celui de ceux qui vivent ces
événements au coeur de leur quotidien, vous pouvez également consulter le site des Franciscains de Terre-Sainte, en cliquant ci-dessous :

www.custodia.org/?page=splash




Vue de la bande de Gaza



Une religieuse priant dans l’église latine de Gaza
Le conflit Israélo-Palestinien racconté par le curé de la
paroisse latine de Gaza


 

La grâce de notre Seigneur Jésus Christ,
l’amour de Dieu le Père
et la communion de l’Esprit Saint
soient avec vous tous.


De la vallée des larmes, depuis Gaza, trempée de sang, où un million et demi de personnes se sont vues
priver de la joie qu’elles avaient naguère dans leurs cœurs, je vous envoie ces mots de foi et d’espoir. Le mot amour est une parole que, pas même nous chrétiens, n’osons prononcer, pas même
pour nous-mêmes. Aujourd’hui, les prêtres de l’Eglise hisse le drapeau de l’espoir. Puisse Dieu avoir miséricorde et pitié de nous et conserver un reste à Gaza. Puisse-t-il ne pas éteindre la
lumière du Christ qui a été allumée par le diacre Philippe au temps de l’Eglise primitive. Puisse la compassion du Christ être ce qui réveille notre amour pour Dieu qui se trouve pour l’instant
comme un patient dans l’unité de soins intensifs d’un hôpital.


En tant que prêtre et que père, je vous porte l’effroyable nouvelle de la mort d’une fille bien-aimée qui
fréquentait la classe de dixième à l’Ecole de la Sainte Famille et qui est la première victime chrétienne de cette guerre : Christine Wadi’ Al-Turk


Christine est morte dans la matinée du samedi 2 janvier 2009 de peur et de froid. Les fenêtres de sa maison
étaient ouvertes pour protéger les enfants des éventuels éclats de verres pouvant voler et lorsque les missiles passaient au-dessus de sa maison et que ses voisins sont tombés, victimes des
attaques israéliennes, son corps entier tremblait de peur. Lorsqu’elle n’a plus pu le supporter, elle a pleuré sur l’épaule de son Créateur et Lui a demandé une maison et un abri sans cris,
sans pleurs ou hurlements mais rempli de joie et de bonheur.


Mes frères et sœurs dans le Christ Jésus, ce que vous voyez et entendez sur vos écrans de télévision n’est
pas la complète et pénible vérité de ce qui arrive à nos populations à Gaza. Leurs souffrances sont si grandes de par le pays qu’aucune télévision et aucune radio ne peut rendre compte de leur
complète réalité. Le siège brutal de Gaza est une tempête qui s’accroît d’heure en heure ; il ne s’agit pas seulement d’un crime de guerre mais d’un crime contre l’humanité. Aujourd’hui, la
population souffrante de Gaza lance un appel à la conscience de tout être humain de bonne volonté mais le cas sera bientôt décidé par notre Dieu juste.


Les enfants de Gaza dorment avec leurs familles dans les entrées de leurs maisons (s’ils en ont une) ou
dans les toilettes, afin de se protéger. Ils tremblent de peur à chaque bruit, à chaque mouvement et à chaque violente attaque des F-16. S’il est vrai que, pour l’heure, les F-16 ont visé la
plupart du temps les quartiers généraux du gouvernement et de Hamas, ceux-ci se trouvent dans une zone résidentielle à six mètres d’habitations communes, la distance minimale requise par la loi
en matière de construction. C’est pourquoi les résidences de la population commune sont affectées de manière importante par la violence et que cela conduit à la mort de nombreux enfants. Nos
enfants souffrent de traumatismes, d’anxiété, de sous-alimentation, de malnutrition, de pauvreté et du manque de chauffage.


La situation dans les hôpitaux est déplorable à un point indescriptible. Nos hôpitaux n’étaient pas équipés
de manière correcte avant la guerre et désormais ils sont remplis de centaines de blessés et de malades, au point que les opérations sont réalisées dans les halls des hôpitaux et que de
nombreux patients sont envoyés en Egypte par le poste frontière de Rafah. Certains d’entre eux ne reviennent pas parce qu’ils décèdent en chemin. Les conditions dans les hôpitaux sont
horribles, déchirantes et conduisent à l’hystérie.


Je voudrais vous raconter une petite histoire à propos de ce qui est arrivé dans un hôpital à la
famille Abdul-Latif. L’un de ses enfants disparut au cours de la première attaque et ses parents passèrent les deux premiers jours de la guerre à le chercher mais ils ne le trouvèrent pas. Le
troisième jour, alors que la famille se trouvait à pied aux alentours d’un hôpital, elle rencontra quelques personnes de la famille Jarada rassemblées autour d’un jeune garçon défiguré et
blessé qui avait été amputé d’une jambe. Son visage était déformé non pas du fait des attaques de F-16 qu’il avait enduré mais parce que des morceaux de verre étaient tombés sur lui lorsqu’une
partie de l’hôpital avait été attaqué. La famille Abdul-Latif s’approcha des Jarada pour les consoler. Quand elle atteignit le jeune blessé, M. Abdul-Latif réalisa qu’il s’agissait de son fils
et non pas de celui de la famille Jarada. Les familles discutèrent l’une l’autre à propos de la question et attendirent que le garçon se réveille et leur dise qui il était afin qu’il puisse
être pris en charge par la famille Abdul-Latif.


Je ferai en sorte que ma lettre reste brève. J’élève nos souffrances vers Dieu comme je vous les ai
présentées. Nos populations à Gaza sont traitées comme des animaux dans un zoo ; elles n’ont pas assez à manger et elles pleurent mais personne ne sèche leurs larmes. Au lieu de l’eau, de
l’électricité et de la nourriture, elles n’ont que la peur, la terreur et les restrictions. Hier, le boulanger a refusé de me donner du pain parce qu’il ne voulait pas me laisser manger quelque
chose qui a été fait avec de la farine ne convenant pas à la consommation humaine – qu’il a commencé à utiliser quand est venue à manquer la bonne farine – afin de ne pas insulter mon
sacerdoce. J’ai fait le vœu de ne pas manger de pain pour le reste de la guerre.


Nous désirons que vous priiez Dieu avec ferveur et de manière continue et que vous mentionniez les
souffrances de Gaza devant Dieu lors de chaque Messe ou à l’occasion de chaque service. J’envoie de courtes lettres avec l’Ecriture à la communauté chrétienne ici afin de porter l’espoir dans
leurs cœurs. Nous avons tous été d’accord pour dire la prière suivante au début de chaque heure : « O Dieu de Paix, comble-nous de paix. O Dieu de Paix, porte la paix dans notre pays. Ait pitié
de notre peuple, O Seigneur, et ne soit pas irrité contre nous pour toujours ». Je vous demande de vous mettre debout maintenant et de dire cette même prière.


Vos prières unies aux nôtres agiteront le monde, lui montrant que tout type d’amour qui ne comprend pas nos
frères et sœurs de Gaza n’est pas l’amour du Christ et de Son Eglise qui ne laisse par des obstacles religieux et sociaux ni même des guerres se dresser sur son chemin. Quand votre amour se
sera étendu à nous tous, ici, à Gaza, cela nous permettra de nous rendre compte que nous sommes une part indispensable de l’unique Eglise universelle du Christ. Les musulmans parmi nous sont
nos frères et nos sœurs. Nous partageons avec eux leurs joies et leurs souffrances. Nous sommes un seul peuple, le peuple de Palestine.


Malgré tout ce qui se passe, nos populations de Gaza rejettent la guerre comme moyen pour parvenir à la
paix et insistent sur le fait que le chemin de la paix est la paix elle-même. Nous, à Gaza, nous sommes patients et nous avons décidé que nous n’avons pas d’autre choix que l’esclavage ou la
mort pour notre pays. Nous voulons vivre afin de pouvoir louer Dieu en Palestine et de témoigner le Christ – nous voulons vivre pour la Palestine et non mourir pour elle – mais si nous devons
mourir, alors nous mourrons de manière honorable et courageuse.


Prions tous ensemble pour la vraie paix que seul le Christ donne. Puissent les loups et les agneaux un jour
vivre ensemble et les taureaux et les louveteaux brouter ensemble et les enfants être capables de mettre leurs mains dans la gueule des serpents sans en être blessés.


Et que la paix du Christ « dans lequel vous êtes appelés à être un seul corps » soit avec vous et vous
protège. Amen.


                                                           Votre frère,
Père Manuel Musallam

Prêtre de la Sainte Famille, Gaza

 
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Communiqué de presse
Paris, mercredi 14 janvier
2009

 
 

Gaza :
une folie meurtrière qui ne doit pas être récupérée.


Les événements qui se déroulent depuis plusieurs semaines à Gaza sont effroyables !


Ni le terrorisme, ni la riposte militaire disproportionnée ne sont des issues acceptables.

 

L’escalade guerrière et la violation du droit humanitaire sont des folies condamnables.

 

Toute récupération visant une importation du conflit sur notre territoire national doit être dénoncée.
Propager la violence en France ne ferait pas progresser la paix à Gaza.

 

Comme tous les hommes épris de justice et de paix, les catholiques de France sont meurtris et
mobilisés. 

 

De nombreuses initiatives de prières et d’actions sont engagées dans les diocèses.

 

Avec leurs frères de confessions chrétienne, juive et musulmane, les évêques de France mettent tout en
œuvre pour favoriser le dialogue et le respect mutuel. Ils s’unissent aux appels du pape et de la communauté internationale en faveur d’un cessez-le-feu. 

 

Ils sont solidaires de la demande insistante de Mgr Twal, patriarche latin de Jérusalem, souhaitant que
l’Europe soit « un pont au service de la paix ». 

 

                                                           Conseil permanent
de la Conférence des évêques de France

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Cet article a 1 commentaire

  1. bonsoir,
    je ne suis pas au bon endroit pour t’inviter à   visiter le forum ” le champ du monde ”  mais il est vraiment sympa et il y a de nouveaux sujets…
    Amicalement lady m

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