Les évêques d’Europe appelent à voter : “Nous avons trop à perdre si le projet européen venait à se disloquer”

Les évêques de la COMECE, Commission des Épiscopats de la Communauté européenne, ont rédigé une déclaration en vue des élections européennes 2014. Extraits…

Du 22 au 25 mai 2014, nous serons appelés à élire les députés qui siègeront au Parlement européen. Le résultat de ces élections déterminera la nature de la législature pour l’Union européenne dans les cinq prochaines années et aura des implications majeures pour ceux qui dirigent l’Union européenne.

[…] En tant qu’évêques de la COMECE, nous estimons qu’il est de notre devoir de proposer des orientations à l’électeur/électrice européen(ne) pour qu’il/elle forme sa conscience. Pour ce faire, nous souhaitons attirer leur attention sur des questions importantes en les examinant à la lumière de la pensée sociale de l’Église.

[…] Pour commencer, nous souhaiterions attirer l’attention sur quelques considérations d’ordre général :

1. Voter est un droit et un devoir pour chaque citoyen de l’Union européenne […].

2. Il est important que les candidats et les députés qui se représentent pour un mandat au Parlement européen soient conscients des dommages collatéraux causés par la crise économique et bancaire qui a débuté en 2008. […]

3. Le message chrétien est un message d’espoir. Nous croyons que le projet européen est inspiré par une vision noble de l’homme. Chaque citoyen, chaque communauté et même chaque État-nation doit être capable de mettre de côté ses intérêts particuliers en vue de la poursuite du Bien commun. […].

4. La Tempérance est l’une des vertus naturelles au coeur de la spiritualité chrétienne. Une culture de retenue doit guider l’Economie sociale de marché et les politiques de l’environnement. Nous devons apprendre à vivre avec moins et, par là même, veiller à ce que les personnes qui vivent dans la vraie pauvreté obtiennent une meilleure part.

Nous aimerions également attirer l’attention de nos concitoyens sur certains domaines spécifiques des politiques de l’Union européenne :

1. Il faut veiller à ce que les démarches de plus en plus nombreuses visant à l’unité au sein de l’UE ne sacrifient pas le principe de subsidiarité, qui est le pilier de cette famille d’États nations unique au monde que représente l’Union européenne ; ni ne compromettent les traditions bien établies qui prévalent dans tant d’États membres.

2. Un autre pilier de l’Union européenne, qui est également un principe de la doctrine sociale de l’Église, est celui de la Solidarité. Ce principe devrait guider les politiques menées à tous les niveaux de l’Union européenne, entre nations, régions et groupes de population. Il nous faut construire un monde nouveau, qui soit centré sur la solidarité.

3. Il est fondamental de rappeler qu’à la base de toute politique sociale et économique se trouve une vision de l’homme enracinée dans un profond respect de la dignité humaine. La vie humaine doit être protégée de la conception à la mort naturelle. La famille, qui est la composante de base de la société, doit bénéficier de la même protection.

4. L’Europe est un continent en mouvement et la migration − qu’elle soit interne ou venant de l’extérieur de l’Europe − a un impact sur la vie des personnes et de la société. L’Union européenne a une frontière extérieure commune. La responsabilité de l’accueil et de l’intégration des migrants et demandeurs d’asile doit être partagée proportionnellement entre les États membres. Il est crucial de traiter avec humanité les migrants à leur arrivée et que leurs droits humains soient scrupuleusement respectés, et que par conséquent, tous, y compris les Églises, s’efforcent de garantir une intégration réussie dans les sociétés d’accueil sur le territoire de l’Union.

5. Nous sommes les gardiens de la création et nous devons accroître notre détermination à respecter et atteindre les objectifs d’émissions de CO2, à promouvoir une conception globale des changements climatiques, à adopter une approche plus écologique et nous devons exiger que la durabilité devienne un élément fondamental de toute politique de croissance ou de développement.

6. La liberté religieuse est un élément fondamental d’une société tolérante et ouverte. Cette liberté comprend la liberté de manifester sa foi en public. Nous nous réjouissons de l’adoption de Lignes directrices de l’Union sur la promotion et la protection de la liberté de religion ou de conviction et nous espérons que le Parlement européen qui sortira des urnes intensifiera ses efforts en la matière.

7. Nous soutenons toutes les mesures qui peuvent être prises pour protéger un jour de repos commun hebdomadaire, qui est le dimanche.

8. Dans les cinq prochaines années, le changement démographique aura un impact encore plus profond sur l’Union européenne. Nous plaidons en faveur de nos concitoyens âgés, afin qu’ils aient accès au niveau et à la qualité de soins auxquels ils ont droit, et nous plaidons aussi pour la mise en place de politiques qui créent de nouvelles opportunités pour la jeune génération.

[…] Nous, les évêques catholiques, plaidons pour que le projet européen ne soit pas mis en danger ni abandonné sous la pression des contraintes actuelles. Il est impératif que nous tous – hommes et femmes politiques, candidats, parties prenantes − nous contribuions à forger de façon constructive le futur de l’Europe. Nous avons trop à perdre si le projet européen venait à se disloquer.

Enfin, il est essentiel que nous tous, qui sommes des citoyens européens, nous nous rendions aux urnes le 22-25 mai prochains. Nous, les évêques, nous vous enjoignons à voter suivant votre conscience préalablement bien formée.

Les évêques de la COMECE

Site internet de la COMECE

Cet article a 2 commentaires

  1. Messieurs les Evêques, l’ensemble des dispositions sont cohérentes à la vision de l’Europe qui se prépare à la suite de l’élection de dimanche prochain.
    le paragraphe 4 est important quant la liberté de culte, en particuliers la défense des valeurs chrétiennes : la défense de la religion chrétienne est bafouée dans les pays à majorité musulmane. (Liban, Egypte, Syrie, etc)
    Quant au repos du dimanche, chaque chrétiens peut se rendre à l’office religieux selon les horaires propsés par les communautés chrétiennes des paroisses.
    Mais nous sommes dans une économie de marché : la liberté du travail reste primordiale. Le commerce, les loisirs, la sécurité du territoire, demande à des milliers de salariés d’être à leur poste de travail. Est-ce un paradoxe afin de respecter le repos dominical ?
    Bonne élections européennes, votons pour la liberté des peuples en Europe et du partage des richesses avec les plus démunis.

  2. Rien que parce que les évêques français s’inquiètent de la dislocation de l’europe, il faut voter pour.
    Signé un diacre permanent

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