Les invités de la noce pourraient-ils faire pénitence 
pendant le temps où l’Époux est avec eux ?
(Mt 9, 15)

Le jeûne, acte essentiel du Carême, peut d’abord être contourné en étant détourné : jeûne de télévision, d’ordinateur, etc., et non pas de nourriture, ce qu’il est au sens propre. C’est refuser un acte incarné dont Jésus lui-même donne l’exemple.

Il peut ensuite être réduit à un acte ascétique de la vertu de tempérance. Il l’est. Mais il est beaucoup plus. Jésus en révèle le sens mystique en le reliant à sa présence. Se nourrir (ce qui est beaucoup plus que consommer) est un acte spirituel, pour celui qui voit dans l’aliment le premier don (en notre histoire, en celle de l’humanité, cf. Gn 2-3) et dans le don le Donateur. Le jeûne comme privation consentie et ressentie permet alors de prendre conscience que tout repas est un repas de noces où l’Époux s’invite. La grande souffrance de celui qui aime est d’être séparé de l’aimé. Or, si Dieu est toujours en notre présence, nous nous absentons de la sienne par notre péché. La frustration du jeûne exprime donc quelque chose de cette séparation. Offert par amour, il participe à la souffrance rédemptrice de l’Époux, pour nos péchés et ceux de nos frères.

Mgr Pascal Ide

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Méditation extraite du hors-série n° 27, Le compagnon de Carême, publié pour le Carême 2012 par la revue Magnificat.

Avec l’aimable autorisation de la revue Magnificat

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