En septembre 2009, soeur Brigitte
Perrin, de la Congrégation des Sœurs de la Providence de Gap, arrivait en Bolivie. Ci-dessous, des nouvelles venues de l’autre côté de l’océan :


Bien chères sœurs, amis et vous tous de la famille,

 

Brigitte 1
J’ai aussi mes bottes !

Oui les jours passent vite, trop vite parfois aussi. Déjà la fin juin est avec
nous. Pour vous les beaux jours et la chaleur, et pour nous le froid dans les maisons et la chaleur dehors. Trop de contraste. Nous sommes en Bolivie et toujours à plus de
4000.

 

J’espère que chacun est toujours bien animé par la force de l’Esprit pour la
vie soit plus forte que la mort. Merci pour les nouvelles que je reçois toujours avec joie, de France. Je peux aussi suivre la vie du diocèse de Gap et d’Embrun et de la paroisse Saint-Roch… Ca
bouge un peu, c’est bien parfois aussi pour se renouveler.

 

Brigitte 2

Que s’est-il passé depuis la Semaine Sainte, Pâques… des temps forts avec les
enfants surtout à la paroisse 14 de septembre où nous avons vécues la Semaine Sainte sur place, une aventure, une inculturation d’un peu plus près aussi.

 

Tous les jours nous avons eu un temps de catéchèse adapté aux âges de chacun,
vous avez deviné, oui, j’ai assuré la semaine avec les enfants en essayant de trouver une dynamique différente pour chaque jour de cette Semaine Sainte. Ils n’étaient pas très nombreux les
enfants, mais il faut voir surtout la persévérance de chacun. Les moyens pédagogiques sont importants pour chacun.

 

Brigitte 3
 A quoi servent
les bâtons de glace ?

Le Vendredi Saint après le chemin de croix, nous étions invitées à la paroisse
Saint-François d’Assise. Une tradition assez particulière de partage de repas. La tradition veut qu’il y ait quatorze plats différents pour rappeler les quatorze stations. En campagne cette
tradition se poursuit. En ville cela se perd un peu.

 

La veillée pascale a été d’une grande simplicité pour notre quartier. L’église
s’est tout de même remplie au fil de l’heure, car chacun arrive quand il veut… c’est ainsi pour toutes les églises ici.

 

Brigitte 4

 … et beaucoup d’ardeur…

Avec le groupe de femmes Aymara, nous avons commencé un travail un peu
laborieux pour elle : le jacquard. Si quelques unes ont réussi le tricot avec deux couleurs, ce n’est pas cas de toutes. Elles préfèrent le crochet parfois. J’ai essayé de leur apprendre à
faire des pochettes pour leur argent. Cela évide aussi d’acheter les pochettes. Bon c’est une expérience. Dans une grande simplicité elles sont assez fières de leur travail… et moi aussi. Une
fois par mois c’est un peu court. Nous faisons comme nous pouvons.

 

Brigitte 5Un autre moment super pour moi. Il se vit le
mercredi dans le village de Villandrani. Là le directeur nous a demandé d’apporter de la technologie. Ainsi pour le primaire, avec Soeur Teresa, nous enseignons la couture, le tricot, la
broderie. En CP, un petit garçon Aymara qui ne parle pas l’espagnol m’a trop fait rire un jour. Pour le rendre attentif, il faut se mettre devant lui et lui expliquer pour qu’il comprenne au
moins le « point avant » en couture. A un moment, il me touche les mains, presque inquiet et dit : « Tu dois te laver souvent les mains car elles sont blanches ! En plus
je suis super attentif aux conseils de Soeur Teresa… ». C’est ce que m’a traduit sa petite collègue qui comprend l’aymara. C’est vrai que lui a les mains bien noires. Il vit en campagne
donc souvent dehors cela se voit.

 

Je n’ai pas trop d’anecdotes. Mais maintenant que je possède un peu mieux la
langue, j’essaie d’être un peu plus attentive aussi à ce qui se dit. Ce n’est pas toujours évident.

 

Brigitte 6 Brigitte 7
 On arrive pour la fête paroissiale… c’était le 30 mai
2010

 Oui, c’est dehors… avec le soleil… bien
sûr…

 Brigitte 8
 Il ne faisait pas chaud, ce mars 2010 vers
16h…

Voilà quelques nouvelles. Le 26 juin ont commencé les vacances d’hiver pour au
moins quinze jours à cause du froid. Oui il augmente dans les maisons et nous le sentirons pour les deux mois qui viennent. Il faut donc se couvrir un peu plus. D’où la réflexion un soir en
sortant de la messe, une petite me dit : pourquoi tu t’habilles comme ça ? Elle juste avec deux pulls fins… les gens sont habitués… non pas tous. Cela m’a valu de nouveau un
refroidissement avec un peu de fièvre. Mais c’est aussi le changement de climat qui peut valoir.

 

Cela est en plus des « bestioles » que j’ai attrapé dans le corps.
Bon cela fait partie de la vie des étrangers ici. Rassurez-vous. Le traitement a réussi à les tuer rapidement. Je dois vivre seule maintenant sans compagnie intérieure… c’est
ainsi.

 

Nous le savons un peu : ne rien manger, ni boire à l’extérieur de la
communauté car nous sommes « fragiles » de santé. Bon tout se soigne et devons ainsi faire attention. Sinon, je vais super bien. Et vous pouvez me croire…

 

De tout cœur avec chacune et chacun, je vous embrasse.

 

         Brigitte

 

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