Dimanche 22 septembre, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri se trouvait à Veynes pour installer le père Éric Blanchard comme curé. La célébration fut suivie, dans la salle des fêtes, d’un déjeuner “tiré du sac” au cours duquel Mgr Jean-Michel di Falco Landri a remis la médaille du mérite diocésain à des paroissiens.

Ci-dessous quelques photos légendées, un diaporama et le texte de l’homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri.

 

L’assemblée dans l’église Saint-Sauveur de Veynes

Les musiciens

Les Sœurs de La Salette, installées à Serres

Présentation de l’encens

Mot d’accueil par Raymonde Foulon

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

Père Jean-Baptiste Tran, membre de l’équipe pastorale

Père Éric Blanchard, nouveau curé

Procession des offrandes

Prière eucharistique

Le père Jean-Baptiste Rougny, membre de l’équipe pastorale

Le père Jean-Pierre Mollon, curé à Laragne

Durant le “Notre Père”

À la sortie de la messe, avec la présence de soldats du 4e Régiment de Chasseurs, dont le père Éric Blanchard est l’aumônier

Banderole de “Bienvenue” dans la salle des fêtes

Remise d’un cadeau à Mgr Jean-Michel di Falco Léandri : un tableau intitulé “le train des Alpes”

Le père Éric Blanchard

La salle des fêtes, prête pour un déjeuner convivial

Remise de la médaille du mérite diocésain

Les heureuses récipiendaires présentes ce jour-là. De gauche à droite : Céline Bermond, Jeanine Placiard, Josiane Arnaud, Josette Michel, Nicole Arnoux, Ginette Bonnardel

 

Diaporama

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Homélie

Après la lecture de l’Évangile que nous venons d’entendre nous pouvons nous poser une question. L’honnêteté est-elle toujours récompensée ? On doute qu’elle le soit. L’argent fait tourner bien des têtes. Mais fort heureusement pas celle de tout le monde. Une histoire récente le montre. Je l’ai entendue à la radio et j’ai pu ensuite retrouver l’histoire sur internet. La voici telle que décrite par l’Agence France Presse :

Glen James, 54 ans, sans domicile fixe depuis 2005, a trouvé un sac à dos dans un centre commercial de Boston samedi dernier. Il contenait un passeport, 2400 dollars en liquide et près de 40 000 dollars en chèques de voyage. Il l’a immédiatement signalé à la police. Le chef de la police de Boston l’a personnellement remercié lors d’une cérémonie, où il lui a remis une «citation spéciale» pour son honnêteté. C’est moindre des choses non ?

Mais ce n’était pas assez pour Ethan, un comptable de 27 ans vivant en Virginie, qui a lancé lundi une collecte de fonds sur un site internet pour aider ce sans-abri qu’il ne connaissait pas.

Jeudi, la collecte a dépassé les 100 000 dollars, avec plus de 4000 contributions, des offres de logement, d’ordinateur, de vêtements, et des commentaires venus parfois de France ou d’Australie.

«M. James, dit un internaute, si vous avez l’intention de venir à Paris, je vous laisserai avec plaisir mon appartement. »

Une internaute lui a également proposé sur le site «une chambre dans l’État de New York.

Glen James, le SDF, qui s’exprime avec difficulté, s’est modestement contenté de dire qu’il n’aurait jamais pris «ne serait-ce qu’un cent» du sac à dos. Et il a remercié Ethan «pour sa grande gentillesse».

«Ces dons vont me permettre de redémarrer dans la vie», a-t-il ajouté. Il a depuis ouvert un compte en banque.

«C’est vous qui méritez tous les éloges», lui a répondu Ethan. «Vous m’avez redonné confiance en l’humanité.»

Oui, cette histoire peut nous redonner confiance en l’homme, à l’heure où nous sommes submergés de nouvelles montrant le côté plutôt sombre de notre humanité. L’évangile d’aujourd’hui nous le dit. Non seulement l’honnêteté est récompensée. Mais bien plus encore, la confiance engendre la confiance.

Cher Éric,

Me voici ce matin pour t’installer comme curé doyen de Veynes, installer c’est le terme prévu par l’Eglise pour cette célébration. Je te connais assez maintenant pour savoir que tu n’es pas le genre d’homme à te blottir au creux d’une stalle pour somnoler en écoutant quelques pieuses psalmodies. Il suffit d’écouter quelques-unes de tes compositions pour s’en convaincre. Toute la vie du prêtre est de ne jamais s’installer… Il est l’homme de passage, toujours prêt à aller vers ceux que le Seigneur et son Eglise placent sur son chemin et lui confient.

Tu sais combien j’ai confiance en toi. Il n’y a même pas deux ans, le 15 janvier 2012, je t’ordonnais prêtre. Et voici qu’aujourd’hui, je te confie une charge de curé doyen. Lorsque je t’ai parlé de cette nomination tu as accepté avec enthousiasme.

Chaque fois que je prononce ce mot je ne résiste pas à la tentation de faire un bref cours d’orthographe. Pourquoi donc un «h » au milieu de ce mot ? Tout simplement parce que dans le mot «enthousiaste » il y a le mot d’origine grecque «theos » qui signifie, Dieu ! Être enthousiaste, c’est être habité par Dieu. Je souhaite, cher Éric, que tu saches, communiquer cet enthousiasme, ton enthousiasme, aux communautés dont tu as désormais la charge pastorale.

Je suis pleinement confiant dans tes capacités à mener à bien cette mission. J’ai souvent apprécié tes dons pour rassembler, unir, dénouer les conflits. Tu es un homme de paix, ouvert à tous.

Tu es prêtre, Éric. Tu es aussi un artiste, un pianiste. Ce qui t’amènera à donner des concerts au-delà des frontières de ton doyenné, de notre diocèse et même de notre pays. C’est aussi la mission que je t’ai confiée et nul ne pourra t’en faire reproche. C’est ta manière à toi de répondre à ce que le pape François nous invite à vivre avec instance : « aller aux périphéries ». Je n’oublie pas non plus ta mission d’aumônier auprès du régiment de Gap. Je remercie le chef de corps, le Colonel Armel Dirou pour sa présence parmi nous ce matin ainsi que plusieurs de ses officiers.

L’étendue des paroisses que je te confie aujourd’hui est grande. Tout comme est grande l’étendue du clavier d’un piano. Tout comme tu joues sur toute l’étendue du clavier du piano, sans négliger une seule note, tu vas rayonner sur toute l’étendue d’un territoire, qui d’ici, s’étend jusqu’à La Roche des Arnauds, jusqu’au fond du Dévoluy, jusqu’à Saint-Julien en Beauchêne, jusqu’au col de Cabre, jusqu’à Sainte-Marie de Rosans, jusqu’à Saint-Genis, jusqu’à Saint-Auban d’Oze. Cela en tant que curé et plus loin encore en tant que doyen.

Peut-être certains sont-ils surpris de me voir désigner comme limite Saint-Genis et Sainte-Marie de Rosans. C’est parce qu’après avis du père Jean-Pierre Mollon et en accord avec toi, Éric, et consultation du Conseil épiscopal, j’ai décidé de rattacher au secteur de Veynes les paroisses de la communauté de communes du Serrois non encore desservies par Veynes, et quelques autres, ce qui fait que le clavier du piano s’est encore agrandi d’une octave !

Comment répondre aux attentes d’un un tel territoire ? Éric, tu n’es pas du genre à faire cavalier seul et c’est heureux. On ne joue pas du piano avec un seul doigt. Les autres doigts seront les pères Jean-Baptiste Tran, un prêtre tout neuf, et Jean-Baptiste Rougny, que je remercie pour le travail accompli dans sa mission précédente et pour avoir accepté de venir rejoindre l’équipe de Veynes. Ensemble, et grâce aux laïcs engagés, vous allez pouvoir jouer à plusieurs mains.

Je n’oublie pas et je les remercie également, les communautés religieuses qui résident sur le doyenné, les différents conseils, le conseil pastoral, le conseil économique et les nombreux laïcs qui contribuent à faire que vivent ces paroisses, non repliées sur elles-mêmes mais ouvertes à tous ceux et celles qui les habitent, sans oublier tous ceux qui passent par Veynes vue la présence d’une gare.

Ensemble, vous aurez le souci d’être présents partout, non seulement sur toute l’étendue du territoire, mais auprès de toutes les catégories de population et notamment auprès des plus humbles, des plus démunis, de ceux que l’on délaisse, que l’on montre du doigt, de ceux à qui certains tournent le dos. Ceci afin de combattre la haine, le mépris, le soupçon, la tristesse, la solitude, le désespoir, la violence, l’absence de générosité.

Du temps où j’étais au séminaire, on disait du prêtre qu’il devait lire la bible d’une main et le journal de l’autre. Transposé pour toi, Éric, et ceux qui t’accompagnent dans ta mission, je dirais que vous devez écouter le Christ d’une oreille, et le monde de l’autre. Il n’est pas possible de parler de Jésus-Christ à un monde que l’on ne connaît pas, avec lequel on ne vibre pas, avec lequel on ne souffre pas, dont on ne connaît pas le langage et surtout, surtout à une monde que l’on n’aime pas.

Aucun homme n’est jamais abandonné par Dieu. Aucun n’est jamais définitivement « perdu », puisque sans cesse le cherche quelqu’un qui l’aime. Dieu ne se contente pas d’attendre le retour du pécheur. Il part à sa recherche. Pour Dieu, chaque homme, chaque femme, a une valeur unique, inestimable. Il n’y plus que celui qui s’égare qui compte.

Notre Dieu est un Dieu qui continue à penser à ceux qui l’ont abandonné, un Dieu qui va jusqu’à aimer ceux qui ne l’aiment pas.

Le musicien n’est pas quelqu’un qui fait de la musique en triturant différents sons. Un vrai musicien c’est d’abord quelqu’un qui écoute. Il ne fait pas qu’entendre, il écoute. Il a l’oreille tendue vers un sens possible à donner aux sons qui résonnent dans sa tête, même si ce sens n’est pas directement accessible. À force d’écoute attentive, il saisit le sens de ce qu’il est le seul à entendre et il travaille ensuite à le restituer pour les autres au mieux.

À toi, Éric, et à vous, chrétiens ici présents, les partitions que vous avez à déchiffrer sont la parole de Dieu, les sacrements, l’enseignement de l’Eglise. Avec de telles partitions vous devriez parvenir à rendre audible et agréable aux oreilles de tous la musique si bouleversante de l’Evangile. Mais vous ne pourrez y parvenir que si vous restez transparents à la musique des choses, de la nature, du monde, des êtres humains et de Dieu. Vous ne pourrez y parvenir qui si vous vous écoutez et jouez en harmonie.

Mon cher Éric, au nom de la mission qui m’a été donnée, je te confie cette portion du peuple de Dieu qui réside sur ce doyenné. Et à vous Frères et sœurs, je confie Éric. Prenez soin de lui comme il prendra soin de vous.

+ Jean-Michel di FALCO LÉANDRI
Évêque de GAP et d’EMBRUN

Cet article a 1 commentaire

  1. PLACIARD

    émouvant, j’ai toujours autant de plaisir à le relire

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