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 Frères et soeurs, c’est donc dans une église sainte, mais composée de pécheurs que vous allez entrer. L’objectif est simple : devenir saint et de ne pas être des chrétiens médiocres. Le Pape François nous a offert le printemps précédent une magnifique lettre sur la sainteté.
Homélie 1er dimanche du CAREME 10 mars 2019
Appels décisifs – Cathédrale 10h30 
Chers Catéchumènes le rite de l’appel décisif et de l’inscription du nom est la seconde étape publique, après l’entrée officielle en catéchuménat, et avant la nuit de Pâques votre baptême.
Aujourd’hui, par ma voix, l’Eglise procède à votre appel décisif, c’est à dire au choix des catéchumènes qu’elle juge, par les chrétiens délégués à cette mission, aptes à être baptisés à la fin de ce Carême.
Votre aptitude, vous allez l’exprimer dans la réponse à mes 4 questions : 1/ fidèles à écouter la Parole de Dieu annoncée par l’Église , 2/ commençant à vivre dans la présence de Dieu, en gardant cette Parole, 3/ participant à la vie fraternelle et aux prières, 4/ voulant être initiés par les sacrements du Christ : le baptême, la confirmation et l’Eucharistie.
Il s’agit de l’appel décisif, non seulement de votre nom, mais en latin, cet appel est dit «electio». c’est à dire que vous avez été élus, choisis par Dieu. Dans vos lettres personnelles de demande, à laquelle j’ai tenu à répondre, j’ai lu votre parcours, votre histoire sainte, l’histoire de votre rencontre avec Dieu. Je les ai lu avec beaucoup d’émotion car on y voit le doigt de Dieu. Ainsi pour l’un d’entre vous, Dieu vous a rejoins par un ami d’ami qui a témoigné de la présence de Dieu dans sa vie.
Chers Paul, Loïc, Marie, Solenne, Laurie, Mike, comme les hébreux, dans la première lecture, à un moment de votre vie, vous avez crié vers le Seigneur, le Dieu de nos pères. Il a entendu votre voix (…)  Le Seigneur vous fait sortir d’Égypte, le pays de l’esclavage, à main forte et à bras étendu, (…) Il vous a conduits dans ce lieu et vous a donné ce pays, l’Eglise, un pays ruisselant de lait et de miel.
Frères et soeurs, l’église est belle de ses croyants. L’Eglise est belle de ses saints. 
Oh, pourtant, comme l’écrivait la semaine dernière un autre évêque, Mgr de Moulin Beaufort, archevêque de Reims, «je peux me représenter que ce que vous découvrez au fil des semaines depuis cet été, s’ajoutant à bien d’autres faits révélés auparavant, (peut) susciter en vous du dégoût et du découragement. Rien ne nous préparait à devoir un jour regarder l’Église catholique comme un lieu du mal commis sur des enfants ou des adolescents (…). Bien sûr, dans notre contexte actuel pèse un effet d’accumulation. Tous les abus sexuels et tous les abus de pouvoir commis un jour quelque part sur notre planète par un prêtre catholique sont d’un coup déposés tous ensemble sur la table commune sous le regard effaré de tous les hommes, des catholiques au premier chef. (…) 
Ma conviction profonde est que le travail qui s’accomplit est un don de la miséricorde divine. Dieu n’abandonne pas son Église, au contraire, il travaille à la purifier, y compris du mal qui était en elle et qu’elle s’obstinait à ne pas voir. (…)
Ma deuxième conviction est que le travail de vérité que l’Église doit vivre concerne tous ses membres et est un service à rendre à l’humanité. Nous pouvions penser être la part la plus sainte de l’humanité. Assurément, il y a des saints parmi nous et beaucoup de sainteté dans le peuple de Dieu. L’ivraie est pourtant plus nombreuse et plus enracinée que nous ne voulions ou ne pouvions le voir. Mais ce qui est mis sous les yeux de tous est l’extrême délicatesse des relations humaines, et très spécialement de la relation éducative. Facilement, elle peut être corrompue en une relation d’abus. Le piège serait de renoncer à avoir des relations intenses, de renoncer à nous mettre au service des enfants et des jeunes, de renoncer à travailler pour les aider à s’ouvrir à la beauté et à la bonté de la vie et de l’univers, à la beauté et à la bonté de leur humanité faite pour être aimée et plus encore pour aimer. Mais, pour cela, il nous faut plus de délicatesse, plus de décentrement de nous-mêmes, plus de sens du service, plus de prudence à l’égard de tout pouvoir, plus de conscience que le seul Maître digne de l’être humain est Dieu lui-même, venu en notre chair en Jésus de Nazareth.» fin de citation.
Frères et soeurs, c’est donc dans une église sainte, mais composée de pécheurs que vous allez entrer. L’objectif est simple : devenir saint  et de ne pas être des chrétiens médiocres.. Le Pape François nous a offert le printemps précédent une magnifique lettre sur la sainteté. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à une conférence le jour de la st Joseph, le 19 mars, à 20h au centre diocésain. Je cite le pape François GE§14 : « Pour être saint, il n’est pas nécessaire d’être évêque, prêtre, religieuse ou religieux. Bien des fois, nous sommes tentés de penser que la sainteté n’est réservée qu’à ceux qui ont la possibilité de prendre de la distance par rapport aux occupations ordinaires, afin de consacrer beaucoup de temps à la prière. Il n’en est pas ainsi. Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve. Es-tu une consacrée ou un consacré ? Sois saint en vivant avec joie ton engagement. Es-tu marié ? Sois saint en aimant et en prenant soin de ton époux ou de ton épouse, comme le Christ l’a fait avec l’Église. Es-tu un travailleur ? Sois saint en accomplissant honnêtement et avec compétence ton travail au service de tes frères. Es-tu père, mère, grand-père ou grand-mère ? Sois saint en enseignant avec patience aux enfants à suivre Jésus. As-tu de l’autorité ? Sois saint en luttant pour le bien commun et en renonçant à tes intérêts personnel. » GE32 : « N’aie pas peur de la sainteté. Elle ne t’enlèvera pas les forces, ni la vie ni la joie. C’est tout le contraire, car tu arriveras à être ce que le Père a pensé quand il t’a créé et tu seras fidèle à ton propre être. Dépendre de lui nous libère des esclavages et nous conduit à reconnaître notre propre dignité. »
Il n’est pas anodin que cette célébration de l’appel décisif ait lieu le premier dimanche de Carême, où nous entendons l’évangile des tentations au désert. Frères et soeurs catéchumènes, votre baptême ne sera pas une assurance tout risque. Au contraire, plus on se rapproche de Dieu, plus ce qu’on appelle dans notre langage chrétien le combat spirituel est fort. En effet, l’ennemi n’est pas heureux de votre cheminement avec Jésus, et va tout faire pour vous en dissuader. 
Si Jésus lui-même a été tenté, ne nous étonnons pas d’être tentés. Mais avez-vous remarqué que Jésus a vaincu les tentations du diable. Nous aussi en Jésus, nous pouvons vaincre les tentations. Nous ancrer en lui le vainqueur.
Ce temps de Carême est pour vous le temps de l’illumination et de la purification. Vivez le comme une immense retraite spirituelle de 40 jours pour vous préparer au don immense du baptême. Votre baptême sera la grâce des grâces. Le plus beau jour de votre vie. Amen !