3000 personnes se sont rendues à l’ordination épiscopale de Mgr Jean-Philippe Nault ce samedi 17 janvier. La célébration, diffusée sur les ondes de RCF Alpes Provence, a eu lieu au palais des congrès de Digne, la cathédrale Notre-Dame du Bourg étant trop petite pour accueillir une telle assemblée.

Mgr Jean-Philippe Nault a été ordonné évêque par Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France. Il connaît bien le diocèse pour en avoir été l’évêque de 1988 à 1996. Il était assisté de Mgr Pascal Roland, évêque de Belley-Ars, et de Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio, en présence de Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique en France.

On pouvait aussi dénombrer de nombreux diacres, une centaine de prêtres et plus de vingt abbés et évêques, parmi lesquels Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, en voisin, et Mgr Renato Boccardo, présent au sanctuaire Notre-Dame du Laus pour animer une retraite à l’intention de prêtres du diocèse et d’ailleurs.

Le diocèse de Digne et celui de Gap et d’Embrun ont eu une histoire commune au XIXe siècle, le diocèse de Digne couvrant les deux départements du 04 et du 05 durant les premières années du régime concordataire, entre 1801 et 1822. L’évêque le plus célèbre de cette période est Mgr Charles François Melchior Bienvenu de Miollis, alias Mgr Bienvenu Myriel dans Les Misérables de Victor Hugo.

Mgr de Miollis. Tableau de la Maison épiscopale de Gap

Lino Venturo en Jean Valjean et Louis Seignier en Mgr Myriel dans l’adaptation cinématographique de 1982 par Robert Hossein

 

Ci-dessous des photos de la célébration ainsi que le mot d’accueil du père Christophe Disdier-Chave, administrateur diocésain, l’homélie de Mgr Georges Pontier, et le mot de Mgr Jean-Philippe Nault à la fin de la célébration.

 

[flagallery gid=92]

Homélie

de Mgr Georges Pontier

Isaïe 61, 1-3
Psaume 22
Jean 15, 9-17

Chers Frères et Sœurs,

La Parole de Dieu vient de retentir jusque dans nos cœurs. C’est votre nouvel évêque, Mgr Jean Philippe Nault qui en a choisi ces deux extraits pour nous, pour vous, pour l’Église qui est à Digne, Riez et Sisteron. C’est comme un de ses premiers enseignements.

L’Évangile nous invitait à nous glisser au milieu des apôtres de Jésus, en ce dernier entretien qu’Il a eu avec eux, tout proche du moment de son arrestation et de sa mort. Nous tenir auprès de Jésus et recevoir de Lui ses dernières paroles, ses consignes, son commandement. Les voici : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. » Quand les apôtres entendent cela, ils n’ont pas encore vu jusqu’où Jésus va aller dans cet amour pour eux. Peut-être que nous non plus, nous n’avons pas été jusque-là, jusqu’à la compréhension de jusqu’où Jésus nous aime, jusqu’où il nous invite, jusqu’où il nous désire : « Demeurez dans mon amour. » Vivre, en demeurant dans son amour. Et Jésus insiste et explique : « Mon commandement le voici : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Comme Il nous a aimés, comme Il nous aime, jusqu’à donner sa vie, jusqu’au bout. Voilà bien le cœur de la Bonne Nouvelle : nous sommes aimés de Dieu, nous avons une demeure en Lui, nous sommes faits pour demeurer en son amour ! Nous sommes appelés à nous aimer, à sa manière. Qu’on puisse dire de nous, de vous : « Voyez comme ils s’aiment. »

Dans son ministère, l’évêque est garant de cette Bonne Nouvelle. Dans un instant votre évêque va prendre l’engagement de vous maintenir dans cette foi en l’amour de Dieu, de faire retentir à vos oreilles cet appel du Christ à demeurer dans son amour et à vous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Il recevra alors la crosse, le bâton du berger, du bon berger qui prend soin de tout le troupeau qui lui est confié. L’anneau qui lui sera également remis dans un instant lui rappellera chaque matin qu’il a accepté de vous aimer jusqu’au bout, comme un époux son épouse, que vous lui êtes donné pour qu’il vous aime comme le Christ vous aime. Quelle beauté, quelle exigence, quel appel ! Priez pour Lui chaque jour. Ce n’est pas un prince qui vous est donné mais un berger, un pasteur, un père prêt à donner sa vie pour vous ! Et quand vous vous rassemblerez auprès de Lui, Il présidera l’eucharistie, ce sacrifice qui nous rend présent Celui qui nous a aimés jusqu’au bout et qui nous nourrit pour que nous demeurions dans l’amour ! D’ailleurs dans un instant, c’est lui qui va prendre la présidence de cette eucharistie.

La lecture du prophète Isaïe apporte un complément heureux : L’Esprit qui a consacré le Fils bien aimé fait homme, l’Esprit que tout à l’heure nous implorerons sur notre frère Jean Philippe est l’Esprit qui le conduira en priorité vers les humbles, vers ceux qui ont le cœur brisé, vers ceux qui ont besoin d’être consolés. Nous reconnaissons là l’œuvre du Christ qui est passé en faisant le bien, en réconfortant, en consolant, en relevant. Voilà la mission de l’Église, corps du Christ. Voilà la mission de l’évêque. Soyez attentifs dans un instant quand il lui sera demandé si il veut bien « d’un cœur plein de bonté et de miséricorde, accueillir, au nom du Seigneur, les pauvres, les étrangers et tous ceux qui sont dans le besoin. » Alors sous sa conduite, l’Église qui est à Digne est en ce jour invitée tout entière à être une Église qui sort vers ceux qui sont éprouvés, qui ont le cœur brisé, fatigué. Le visage de l’Église pleine de compassion est celui que l’Esprit de Dieu construit avec certitude, celui que Dieu envoie pour dire que son amour rejoint tout être humain.

Il y aurait bien sûr bien d’autres choses à dire au sujet du ministère de l’évêque, en particulier celui d’être le serviteur de la communion dans son Église, avec les Églises voisines et bien sûr avec celui qui préside à la communion, l’évêque de Rome, notre pape François !

Mais ce soir nous rendons grâce pour le Christ Jésus, Lui qui nous a révélé ce cœur de notre cœur, la place qui nous est faite dans le cœur de Dieu, Lui qui nous apprend à aimer jusqu’au bout et en commençant par ceux qui ont le plus besoin d’amour. Nous rendons grâce pour le nouveau pasteur que l’Église vous donne au nom du Seigneur. Sous sa conduite, que l’Église de Digne soit une Église humble et fidèle, fraternelle et joyeuse, fervente et audacieuse pour donner aujourd’hui par sa vie des signes de l’espérance que Dieu met dans son cœur.

Amen.

Mgr Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Mot d’accueil

du père Christophe Disdier-Chave

Monseigneur,

L’Église de Dieu qui est en pèlerinage à Digne, Riez et Sisteron est dans la joie et l’action de grâce car, en ce jour, le Christ la comble à nouveau de sa sollicitude en lui donnant, en votre personne, un nouvel évêque par lequel, Lui-même, l’Unique Pasteur, va continuer à prendre soin de son peuple le sanctifiant, l’enseignant et le conduisant comme Il le fait ici chez nous, en Haute-Provence, depuis Saint Vincent et Saint Domnin, fondateurs et premiers évêques du diocèse au IVe siècle.

La mesure avec laquelle nous voyons le réel, nous autres, gens du sud, n’est pas la même que les gens du nord qui, pour nous, commence à Orange au nord du Vaucluse. Elle n’est pas pour autant, comme on le dit parfois, exagération ou galéjade. C’est pourquoi nous pouvons affirmer pour dépeindre d’une phrase les Alpes de Haute-Provence : « Et du chaos surgit la beauté ».

Ce beau, ce magnifique département, vous vous en rendrez compte à chacun de vos déplacements, est un des plus étendus de France. Sa frontière sud est à moins de 50 kms de la mer, quand à son sommet, qui culmine à 3400 m de hauteur, il est si haut que les coqs, au petit matin, y picorent les dernières étoiles ! Ce département bénéficie d’un ensoleillement exceptionnel, plus de 300 jours de soleil par an, ce qui nous valut, en 1937, l’installation de l’observatoire de Haute-Provence à Saint-Michel.

Le diocèse ne se décrit pas, il se parcourt ; de Corbières au col de Larche, d’Entrevaux à Banon. Il se sillonne, certes en voiture, et vous ferez beaucoup de voiture en 04, mais aussi à pieds afin de découvrir nos vallées, montagnes et plateaux, « ces esplanades à méditation », « ces paliers métaphysiques », montant « vers l’essentiel », « vers les hauteurs apaisantes », là où « le silence se fait encore plus parfait », comme l’écrit joliment notre compatriote Jean Giono. Ce département recèle tout à la fois les beautés de la Provence et celles des Alpes. Vous passerez des plateaux où se mêlent le blé et la lavande dont le parfum sature littéralement l’air, à la gentiane et aux edelweiss des hauts sommets enneigés, du chant des cigales au cri des marmottes, de l’olivier au mélèze, des rivières impétueuses qui se ruent dans les vallées aux grands lacs calmes de haute montagne. Dans les champs vous ne verrez plus courir les poulets, comme en Bresse, mais les moutons, les chèvres et les vaches et même les chamois. Ce pays est dit rural ; en fait, il l’est par son paysage, mais plus par son économie car, désormais, 60 % de la population vit du tourisme, blanc, dans les petites stations de ski familiales et vert, grâce aux sites exceptionnels que nous possédons. Ce pays qui désormais devient le vôtre, est à la fois doux et rude, un pays qui a su conserver son authenticité, un pays à la nature sauvage et grandiose, qui a su forger en ses habitants des âmes fortes au tempérament contrasté comme le climat.

Monseigneur, puissiez-vous, lorsque vous parlerez de ce diocèse à votre famille, à vos anciens paroissiens de l’Ain, le faire avec ces paroles de Giono qui est né, a vécu et mort à Manosque : « Ce pays-ci […] il m’a donné, il me donne encore chaque jour, tout ce que j’aime. On peut y marcher des journées entières seul avec soi-même, dans une joie, un ordre, un équilibre, une paix incomparables. […] Il a suffi d’un jour pour que ce pays vous ait fait comprendre l’organisation la plus noble de la terre […]. Cette terre qui peu à peu monte et vous fait pénétrer dans le ciel Rien ne troublera plus votre sérénité ». Je vous l’assure, Monseigneur, avec ce même Giono, « le mariage de votre âme et de ce pays ne se défera plus. Les hommes, […] vous les trouverez à cette hauteur : silencieux et sévères comme la terre, travaillant dans des champs qui entourent des temples, labourant des vergers d’oliviers au milieu de l’ordre des collines, reposant leurs regards par le spectacle de leurs villages agglomérés comme des nids de guêpes au milieu de la blanche odyssée des nuages. Vous aurez le désir d’être comme eux ».

Ce pays, ignoré de beaucoup, enserré entre les Alpes vraies et les fières Bouches-du-Rhône qui lui servent d’écrin, ne fait pas parler de lui. On peut donc l’ignorer ou le dédaigner. Il est pudique et ne se laisse découvrir qu’à ceux qui l’aiment et ne le brusque pas. Ce modeste pays a cependant vu naître des hommes et des femmes connues bien au-delà de nos frontières géographiques. Comment, au début du christianisme, ne pas citer saint Fauste, évêque de Riez qui au Ve siècle a participé aux grands débats théologiques de son temps sur la nature et la grâce et sur l’Esprit-Saint ? Notre terroir a aussi donné le jour à saint Mayeul, quatrième abbé de Cluny au Xe siècle, grand artisan de la réforme clunisienne qui lui valu une expansion sans précédent en Occident. L’humilité qui caractérise les gens de chez nous lui fit refuser la papauté. Au XIIIe siècle, les quatre filles du Comte de Forcalquier sont toutes devenues reines dans un pays membre aujourd’hui de l’Europe, dont une en France, la femme de saint Louis, qui contribua très certainement à faire de lui le saint qu’il est devenu. Et puis, le fait étant unique et inédit dans l’histoire d’un diocèse, il mérite d’être mentionné. Benoit XVI se réfère à des bas-alpins dans deux de ses trois encycliques, même si c’est pour prendre ses distances avec eux. D’une part avec Gassendi, philosophe, mathématicien et chanoine de Digne au XVIIe siècle dans l’encyclique sur l’amour dont il regrette, comme pour Descartes, sa vision dualiste de l’homme ; d’autre part avec Giono, l’écrivain manosquin, dont le Pape récuse sa conception de l’espérance.
Enfin, on ne peut, en ce jour et ici à Digne, passer sous silence un de vos prédécesseurs du tout début du XIXsiècle, Monseigneur de Miollis. Il fut aimé et considéré comme un saint, pour sa simplicité, l’extrême frugalité de ses mœurs, sa charité, le plus souvent pratiquée en secret, qui le fit appeler le père des pauvres. Il avait une particulière sollicitude pour ceux qui n’avaient ni ressources, ni instruction, les misérables, auxquels il prêchait l’Evangile avec des mots simples. Sa réputation était telle que Victor Hugo, lui consacra de longs passages de son œuvre romanesque, Les Misérables où il lui donne le nom de Bienvenu Myriel. Ce fut l’un de nos plus grands et saints évêques. Il avait une telle conscience de ses limites humaines et de la haute mission que confère l’épiscopat qu’il confia à un proche à quelques heures de sa mort : « Je vous veux trop de bien pour vous souhaiter trois heures seulement d’épiscopat. C’est un fardeau accablant que celui qui est imposé à un évêque, il était trop lourd pour moi. » Cependant, il l’a bien porté ce fardeau car le Christ s’est déployé dans sa faiblesse humaine et l’a porté avec lui, comme il le fera avec vous, cher Monseigneur.

Mais notre Église n’est pas riche d’un passé révolu. Elle a su, par les pasteurs qui lui ont été donnés, et par la générosité des fidèles laïcs, s’adapter aux défis toujours nouveaux de l’annonce de l’Evangile aux différentes époques qu’elle a traversées.

Vous pouvez compter sur les ministres ordonnés : 33 prêtres de 30 à 88 ans dont 16, avons moins de 65 ans. Notre moyenne d’âge est à peine de 59 ans. 9 diacres seront à vos côtés… Nous avons actuellement 5 candidats au sacerdoce. Des laïcs en mission ecclésiale et de nombreux bénévoles collaborent de façon généreuse et inventive, dans une juste perception et acceptation des différences, à la vie et à la mission de l’Église.

Avec vous, Monseigneur, sous votre conduite, va s’écrire une page nouvelle de la vie et de la mission de l’Église en Haute-Provence. De par votre formation initiale, vous êtes, entre autre, ingénieur en agriculture. Dès que nous avons pu nous téléphoner avec votre frère, le Très Révérend Père Dom Jean-Charles Nault, abbé de Saint-Wandrille, une des première choses qu’il m’eût dite : « tu sais, Jean-Philippe connaît toutes les marques de tracteurs et il est incollable à leur sujet ». Cela vous sera utile pour aller à la rencontre du monde agricole. Et puis, pour vous aider et vous soutenir dans votre épiscopat vous avez un intercesseur dans le ciel. En effet, vous avez un aïeul par alliance qui fut évêque et évêque de… Digne, entre 1915 et 1917.

Formé à l’école du Saint Curé d’Ars qui fut dans l’Église de son temps un pasteur selon le cœur de Dieu, vous savez bien comment il avait défini son ministère au jeune garçon qui lui avait indiqué le chemin d’Ars : « Moi, je te montrerai le chemin du ciel ». Les défis ne sont pas les mêmes qu’au XIXe siècle mais c’est le même objectif. Cheminer vers le Royaume. Oui, c’est cela que nous attendons de vous, Monseigneur, que vous nous montriez le chemin du ciel, c’est-à-dire le chemin de l’union à Dieu, de la fidélité au Christ, le chemin où sa grâce pourra agir en nous pour nous faire naître à sa propre vie. Vous serez pour nous un père, un frère, un ami. Nous avons besoin de votre confiance, de vos encouragements mais, aussi, que vous puissiez nous réveiller, nous corriger parfois. La nomination d’un nouvel évêque doit être l’occasion d’un renouveau, intérieur d’abord. Au cours des années des habitudes, des plis, pas toujours dans le bon sens, ont pu être pris. L’arrivée d’un nouvel évêque est l’occasion d’un nouvel appel dans l’appel premier que nous avons entendu et qui nous a mis en route à la suite du christ. Le temps passant nous pouvons parfois être de ces habitués qui ne mouillons plus à la grâce comme le déplore Péguy. Nous avons besoin de vous qui, avec l’Apôtre, allez nous inviter, ministres ordonnés, à « raviver le don spirituel que Dieu a déposé en nous par l’imposition des mains ». Notre zèle est réel mais il est parfois atteint par le pessimisme ambiant qui ne nous fait plus porter sur les gens et le réel le regard d’espérance qui vient du Christ et qui peut pousser à la tristesse et au découragement. Par votre ministère épiscopal vous raviverez aussi la foi et l’ardeur missionnaire des fidèles laïcs afin que nos paroisses, services et mouvements, soient des communautés humbles et fidèles, fraternelles et joyeuses, ferventes et inventives. Poussez nous avec le Saint Père à être audacieux et créatif, à repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes évangélisatrices de nos communautés afin que la joie de l’Evangile enflamme plus pleinement nos cœurs et atteigne les périphéries existentielles. Monseigneur, le peuple de Dieu qui est en Haute-Provence vous dit déjà, son profond attachement. Léon Bloy affirmait : « il n’y a qu’une tristesse c’est de n’être pas des saints ». Oui, merci Monseigneur, par votre ministère épiscopal, de nous aider, ministres ordonnés et laïcs, à avancer sur le chemin de la sainteté, sur le chemin du ciel et, qu’ainsi, après avoir fait votre joie sur la terre par notre fidélité et notre amour du Christ, nous soyons avec vous, tous ensemble là où notre Pasteur éternel est entré victorieux. La tâche est immense mais sans limite la grâce de Dieu qui va vous être conférée par l’imposition des mains et le don du Saint Esprit. Elle sera la lumière de vos choix et le courage de vos combats.

Christophe Disdier-Chave
Administrateur diocésain

Mot à la fin de la célébration

de Mgr Jean-Philippe Nault
nouvel évêque de Digne

Chers amis,

Je voudrais déjà, à la fin de cette célébration, remercier chacun, en particulier de votre prière, de votre présence et de votre amitié. Je demande au Seigneur de vous manifester sa proximité et sa bonté.

Merci déjà à Mgr Pontier, ordonné ici-même, venu présider cette célébration et qui le premier m’a accueilli avec chaleur le jour de ma nomination. Merci à Mgr Roland, évêque de mon diocèse d’origine, qui m’a accompagné ces derniers mois de sa bienveillance paternelle. Merci à Mgr de Germay, avec qui nous étions au séminaire, ensemble, d’être venu ordonner son jeune confrère. Merci aux évêques présents, Monseigneur le nonce, représentant le Saint-Père en France ; merci aux évêques de la Province de Marseille, et de plus loin. Un salut particulier à Mgr Bala, venu du diocèse frère de Bafia au Cameroun. Permettez-moi aussi de remercier Mgr Bagnard, évêque émérite de Belley-Ars, qui m’a accueilli comme séminariste, ordonné diacre et prêtre, et en compagnie de qui j’ai tant reçu. Une attention aussi pour Mgr Loizeau, absent aujourd’hui, mais qui nous assure de sa prière et salue chacun. Merci aussi aux abbés, religieux et religieuses présents en cette année de la vie consacrée. Merci aux prêtres, venus pour certains de très loin – certains sont venus du Liban – ; ils manifestent en plus de l’amitié, le lien particulier qui unit prêtres et évêques au service du Seigneur et de sa mission.

Merci aux prêtres de ce diocèse que je retrouve avec joie et avec qui j’aurai la joie d’annoncer la Bonne Nouvelle. Merci aux prêtres de la société Jean-Marie Vianney venus nombreux, mes frères qui m’ont accompagné, et avec qui j’ai vécu une belle fraternité sous le regard et dans l’élan du Saint Curé. Une attention toute particulière pour mes deux frères que je laisse à Bourg dans la paroisse que je quitte. Merci aux séminaristes d’Aix, de Toulon et d’Ars, de leur présence priante ce soir.

Merci tout spécialement à tous ceux qui ont préparé cette célébration depuis de nombreuses semaines et qui ont tout installé très tôt ce matin, en mettant en œuvre leurs multiples compétences et une belle générosité. Oui merci à ceux qui ont chanté, accompagné, servi, organisé, accueilli, fleuri, ou qui vont ranger ce soir. Que le Seigneur vienne bénir chacun.

Merci aux représentants de l’État, aux responsables administratifs, aux militaires, aux élus. L’Église souhaite, avec vous, travailler au bien commun et au respect de chaque personne.

Merci aux représentants des autres communautés chrétiennes en ce début de la Semaine de prière pour l’Unité, aux représentants des autres religions avec qui nous souhaitons promouvoir la vie, la paix et la justice, le respect et le bonheur de chacun.

Merci d’une façon toute particulière à toutes les familles présentes. L’Église soutient et veut accompagner chacune, tout spécialement en cette année synodale, vous qui avez la lourde et belle tâche de donner la vie et de transmettre la foi.

Merci à vous tous, venus aujourd’hui, à ma famille, tout spécialement à mes parents, mes amis, mes anciens scouts, dont un évêque et plusieurs prêtres ici présents, mes anciens étudiants ou amis de Pologne, du Liban, certains venus de très loin, aux paroissiens d’Ars et de Notre-Dame de Bourg, et à vous tous, venus de ce beau diocèse de Digne, vous que je vais apprendre à connaître, pour qui je prie déjà avec joie et qui m’accueillez aujourd’hui. Et merci pour la crosse offerte grâce à la générosité de chacun.

Un merci tout particulier au père Disdier-Chave, vicaire général de Mgr Loizeau, élu administrateur diocésain en novembre dernier. C’est lui qui m’a accueilli, qui a conduit le diocèse ces derniers mois et qui a été le maître d’œuvre de cette journée. Comme il me revient de nommer un vicaire général, c’est lui que je reconduis aujourd’hui dans ses fonctions. [Applaudissements]. Qu’il en soit vivement remercié.

Je souhaiterais enfin partager ce soir une conviction forte. Comme nous le dit l’Écriture : le Christ est le Chemin, la Vérité et la Vie. Plus nous nous tournerons vers lui, le Christ, plus nous lui ouvrirons notre cœur, plus nous l’annoncerons autour de nous, plus cette évidence grandira.

Il est vraiment le Chemin, la voie à suivre qui nous permet de connaître le vrai bonheur. Cela est vrai pour les grandes décisions d’une vie, mais aussi dans chaque acte de notre quotidien.

Il est la Vérité, la lumière qui éclaire notre cœur et qui donne sens non seulement à ce que je vis, mais à ce que je suis.

Il est la Vie, cette vie commencée ici-bas et qui se poursuit pour toujours avec Dieu, au-delà de la mort et de la souffrance, vie que nous accueillons par les sacrements.

Le Christ notre chemin, la vérité de nos existences et la vie éternelle : voilà la réponse à beaucoup de nos questions et aux multiples interrogations contemporaines, voilà la voie à suivre. Et ceci va répondre à nos questions personnelles, à celles de notre couple, de nos familles, de l’éducation des jeunes, aux questions de société qui nous rejoignent, aujourd’hui concernant la vie, la liberté, le travail, la justice, ou le sens de nos vies. Oui, tournons-nous toujours plus vers lui.

Il nous apporte la lumière que nous cherchons, parfois sans le connaître. Il est le Prince de la Paix, la Miséricorde incarnée. Nous savons combien notre monde a besoin de paix, de miséricorde, de consolation et de sens. Alors tournons-nous vers lui : il ne prend rien, il donne tout !

C’est aussi le Christ qui nourrit notre foi, notre espérance et notre charité. Notre vie chrétienne, notre vie de sainteté est articulée sur ces trois vertus. Nous le savons. Ensemble, entraînons-nous à les faire grandir. L’Église est là pour cela. Elle vient nous aider à reconnaître le Christ et à le suivre. Tournons-nous vers lui toujours plus et nous trouverons la vraie joie, celle de se savoir aimés de Dieu, celle de l’annoncer et d’en vivre.

Ce lien fort avec le Christ nous pouvons l’affermir principalement de deux façons, me semble-t-il. Déjà par notre cœur à cœur régulier, quotidien avec lui. La rencontre avec le Christ nourrit une amitié bouleversante et extraordinaire, propre à chacun. C’est là notre secret, notre trésor. Amitié que nous pouvons entretenir et qui donne cette joie de se savoir aimés. Priez pour connaître la volonté de Dieu pour chacun de nous, disait hier le pape François à Manille C’est

Et deuxièmement, par l’annonce autour de nous de la Bonne Nouvelle. Annonce par la parole, le témoignage, la vie de bienveillance au service des autres : c’est là la joie de l’Évangile ! Tous nous sommes invités à cela, à proclamer la bonté de Dieu et la joie de le connaître.

Nous avons la joie d’accueillir, comme cela a déjà été dit, dans notre diocèse cinq séminaristes. C’est une invitation à prier pour eux, mais aussi pour les vocations. Prier mais aussi oser appeler. Plus que jamais, nous avons besoin de pasteurs selon le cœur de Dieu. Aujourd’hui encore le Seigneur appelle parmi nous des jeunes à le suivre. N’ayez pas peur, là aussi le Christ ne prend rien, il donne tout.

Que la Vierge Marie, patronne de notre diocèse et Mère de l’Église, nous garde et nous accompagne sur le chemin du Ciel ! Prions les uns pour les autres. Que la force de l’Esprit Saint nous habite toujours plus.

Merci ! [Applaudissements]

Mgr Jean-Philippe Nault
Évêque de Digne, Riez et Sisteron