• 22 juin 2011
Le disciple : Ah ! mon Dieu, que ne puis-je faire miennes les plaintes de tous les cœurs aimants, verser les
larmes pures de tous les yeux, répandre les gémissements de toutes les langues, pour vous prouver en ce jour à quel point me touchent vos pénibles souffrances !

La Sagesse éternelle : Personne ne prouve mieux à quel point ma Passion le touche, qu’en la supportant avec moi
par l’accomplissement des œuvres. Je préfère un cœur vide et dépouillé de l’amour de toutes les choses qui passent, qui tend sans cesse vers le plus parfait en imitant l’exemple de ma vie, à tes
plaintes incessantes et aux larmes que tu verserais sur ma Passion, fussent-elles nombreuses comme les gouttes d’eau qui tombent du ciel ; car j’ai subi cette mort cruelle pour être
imité.

Anéantis ton désir immodéré de voir et d’entendre des choses vaines ; accepte par amour ce qui te déplaisait naguère, et trouve là ta
joie ; renonce pour moi au bien-être de ton corps. Tu dois chercher tout ton repos en moi, aimer ce qui est désagréable à ton corps, souffrir patiemment les maux venus d’autrui, souhaiter
les mépris, tuer tes appétits, mourir à tous désirs. À l’école de la sagesse, ce sont là les premiers principes qu’on lit dans le livre ouvert et étendu de mon corps mis en croix.

Bienheureux Henri Suso (1295 ?- 1366), Livre de la Sagesse éternelle, I, III

L’auteur

Né sans doute à Constance d’une famille aisée, disciple d’Eckhart et contemporain de Tauler dans l’ordre dominicain, il marque avec eux l’apogée de la mystique rhénane. De tempérament fragile
et inquiet, mêlé aux troubles de l’époque, ses écrits reflètent ses épreuves, mais continuellement compensées par une tendresse sans fond pour la personne de Jésus, dont il portait le nom gravé
sur son cœur.

(Extrait du livre Carême pour les Cancres 2008 – A
l’école des saints – Un texte par jour pour marcher vers Pâques, disponible sur
www.paroisseetfamille.com)

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