Lundi saint

Ne cherchons donc que Dieu et ne le cherchons que pour son intérêt, après l’avoir vu couronné d’épines, attaché à un bois
infâme et devenu l’abomination de tout un peuple. Considérons qu’il s’est mis en cet état pour nous racheter de la captivité de l’amour propre qui ne cherche qu’à s’élever et à se
satisfaire ; qu’il s’est fait le rebut des hommes et qu’il a été délaissé de Dieu son Père pour nous mériter la grâce de devenir, d’ennemis de Dieu, ses enfants et ses héritiers. Touchés
d’un tel amour, étudions-nous à nous rendre semblables à lui et, pour porter son caractère, acceptons volontiers les rebuts et les mépris, les afflictions et toutes les rigueurs de la providence
et de la justice divine. Vivons crucifiés avec lui, et mourons dans la croix.

Jean-Joseph Surin (1600-1665), Lettre
535

 

L’auteur

 

Né dans une famille de parlementaires de Bordeaux, Surin y sera élève des Jésuites, avant d’entrer à son tour dans la
Compagnie. De tempérament anxieux, sa santé physique et mentale chancelle au contact des possédées de Loudun auprès desquelles son ministère le place à partir de 1634. Durant vingt ans, il sombre
dans une déréliction presque totale, quasi muet et paralysé, coupé du monde qui l’entoure et le tient pour fou. Cette épreuve sera en fait pour Surin le ressort d’un formidable approfondissement
mystique : sorti de cette période, ses lettres de direction, divers traités et finalement son
Guide Spirituel (1660), témoignent d’un équilibre et d’une lucidité intérieure intactes : « Ce m’est tout un que je vive ou je meure ; il me suffit que l’Amour me
demeure. » Mis à l’écart durant les années noires, une foule d’âme en quête de paix et de réconciliation se porteront vers lui au soir de sa vie.

 

(Extrait du livret Carême pour les Cancres 2008 – A l’école des saints – Un texte par jour pour marcher vers Pâques, disponible sur www.paroisseetfamille.com)

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