Mardi saint

Saint Jean Chrysostome dit que nous devons recevoir en ce monde toutes les peines et afflictions, avec autant de dévotion que
nous ferions pour une partie de la vraie croix, qui nous serait envoyée de Rome par notre saint Père le Pape. Nous pouvons voir par là comme toutes les souffrances, pour petites qu’elles soient,
sont une participation de la croix de Jésus Christ ; et comme telles, elles sont à désirer pour nous unir à Dieu plus que toutes les consolations, qui souvent nous désunissent. C’est
pourquoi nous ne les devons mépriser ni les laisser tomber par terre, car ce sont miettes de pain consacré par les souffrances, qui nous est envoyé de la table de Jésus Christ qui est la croix,
pour la nourriture des pauvres affamés de Dieu ; ce sont gouttes de sang du souper de l’Agneau, répandu pour désaltérer les ardeurs amoureuses et languissantes des âmes séraphiques, qui ont
pour leur devise : « Ou souffrir, ou mourir. » Ils les recevront comme des pierres précieuses, qui leur serviront à faire des couronnes plus agréables à Dieu, que tout autre
exercice.

Martial d’Étampes (1575-1635), Exercice des
trois clous
, IV, 5

 

L’auteur

 

Né à Étampes, entre Paris et Orléans, Jean Raclardy entre chez les capucins en 1597, sous la direction de l’immense Benoît
de Canfield, maître du tout-Paris mystique de la fin du XVI
e
siècle. Formateur de religieux et religieuses toute sa vie, notamment à Paris et Amiens, il fait partie de ces capucins
méconnus (parce que peu étudiés) qui ont si profondément contribué à la vitalité spirituelle française du XVII
e siècle.

 

(Extrait du livret Carême pour les Cancres 2008 – A l’école des saints – Un texte par jour pour marcher vers Pâques, disponible sur www.paroisseetfamille.com)

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