Le Fils du Dieu vivant – Mt 16, 13-21

 

Parvenu dans la région de Césarée de
Philippe, Jésus interrogeait ses disciples : « D’après les gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Elie ;
pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Il leur demanda : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Prenant la parole, Simon-Pierre s’exclama : « tu es le Christ, le
Fils du Dieu virant. » Reprenant alors la parole, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon, fils de Jonas, car n’est ni la chair ni le sang qui te l’ont révélé mais mon Père des Cieux.
«Moi, je te le déclare : tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et la puissance de la mort n’aura pas de force contre elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux et
tout ce que tu lieras sur la Terre sera lié aux Cieux et tout ce que tu délieras sur la Terre sera délié aux Cieux. » Alors, il ordonna sévèrement aux disciples de ne dire à personne qu’il était
le Christ.

La profession de foi de
Pierre

 

Pierre explose : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant. » Pierre est heureux de vivre avec lui. Ça
se sent. D’ailleurs, Jésus lui dit : « Tu es heureux d’avoir saisi cette Révélation qui vient du Père. » Pierre n’a évidemment pas réalisé la teneur de cette procession de foi. Il n’aurait
pas pu dire ce que la théologie a élaboré depuis des siècles. Par exemple, Jésus deuxième personne de la Trinité. Et il ne pouvait pas proclamer ce qu’après vingt siècles de christianisme, nous
récitons dans le Credo.

Dieu est vivant parce qu’il est d’abord inséré dans l’histoire de l’humanité et sa mémoire n’est pas reléguée
dans le placard des archives. Elle est marquée par la civilisation de son peuple, de son pays où il est intervenu à travers des événements qui ne sont pas figés. C’est de cette gangue culturelle
qu’est extraite sa Parole. Non pas incréée comme dans le Coran, mais Verbe fait Chair dans la peau d’un homme : Jésus-Christ. Ce qui lui a valu ce surnom : Emmanuel, Dieu avec nous.
Effectivement, il l’est par son Esprit qui habite en nos cœurs, sa présence qui dynamise en nous son amour. Présence multipliée dans l’Eglise, signe de son corps dont nous sommes
membres.

Êtes-vous simplement habitués à tous ces modes de présence, singulièrement dans l’Eucharistie ? Il ne
peut être vivant dans le monde que si vous vivez de lui, cordialement avec lui. Sinon, il est réduit à un Dieu mort, comme si notre passivité le faisait mourir une seconde fois, non pas sur une
croix, mais parce que nous mettons une croix sur lui par nos indifférences. Alors, à chacun de nous de répondre personnellement aujourd’hui à la question : « Qui suis-je pour vous ? »
Pour y répondre, ayez-vous un peu de cœur pour Dieu ?

 

Père Pierre Talec, 64 regards sur Jésus, Editions Salvator, 2005, 17 €, ISBN
2-7067-0415-2

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