• 22 juin 2011

“Les publicains et les prostituées ont cru à la
parole de Jean”
(Mt
21, 28-32)

 


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

Jésus disait aux
chefs des prêtres et aux anciens :
« Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : ‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma vigne.’ Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’ Mais
ensuite, s’étant repenti, il y alla.
Abordant le second,
le père lui dit la même chose. Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas.
Lequel des deux a
fait la volonté du père ? »

Ils lui répondent : « Le premier ».


Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n’avez
pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole. »

 

L’Avent avec Sainte Thérèse de l’Enfant
Jésus :

 

Je n’ai
rencontré qu’amertume là où des âmes plus fortes rencontrent la joie et s’en détachent par fidélité. Je n’ai donc aucun mérite à ne m’être pas livrée à l’amour des créatures, puisque je n’en fus
préservée que par la grande miséricorde du Bon Dieu !… Je reconnais que sans Lui, j’aurais pu tomber aussi bas que Sainte Madeleine et la profonde parole de Notre-Seigneur à Simon retentit avec
une grande douceur dans mon âme… Je le sais : “Celui à qui on remet moins, AIME moins.” (Lc 7,40-47) mais je sais aussi que Jésus m’a plus remis qu’à Sainte Madeleine, puisqu’il m’a remis
d’avance, m’empêchant de tomber.

 

Ah ! que
je voudrais pouvoir expliquer ce que je sens !…

 

Voici un
exemple qui traduira un peu ma pensée. Je suppose que le fils d’un habile docteur rencontre sur son chemin une pierre qui le fasse tomber et que dans cette chute il se casse un membre ; aussitôt
son père vient à lui, le relève avec amour, soigne ses blessures, employant à cela toutes les ressources de son art et bientôt son fils complètement guéri lui témoigne sa reconnaissance. Sans
doute cet enfant a bien raison d’aimer son père !

Mais je
vais encore faire une autre supposition. Le père ayant su que sur la route de son fils se trouvait une pierre, s’empresse d’aller devant lui et la retire, sans être vu de personne. Certainement,
ce fils objet de sa prévoyante tendresse, ne SACHANT pas le malheur dont il est délivré par son père ne lui témoignera pas sa reconnaissance et l’aimera moins que s’il eût été guéri par lui…
mais s’il vient à connaître le danger auquel il vient d’échapper, ne l’aimera-t-il pas davantage ?

 

Eh bien,
c’est moi qui suis cette enfant, objet de l’amour prévoyant d’un Père qui n’a pas envoyé son Verbe pour racheter les justes mais les pécheurs. (Mt 9,13) Il veut que je l’aime parce qu’il m’a
remis, non pas beaucoup, mais TOUT. (Lc 7,47) Il n’a pas attendu que je l’aime beaucoup comme Sainte Madeleine, mais il a voulu que JE SACHE comment il m’avait aimée d’un amour d’ineffable
prévoyance, afin que maintenant je l’aime à la folie…

 

J’ai
entendu dire qu’il ne s’était pas rencontré une âme pure aimant davantage qu’une âme repentante, ah ! que je voudrais faire mentir cette parole !…

 

Manuscrit A, folio 38
verso et folio 39 recto

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