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©cathopic - Angelica Mendoza

Samedi 27 mars 2021 en l’église des Cordeliers et Dimanche 28 mars 2021 à la Cathédrale

C’est éprouvant d’écouter cette lecture de la passion, mais notre Foi nous soutient car au bout de la passion il y a la Résurrection.

Cela a été éprouvant pour les évêques réunis cette semaine, de travailler sur la prévention des abus sur mineurs. À l’issue de cette messe des Rameaux, une lettre des évêques aux catholiques de France vous sera remise. Vous la trouverez aussi sur le site internet du diocèse. Elle est un peu longue, mais je vous supplie de la lire. Ne soyez pas simplement informés car les journalistes doivent travailler vite. Allez à cette source, notre lettre des évêques aux catholiques de France.

Même si elle est éprouvante à lire, comme pour la lecture de la Passion, nous savons qu’au bout de la Passion, il y a la Résurrection, la vie a vaincu la mort.

C’est effectivement éprouvant d’écouter cette lecture de la Passion.

Peu-être encore plus chers frères et sœurs chrétiens si l’on vient spécialement à cette messe, pour cette belle tradition de prendre un rameau à rapporter chez soi. Mais vous avez entendu le coeur de notre Foi, Dieu est descendu dans les misères humaines, dans nos souffrances, pour nous sauver.

Regardez comme de l’entrée à Jérusalem au lieu du calvaire,

  • on passe de l’acclamation du peuple aux cris de haine,
  • des rameaux brandis en son honneur aux violents coups de fouets,
  • de Jésus porté sur un ânon, au chemin de croix, Jésus portant la croix, puis porté par la Croix.

Oui, c’est dur d’accompagner un ami sur son chemin de Croix.

Beaucoup d’entre nous l’avons fait avec le père Pierre Fournier, parti vers le Ciel le 15 mars dernier, en réputation de sainteté. Oui, c’est notre ami Jésus que nous allons accompagné cette Semaine Sainte. Ami, car il disait à ses apôtres, en Jean 15, 15 : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. »

Il y a un détail rapporté par saint Marc, dans l’évangile du début de cette célébration, l’entrée à Jérusalem, donne du sens à notre accompagnement de Jésus au long de cette Semaine Sainte : « Allez au village qui est en face de vous. Dès que vous y entrerez, vous trouverez un petit âne attaché, sur lequel personne ne s’est encore assis. Détachez-le et amenez-le. »

Origène au IIIe siècle cherche la raison pour laquelle Jésus a demandé d’aller détacher un petit d’une ânesse, qui n’ait pas encore été monté. Il remarque que pour les anciens rabbins, l’ânesse représente tout le texte de l’Écriture, toute la Parole de Dieu. Jésus ne demande pas à ses disciples de détacher la maman mais son ‘petit’… Il tient à écrire quelque chose de nouveau, explique Origène. Jésus veut offrir à ses contemporains et de manière définitive un texte nouveau, une Bonne Nouvelle.
Cette Bonne Nouvelle sous-entendue par cet ânon jamais monté, c’est que nous accompagnons Jésus à travers la mort jusque sa Résurrection. C’est d’ailleurs un symbole des rameaux, le vert du printemps, le vert de la Résurrection.
Le père Pierre Fournier dans une très belle prière pour le temps de Covid, reprenant toute la semaine Sainte, a cette belle expression : « nous sommes menacés de résurrection ».

Je vais pour terminer prier la prière du père Pierre, car elle peut nous aider à vivre cette Semaine Sainte.

Dieu notre Père nous sommes menacés !
Chaque jour, nous suivons les nouvelles,
celles des menaces et des méfaits du covid-19 :
tous ces malades, les hospitalisés, les décès, les familles en deuil, et certains malades qui “se remettent”…

Dans la prière, nous Te confions les uns et les autres.
Nous les confions particulièrement à ton Fils Jésus.
Le Jeudi saint, il s’est livré totalement, de tout son cœur et de tout son être, Corps et Sang, “pour nous et pour la multitude“.

Il était menacé de mort… et sa Passion l’a conduit dans nos souffrances, jusqu’au fond de nos épreuves. Il comprend bien les nôtres !

Seigneur Jésus, nous célébrons ton Chemin de Croix: Tu portes toutes nos croix. Simon de Cyrène t’a aidé.
Nous Te confions tous ceux qui continuent leur travail au risque de leur santé, tous ceux qui aident les souffrants à domicile, à l’hôpital, en EHPAD…

Ta Croix t’a plongé dans la mort jusqu’au fond du tombeau.
Ta Croix t’a fait descendre jusque dans nos peurs, dans nos désarrois, dans nos tombeaux,
et Tu es “descendu aux Enfers“, jusqu’auprès des défunts
depuis le début de l’humanité !

Mais voici qu’au matin de Pâques, Alleluia ! près de Ton tombeau ouvert, Tu t’es manifesté ressuscité, Vivant, et rayonnant de lumière.
Alors, peu à peu, nous le découvrons :
Gravement menacés par ce covid-19, avec Toi, si j’ose dire, nous sommes menacés de résurrection !

Dieu notre Père, que ton Esprit Saint soit Lumière pour nous : dans l’obscurité de cette traversée du rude confinement, avec cette Espérance : que nous soyons conduits vers Ta lumière de Pâques ! Amen !