Merci, Père Waldemar !

Six ans déjà que le père Waldemar Patulski a passé dans les Hautes-Alpes au service de la communauté polonaise et au service des paroisses de Laragne, Lazer, Antonaves, Upaix, Le Poët, Ribiers, Barret, Saint-Pierre-Avez et Salérans. Le père Waldemar Patulski avait été prêté à notre diocèse dans le cadre de la Mission catholique polonaise de France.

Dimanche 26 août, ses paroissiens lui disaient au revoir et bon retour en Pologne dans son diocèse d’origine de Tarnów, où il va rejoindre Szarwark, une paroisse de neuf cents habitants.

À la sortie de la messe à Laragne, le père Waldemar eut la surprise d’écouter deux morceaux de musique, offerts par l’harmonie municipale. À la salle des fêtes, un apéritif ouvert à tous, suivi d’un repas partagé, rassembla également de nombreuses personnes venues lui témoigner leur sympathie et leur amitié.

Au cours de ce repas intégrant des animations musicale et autres, il lui a été remis de nombreux cadeaux. Monsieur le Maire, Auguste Truphème, a pris la parole pour le remercier au nom des Laragnais.

Ci-dessous quelques photos et l’homélie de Mgr Félix Caillet, vicaire général, à l’occasion de la messe dominicale d’action de grâces.

Le Père Waldemar Patulski
De gauche à droite : le Père Jean-Pierre Mollon, nouveau curé, qui sera installé le dimanche 30 septembre par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri à la messe de 15h30, le Père Jean-Baptiste Rougny, Mgr Félix Caillet, le Père Waldemar Patulski, le Père Jean-Marie Chapoy
   
Les paroissiens venus nombreux pour remercier le Père Waldemar Patulski pour ses six ans passés à leur service
La communauté polonaise autour du Père Waldemar

 

Photo souvenir dans la salle des fêtes

Homélie de Mgr Félix Caillet, vicaire général

Waldemar, ce n’est pas parce que tu as fait le choix de repartir au pays que l’Église a choisi pour ce dimanche 26 août le passage du chapitre 26 de Saint Jean : « Voulez-vous partir vous aussi ? » Plusieurs disciples avaient cessé de marcher avec le Christ.

La réponse de Simon-Pierre est par contre mieux adaptée à notre communion d’aujourd’hui : « Vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » Le père Antoine Chevrier, fondateur du Prado, avait écrit en marge de sa lecture d’Évangile annotée : « Ils sont devenus mes amis mais sont-ils pour autant devenus tes amis, Seigneur. » Ce détail de la vie du Bienheureux est venu interroger mon ministère depuis trente ans, quelle qu’ait été sa forme. C’est aussi une interrogation à porter lors d’une mutation. Dans un ministère de six années, nous pouvons nous dire quand nous quittons un terrain de ministère : j’ai fait la connaissance d’une multitude de personnes aux personnalités et à l’histoire différentes, j’ai créé des liens au fil des jours, j’ai noué (peut-être aussi des inimitiés) mais aussi et surtout des amitiés solides. Seulement, comment ces personnes, que tu m’as confiées Seigneur, t’ont-elles mieux connu, mieux aimé, au point de dire « vers qui pourrions-nous aller ? » Je sais, Waldemar, que cette attitude t’habite. Que c’était là un de tes soucis premiers. Pour cela, tu as fait l’effort de la langue ! Et quel travail !

Tu es venu comme curé de Laragne et du secteur après d’autres, chacun ayant sa personnalité, chacun ayant ses richesses et ses limites : les pères Bruno Belmont 1999-2006, Jean-Marie Lefebvre 1992-1999, Michel Ehrhart 1979-1992, Georges Arnoux 1969-1979. Belle palette à laquelle on ne peut pas ne pas ajouter Jo Villard ! Je suis souvent plein d’admiration pour les communautés. Si leur curé change de temps à autres, ou trop tôt ou trop tard, elles, elles durent ! C’est un fait : l’Esprit anime ces communautés, l’Esprit vous habite pour le vivre ainsi avec foi, charité et espérance.

Remarquez ! Le peuple d’Israël comme l’Église a vécu la même expérience. Josué n’était pas Moïse. Les rois d’Israël ont été fort divers. Les Papes ne se sont pas ressemblés… Mais l’Église tient bon, les communautés tiennent. Ce qui vous fait tenir c’est votre amour pour le Christ. Nous connaissons bien l’histoire de la première Église affrontée déjà à des querelles intestines : Voir la première lettre aux Corinthiens :

« L’un de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul », et un autre : « J’appartiens à Apollos », n’est-ce pas un langage tout humain ? En fait, qui est Apollos ? et qui est Paul ? Rien que des ministres de Dieu, par qui vous êtes devenus croyants, et qui ont agi selon les dons du Seigneur à chacun d’eux.  Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé ; mais c’est Dieu qui donnait la croissance. Donc celui qui plante ne compte pas, ni celui qui arrose ; seul compte celui qui donne la croissance : Dieu. […] Nous sommes les collaborateurs de Dieu, et vous êtes le champ de Dieu, vous êtes la maison que Dieu construit. […] Les fondations, personne ne peut en poser d’autres que celles qui existent déjà : ces fondations, c’est Jésus Christ. […] N’oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous. […] Il ne faut pas mettre son orgueil en des hommes dont on se réclame. Car tout vous appartient, Paul et Apollos et Pierre, le monde et la vie et la mort, le présent et l’avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu. »

Qui pourrait spontanément penser, Waldemar, que tu étais interchangeable avec un Michel Ehrhart ?… Et pourtant l’histoire l’a réalisé parce que chez chacun des curés de Laragne, il y a eu la même passion : le Christ mort et ressuscité venu pour apporter le salut à chacun. Le Seigneur qui a fait monter nos ancêtres du pays d’Égypte est Celui qui peut apporter paix et réconciliation à nos frères et sœurs en détresse affective et mentale. « Vouloir servir le Seigneur car c’est lui notre Dieu » est la trame de fond qui unit tous les ministères particuliers.

Comment passer sous silence le passage de la lettre aux Éphésiens ?

Soyez soumis les uns aux autres ! Pas besoin de continuer la lecture car vous connaissez le texte, à commencer par les femmes, sans prendre la peine d’accueillir cette Parole jusqu’au bout. La pointe du texte est de nous faire entrer dans le mystère d’amour qui unit le Christ à son Église et l’Église, chacune de nos communautés, au Christ. Soyez soumis ! C’est bien la conversion que font tous ceux qui se marient ou se décident à vivre ensemble même dans l’expérience de la colocation qui est loin d’engager tout l’être de l’un et de l’autre.

Soyez soumis ! s’engager dans une relation où l’on ne va plus décider tout seul mais à deux, où l’on va soumettre ses désirs, ses projets à un autre ! « Ce mystère est grand, dit Saint Paul, en pensant au Christ et à l’Église. » Le prêtre, agissant en la personne du Christ-tête, doit sans cesse renoncer à la réalisation de ses seuls projets voire de ses rêves pour les soumettre aux besoins du peuple qui lui est confié, aux joies et aux tristesses de ses membres. Le peuple chrétien apprend également à convertir ses exigences dans l’accueil de celui qui est donné au Nom du Christ. Au cours de ces six dernières années quel chemin parcouru ! Chemin visible dans la maîtrise du français, chemin mystique dans cette expérience ecclésiale. Vraiment vous n’étiez pas seuls… l’Esprit était en vous. Il a laissé des traces : la reconnaissance et l’envoi en mission de quelques-uns d’entre vous à vous engager dans la préparation au mariage, dans un bout de chemin avec les parents demandant le baptême pour leur enfant, dans l’accompagnement des familles en deuil sans parler de ce que vous vivez en Pastorale de la Santé. On rêve souvent d’une Église resplendissante, sans tache, comme on aimerait que notre mère le soit ! Le Christ, nous dit Saint Paul, n’a de cesse de la rendre sainte et irréprochable, sans aucun défaut. Cela ne peut se faire sans l’Esprit, mais cela ne peut tout autant se réaliser sans vous. Ce mystère est grand. C’est ce que fait le Christ pour l’Église. « Vers qui pourrions-nous aller, Seigneur ? »

 

 

Cet article a 2 commentaires

  1. waldemar górą !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  2. Oui, les communautés ont besoin de l’Esprit ! C’est si délicat à vivre pour les paroissiens ce changement de curé ! Je sors à peine d’une douloureuse expérience ; bien que sans concession les mots de cette homélie tombent sur moi comme une pluie bienfaisante.
    « Le Christ est à Dieu et nous sommes au Christ » : voilà bien les mots qu’il m’aurait alors fallu entendre !
    Seule, avec mon désarroi, il m’en a fallu du temps pour admettre que je ne peux aimer le Christ sans aimer son Eglise, puisque les deux ne font qu’un ! Que pour Lui, je me dois d’avancer, même avec ce qui fait mal.
    « Dieu donne la croissance » cela rime avec espérance mais aussi avec confiance. Alors rien n’est jamais perdu !
    A l’occasion du départ du père Waldemar à qui je souhaite bon retour dans son pays, merci de me donner un peu plus confiance grâce à ces belles paroles que je reçois, aujourd’hui, un peu comme un cadeau tombé du ciel.

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