Message de Mgr Xavier Malle concernant la reprise des messes le samedi 28 novembre 2020

Une mesure irréaliste dans la plupart des lieux de culte et contre-productive en termes de santé publique

Notre pays connaît encore une situation sanitaire difficile. Cela oblige les autorités à prendre des mesures strictes. Comme citoyens et comme chrétiens nous le comprenons. Mais certaines mesures semblent irréalistes et contre productives en termes de santé publique.

Ainsi, entendre qu’à Noël, les stations de ski seront ouvertes mais pas les remontées. Le ski dans notre région est un sport populaire et scolaire. Tous les skieurs ont besoins d’aller en montagne pour leur santé, spécialement cette année. La responsabilité du gouvernement est aussi grande concernant la viabilité des entreprises dans notre territoire de montagne. J’apporte tout mon soutien à ceux qui y travaillent.

De même, pour l’allègement du confinement dans les lieux de culte, le Premier ministre a confirmé une jauge unique de 30 fidèles autorisés à participer aux offices publics entre le 28 novembre et le 15 décembre.

Or deux jours auparavant, le président de la République, après avoir au détour d’une phrase annoncé cette jauge, a, devant le tollé suscité, téléphoné au président de la Conférence des Évêques de France et s’est engagé pour une « jauge réaliste ». Il n’en a donc rien été.

Force est de constater que les concertations avec le gouvernement n’en sont pas. Les propositions de dispositifs sanitaires présentées par les cultes ne sont aucunement prises en compte, et des mesures surprenantes ont été annoncées. Rien ne semble préparé pour un aménagement au 15 décembre en vue des messes de Noël.

Au-delà de ce qui est ressenti comme une ignorance du fait religieux, voire un dédain vis-à-vis des croyants de toutes les religions, c’est inquiétant pour les libertés publiques. La liberté religieuse est constitutionnelle, et pour admettre qu’elle soit limitée, il faut une proportionnalité entre la contrainte et le danger sanitaire. Prenez le train… allez dans une salle de spectacle, dans un supermarché, vous aurez plus de risque que dans une église. N’y a-t-il pas une rupture d’égalité vis-à-vis des autres institutions ou organismes : commerce… Nous sommes les seul à être contraints par un nombre fixe. Que l’on nous démontre les cas où une église aurait été un cluster. La Conférence des évêques de France, au nom de tous les évêques, a déposé ce jour un recours au Conseil d’État. Ce sont nos libertés qu’il faut défendre.

J’invite donc chacun, prêtres et fidèles, à veiller à limiter le remplissage des églises tout en ne laissant personne à la porte.

Chacun pourra constater qu’il est impossible d’avoir une mesure unique pour nos villages où la jauge de 30 personnes hors vacances scolaires sera suffisante, et dans les villes, comme à Gap, ainsi qu’au sanctuaire Notre-Dame du Laus. Les cultes demandaient une mesure variable suivant la taille des édifices. La Conférence des évêques de France estime que la jauge à 30 est une « mesure irréaliste et inapplicable » en beaucoup d’endroits. Les prêtres ne peuvent en aucun cas s’engager dans une sélection des fidèles « autorisés » à participer à la messe, ni multiplier les messes au mépris de leur santé. J’invite donc chacun, prêtres et fidèles, à veiller à limiter le remplissage des églises tout en ne laissant personne à la porte.

L’objectif annoncé est la santé publique, mais c’est oublier que l’accompagnement spirituel fait partie de la santé de la personne. À tel point que l’État salarie des prêtres, diacres, religieuses et laïcs comme aumôniers dans les hôpitaux, prisons et dans l’armée. Les médecins tirent la sonnette d’alarme sur les grands risques de ce second confinement pour la santé des français, physiquement et psychiquement, pour tous les âges. Aller à la messe pour les Catholiques est une respiration hebdomadaire indispensable.

À propos de respiration, monter au sanctuaire Notre-Dame du Laus pour s’aérer et y prier devient possible dans la limite des 20 km à vol d’oiseau et des trois heures de déplacement. Profitons-en.

Ci-dessous vous trouverez l’adaptation du dispositif diocésain de lutte contre la propagation du virus covid-19. Les catholiques sont conscients des enjeux sanitaires et sont capables de faire preuve d’une totale responsabilité dans l’application des règles de protection. 

J’exprime en ce domaine mon entier soutien et ma confiance aux prêtres, aux diacres et aux laïcs.

À tous je dis « tenez bon ». Accrochez-vous au seul qui est un rocher solide. Il est notre Sauveur, dont l’espérance ne déçoit pas. En ce temps de l’Avent, les quatre semaines de préparation à Noël, « ne nous laissons pas voler notre espérance » (pape François).

Mgr Xavier Malle, évêque de Gap et Embrun


Dispositif du diocèse de Gap et Embrun relatif à la lutte contre la propagation du virus covid-19

Mise à jour du 27 novembre 2020

Vu les mesures gouvernementales limitant la participation des fidèles aux offices publics à 30 fidèles, à compter de ce jour et jusqu’à nouvel ordre,

Vu les recommandations de la Conférence Épiscopale,

Les prêtres dans les paroisses où cela est nécessaire et possible, sont invités à multiplier les propositions de messe.

C’est exceptionnellement possible selon le droit de l’Église : le canon 905, §2 permet en effet en cas de nécessité pastorale de célébrer TROIS messes par jour (donc au maximum deux messes dominicales le samedi à partir de 15h et trois messes le dimanche).

D’autre part, dans sa lettre du 15 août 2020 « Revenons avec joie à l’Eucharistie » le cardinal Robert Sarah indique qu’en période de pandémie, les évêques et les Conférences Épiscopales peuvent donner des règlements provisoires auxquelles il faut se conformer.

Les prêtres veilleront toutefois à ne pas trop présumer de leurs forces.

Les fidèles sont invités à s’organiser au mieux pour se répartir dans les différentes propositions.

Même si la participation à la messe en semaine ne se substitue pas au précepte dominical, elle est à encourager pour les fidèles qui ne peuvent accéder à la messe le dimanche, particulièrement le vendredi après-midi, le samedi matin et le lundi matin, jours les plus proches du Jour du Seigneur. L’emploi exceptionnel du lectionnaire dominical y est autorisé.

Si pour des raisons de santé la participation à la messe s’avère impossible, ces fidèles sont invités par le droit de l’Église, canon 1248, §2, à s’adonner à la prière pendant un temps convenable, seul(s) ou en famille. Ils pourront alors s’associer à la retransmission en directe de l’assemblée eucharistique au sanctuaire Notre-Dame du Laus, à 10h30 sur la chaine vidéo du Laus, sur la radio RCF Alpes-Provence ou sur la télévision locale DICI TV ; ou encore l’assemblée eucharistique de l’émission Le Jour du Seigneur sur France 2.

Les activités du catéchisme et de l’aumônerie des jeunes peuvent reprendre avec les mesures sanitaires prescrites dans les salles paroissiales, selon les indications des services diocésains de la pastorale des jeunes et de la catéchèse.

Un décret épiscopal est pris en ce sens. Ces mesures valent jusqu’à nouvel ordre.