Lors de la messe chrismale, l’évêque bénit l’huile des malades et l’huile des catéchumènes, et consacre le Saint-Chrême. Ces huiles serviront toute l’année pour célébrer les sacrements.

Cette messe manifeste l’unité de toute l’Église diocésaine autour de son évêque. Habituellement, elle a lieu au cours de la Semaine Sainte. Elle a été reportée cette année en raison de la crise sanitaire. Elle a eu lieu le mardi 26 mai à 18h à la cathédrale de Gap, ouverte au public dans le respect des règles sanitaires, et sera retransmise le lendemain mercredi 27 mai à 10h30 sur D’ICI TV.

VIDEO de la Messe Chrismale

VIDEO de la Messe Chrismale, enregistrée mardi 26 mai 2020 à 18h,
diffusée sur DICI TV le mercredi 27 mai à 10h30

AUDIO Homélie de Mgr Xavier Malle

Voici le texte de l’homélie de Mgr Xavier

« L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. » Il est sans doute inédit dans l’histoire de l’Eglise, de célébrer la Messe Chrismale pendant la neuvaine préparatoire à la Pentecôte.

Et on découvre comment Isaïe relie l’onction et le don de l’Esprit Saint : « L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction »

Notre consécration première, notre Pentecôte première, non  seulement chronologique, mais toujours actuelle, est notre consécration baptismale. 

Les autres consécrations, de nos voeux religieux pour les religieuses et les religieux parmi nous, par nos ordinations diaconales et sacerdotales pour les diacres et les prêtres, ne sont que des développement de la consécration baptismale.

Isaïe poursuit : « Vous serez appelés Prêtres du Seigneur ; on vous dira Servants de notre Dieu ». Cela fonde ce qu’on appelle aujourd’hui le sacerdoce commun des baptisés. Nos consécrations religieuses, diaconales et sacerdotales sont au service du sacerdoce commun des baptisés. Lors de la retraite sacerdotale de cette année, juste avant le confinement, nous nous sommes mis à l’écoute du Bienheureux père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus, c’est à dire en réalité de Ste Thérèse d’Avila. Le livre du père Marie-Eugène, je veux voir Dieu, est la réunion de deux livres qu’il avait écrit, qui reprenait deux paroles de Thérèse d’Avila : « Je veux voir Dieu » et « Je suis fille de l’église ». Il me semble que ces deux paroles nous disent quelque chose de notre consécration.

Je veux voir Dieu : notre consécration nous unit plus profondément à Dieu. Nous donnons notre vie à Dieu, et Dieu nous consacre, nous met à part.

Je suis fille de l’église : notre consécration nous rend membres de l’Eglise et nous unit plus profondément à la mission de l’Eglise. Cette mission, le grand Isaïe l’a merveilleusement décrite à tel point que le livre d’Isaïe est considéré parfois comme le 5ème Évangile : « Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles. » 

Notre Seigneur Jésus a cité entièrement ces passage d’Isaïe à la Synagogue de Nazareth, et il en a fait une homélie bien plus courte que la mienne : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

Frères et soeurs, pour que continue à s’accomplir ce passage de l’Ecriture, d’annoncer la Bonne Nouvelle aux humbles », le pape François nous appelle à une véritable conversion missionnaire. Ainsi, nous prenons le temps d’y réfléchir en diocèse, avec le groupe de la vision pastorale et des orientations missionnaires.

Isaïe poursuit : « guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération ». Il nous donne le mode d’emploi de la mission, qui est la compassion. Ne pas prendre le monde de haut, mais être avec lui, souffrir avec lui, et lui offrir une espérance. Ce n’est qu’à la mesure de notre humilité que nous pouvons parler aux humbles. Peut-être que le Covid nous a rendu plus humble.

Ce que dit Isaïe ensuite : « proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur », c’est finalement le sens de l’année mariale diocésaine qui aura lieu du dimanche 6 septembre prochain au dimanche 12 septembre 2020.

C’est aussi le sens de l’année Laudato Si, que ce dimanche le pape, par surprise, a proposé à tous les hommes de bonne volonté. Il me semble que le pape porte une question qui nous habite tous : que tirer de meilleur de la crise sanitaire énorme que nous vivions ? Certes, c’est sans doute encore trop tôt pour le savoir, d’autant que si chez nous elle s’atténue, elle se développe dans certaines parties du monde. Ainsi nos soeurs malgaches me partageaient leur inquiétude pour Madagascar qui entre dans l’hiver. Le danger serait aussi de ne chercher et donc de ne trouver dans la situation actuelle que des justifications de ses opinions personnelles, au lieu de chercher quelle est la volonté de Dieu.

C’est à dire, comment pour reprendre encore Isaïe, consoler tous ceux qui sont en deuil, mettre le diadème sur leur tête au lieu de la cendre, l’huile de joie au lieu du deuil, un habit de fête au lieu d’un esprit abattu ?

Lors de rencontres par petits groupes, de ce qui aurait du être une visite pastorale à Veynes, à plusieurs reprises, j’ai posé la question : comment avez vous vécu le confinement ? Il est bon que nous puissions prendre ce temps de l’écoute entre nous, et pour nous prêtre, ce temps de l’écoute de nos paroissiens.

Je me souviens de quelques réponses positives :

  • On s’est aperçu de ce qui était précieux dans nos vie.
  • Je n’ai jamais eu autant de temps pour lire la bible et prière
  • J’ai redécouvert la prière du chapelet
  • Grâce à la télévision, j’ai pu voir la messe du Pape et celle de ND du Laus. C’était très fort.
  • La prière de la communion spirituelle m’ont beaucoup aidé.
  • J’ai découvert la beauté de mon jardin passant de l’hiver à l’été
  • j’ai eu le temps
  • On a fait la démonstration de la résilience,
  • des étudiants sont venus nous aider dans notre association caritative
  • la crise montre qu’on allait dans le mur
  • les citadins cherchent des maisons dans le rural
  • C’est la fin du lowcost
  • On va chercher à relocaliser l’industrie
  • peut-être une nouvelle étape pour l’hôpital, pour la décentralisation

Mais aussi des inquiétudes et des souffrances :

  • j’ai été très angoissée
  • la crise économique va être terrible, ainsi dans la restauration
  • on a vite repris les règlements de compte
  • l’autre devient un danger potentiel
  • On a doublé le nombre de familles aidées
  • vu notre âge dans notre association, qui va prendre la suite
  • Se retrouver en paroisse nous a manqué, comme la communion.

Pour ma part, je tire deux questions ; la pandémie a t’elle creusée deux brèches ? :

  • Une brèche sur la folle course du monde, en particulier la course à l’argent et à la consommation et toutes ses conséquences sur l’environnement, brèche créée par l’arrêt brutal de toute activité économique et sociale ? Il sera bon cette année de relire l’encyclique Laudato Si. Il me semble qu’on la lira différemment.
  • Une brèche sur le sentiment de toute puissance de l’homme, qui voulait se faire Dieu par le transhumanisme, brèche créée par la puissance d’un virus invisible.

Dieu peut passer par ces deux brèches. Ce peut-être une brèche pour transmettre la bonne nouvelle, et répondre à notre vocation de disciple missionnaire.

Mais cela doit aussi commencer par chacun de nous. “ Où atterrir après la pandémie ? ” se demandait le réseau Église verte. Et il invitait à profiter de la situation inédite provoquée par la crise actuelle pour faire l’inventaire de ce à quoi je tiens, à faire un inventaire des activités suspendues, maintenues ou apparues. Comment faire de la place, pour en reprenant encore Isaïe, consoler tous ceux qui sont en deuil, mettre le diadème sur leur tête au lieu de la cendre, l’huile de joie au lieu du deuil, un habit de fête au lieu d’un esprit abattu ? C’est une question qui m’habite aussi alors que nous avons vécu le drame de la mort du père Sébastien, souffrance comme assourdie par le confinement, mais bien encore présente en chacun de nous. 

Comment faire couler la miséricorde et la communion, au lieu du conflit et de la division ? Peut-être en reprenant conscience de notre être de consacré : « L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. » C’est grand ! A la mesure de notre petitesse ! C’est grand si nous sommes petits, si nous sommes humbles. Nous avons chacun reçu une onction par une ou plusieurs de ces saintes huiles ; elles-mêmes humbles moyens, qui signifient de grandes choses. De tout temps, l’huile sert à panser les blessures, à fortifier les muscles des athlètes, à faire pénétrer profondément les remèdes par la peau. C’est ainsi la puissance de l’esprit saint qui pénètre l’être appelé à une fonction particulière. L’onction sera la caractéristique essentielle de celui que Dieu choisira et enverra pour rétablir son peuple, le Messie ou Christ, Notre Seigneur Jésus Christ. En hébreu comme en grec, le mot Christ signifie « le oint », celui qui a reçu l’onction.

Dans le rite que nous vivons de la messe chrismale, je vais maintenant bénir ces trois Sainte Huiles.

1/ Je vais bénir l’huile des malades qui, « avec la bénédiction de Dieu, soulagera le corps, l’âme et l’esprit des malades qui en recevront l’onction ». 

2/ Puis l’huile des catéchumènes que l’on utilisera au cours des étapes de la préparation du baptême. Comme l’exprime la prière de bénédiction : « Elle soutiendra les forces de ceux qui sont en marche vers le baptême, afin qu’ils accueillent la Bonne Nouvelle et s’engagent de grand cœur dans l’effort de conversion dans le sacrement qui fera d’eux des enfants du Père ». Oh combien nos catéchumènes ont besoin de cette force, eux qui ont été éprouvé par le report de leur baptême à cause du Covid.

3/ Enfin je vais consacrer, dans une prière solennelle, le saint Chrême. Par lui sera donnée « l’onction » du Christ, qui fait les chrétiens, « membres de Jésus Christ, prêtre, prophète et roi ». Pour les baptisés et les confirmés, il est le signe du don de l’Esprit Saint par la nouvelle naissance dans l’Eglise. Il est aussi le signe de la consécration au service du Christ et de leurs frères, pour ceux qui sont appelés aux ministères d’évêques et de prêtres.

Ces Huiles Saintes, remises ensuite aux paroisses, seront employées tout au long de l’année pour les sacrements célébrés partout dans le diocèse.

« Je veux voir Dieu » et « Je suis fille de l’église », ces deux paroles de Ste Thérèse d’Avila, le père Marie-Eugène les unie ainsi : «La grâce baptismale nous rive au Christ (au sens d’être riveté), nous fait Christ (oint), pour que nous entrions dans son élan filial vers le Père, et pour que nous fassions avec lui un seul corps qui est le Christ total ou l’Eglise. (…) Enracinée dans le Baptême et dans l’Eucharistie, la vie spirituelle consiste donc à réaliser le Christ en nous, en épousant dans l’Esprit Saint le mouvement de son amour vers l’humanité blessée. » (Livre Pour lire JVVD page 40 & 41)

Il poursuit : «L’Eglise c’est le corps diffusé ou le Christ répandu en ses membres. Elle le prolonge en lui fournissant des humanités de surcroit dans lesquelles il étale les richesses de sa grâce et par lesquelles il continue sa mission sacerdotale ici-bas.»

Oui, frères et soeurs, comme membres de l’Eglise, nous poursuivons la mission sacerdotale de Jésus, dans la mesure du don de nous-même. « Le don de soi, ce n’est pas seulement un acte passager, dit encore le père Marie-Eugène. Ce n’est pas seulement aujourd’hui, mais demain et après-demain et toujours. Que notre vie spirituelle soit un don de nous-même continué, répété, et réalisé de plus en plus humblement. »

« Un don de nous-même continué, répété, et réalisé de plus en plus humblement ». Si c’était une grâce, un don du St Esprit, reçu à l’occasion de la crise sanitaire ?

Alors avec saint Jean dans l’Apocalypse, nous serions plus audacieux pour proclamer aux habitants des Hautes-Alpes : « Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, le prince des rois de la terre. » Ayez confiance, car il nous a dit : « je suis l’Alpha et l’Oméga, le 1er et le dernier (…) Celui qui est, qui était et qui vient, le Souverain de l’univers. »

Amen.

Cet article a 3 commentaires

  1. Lopez pm

    Bonjour
    Je vous informe que la messe chrismale sera diffusée sur RCF Alpes Provence le lendemain mercredi à 11h 30 après l’intervention de notre Évêque Mgr X Malle.
    Fraternellement en Christ
    Pierre Marie Lopez
    Diacre permanent
    Direction RCFAP

  2. Marielle DEHAYE

    Bonjour,

    je m’interroge sur le mode de gestion des places disponibles pour respecter les consignes sanitaires et éviter des déplacements inutiles, faut-il s’inscrire ?

    1. Webmaster

      Bonjour Madame,

      Il n’y a pas d’inscription pour la messe chrismale, les places seront données dans l’ordre d’arrivée. Je vous souhaite une bonne journée.

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