Messe du souvenir en ce 11 novembre 2017 – Ce que recommandait Mgr de Llobet en 1917

Mgr Gabriel de Llobet, évêque de Gap, sur le front. © Archives du diocèse de Gap.

En ce 11 novembre 2017, Mgr Xavier Malle présidera la messe du souvenir français en son église cathédrale à Gap à 9h30. Il sera ensuite présent à la commémoration de l’armistice au monument au morts.

Il y a 100 ans exactement, son prédécesseur Mgr Gabriel de Llobet recommandait de prier pour les morts et prescrivait pour le 11 novembre 1917 « un service solennel pour les âmes des soldats morts pour la France ». Mgr Gabriel de Llobet avait écrit et envoyé sa lettre pastorale depuis le front, étant un des deux seuls évêques français appelés sous les drapeaux du fait de sa jeunesse.

Mgr de Llobet choisit cette date du 11 novembre du fait qu’on est dans les jours qui suivent le jour de prière pour les fidèles défunts. Jour pour jour un an après, l’armistice sera signée dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne.

 

Nos très chers Frères,

La Commémoration des Fidèles Trépassés et les jours attristés de Novembre dirigeront vos pas, à la ville comme à la campagne, vers la terre sacrée des cimetières qui gardent les corps de vos chers disparus. […] Que de tombes, hélas ! doublement chères celles-là, auprès desquelles il ne vous est point permis d’épancher votre douleur et votre tendresse !

Lorsque la vague ennemie aura été refoulée, le territoire libéré verra venir ceux qui auront la consolation de pouvoir s’agenouiller sur la tombe des valeureuses victimes de la lutte héroïque. La vue de ces immenses nécropoles qui jalonnent la ligne et témoignent de l’âpreté de la bataille, le spectacle de ces camps de mort où la fraternité du sommeil réunit ceux qu’a couchés inanimés la communauté du sacrifice emplira leurs âmes d’épouvante, d’admiration et de pitié.

Ils saisiront alors ce qui a passé de poignant, de tragique, dans le cœur de ceux qui vécurent ici les heures de la grande guerre. Aumôniers et soldats, en pénétrant recueillis, tête nue, dans ces cimetières, nous nous savons les délégués de la famille, de la patrie, de la religion et, à ces titres, nous tenons à honneur d’apporter à la mémoire de nos frères d’armes le triple hommage de l’affection, du respect et de la prière.

[…] Le présent n’aurait pas de sens, il ne serait pour ceux qui souffrent, pour les opprimés et les persécutés de ce monde, qu’une incohérence ou une injustice, une fatalité sombre ou une sinistre ironie, si l’au-delà, grâce à la parole révélatrice de Jésus-Christ, ne découvrait devant nous la certitude du jugement et des rétributions à venir.

[…] « Heureux ceux qui meurent dans la paix du Seigneur. »
« Leur sépulcre sera glorieux. »
« Leur espérance est pleine d’immortalité. »
C’est ainsi qu’a parlé l’Esprit Saint.

N’est-il pas permis de penser que les longues et rudes souffrances qu’endurent nos soldats, celles qui accompagnent leur mort, la cause pour laquelle ils tombent, inclinent en leur faveur la souveraine clémence ? Eux, ils ont fait « leur devoir ». Ils n’ont refusé à la patrie ni leurs peines, ni leur sang. Ils ont donné, pour la plupart, espérons-le, au Dieu de leur baptême, le gage d’une existence chrétienne, ou tout au moins le dernier battement d’un cœur pénitent.

Et vous, chers Frères, quelle aide apporterez-vous aux besoins de leurs âmes ? […] Oh ! Priez, Nos très chers Frères, priez pour ces âmes nombreuses qui attendent de vous soulagement et pitié. […]

À ces causes,
le Saint Nom de Dieu invoqué,
Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Un service solennel pour les âmes des soldats morts pour la France, au cours de la guerre actuelle, sera célébré en notre Église Cathédrale, le 11 novembre [1917], à l0 heures.
[…]

Donné au front des armées, le 14 octobre 1917, en la fête de saint Callixte, pape et martyr.

+ Gabriel,
Évêque de Gap

 

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