Dimanche 19 juillet, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri s’est rendu à Vallouise pour fêter les travaux de réhabilitation de l’église Saint-Étienne.

Beaucoup de vacanciers étaient présents, parmi lesquels plusieurs prêtres, dont des jésuites.

Devant la peinture murale restaurée de Saint-Étienne

Devant l’église avec le maire, Jean Conreaux, avant la messe

Devant la mairie de Vallouise

Le père Jean-Michel Bardet, doyen du Briançonnais

Procession vers l’église des servants …

… et des prêtres

Accueil par le curé, le père Victorien Razanamparany

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri et une partie des prêtres présents

À l’invitation de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri …

… chacun des prêtres se présente

L’assemblée, avec les élus présents au premier rang

Bénédiction de l’assemblée

Les enfants autour de l’autel pour le Notre Père

Sortie de la messe
Mgr Jean-Michel di Falco présente et offre le livre sur l’histoire et la vie du diocèse à Jean Conreaux

Livre sur l’histoire du diocèse

 

Apéritif sur le parvis de l’église

Après le déjeuner Mgr Jean-Michel di Falco Léandri a visité une partie du patrimoine naturel et architectural de la commune, accompagné de Jean Conreaux, maire de Vallouise, et des pères Victorien et Jean-Liset.

Visite de la chapelle Sainte-Anne …

… au hameau de Puy-Aillaud

Intérieur de la chapelle …

… avec la statue de sainte Anne, portant la Vierge Marie, portant l’Enfant Jésus

À la chapelle de Béassac …

… et devant la plaque en hommage au maquis de Béassac (1943-1944)
À Entre-les-Aigues, au fond de la vallée de l’Onde

 

À la brasserie artisanale L&L Alphand, créée par le vainqueur de la coupe du monde de ski et par son frère Lionel

L&L Alphand

Ci-dessous l’homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri et les mots de Claude Medici, président de l’association Sauvegarder Saint-Étienne de Vallouise, et de Jean Conreaux, maire de Vallouise et conseiller départemental.

Homélie

de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

Texte de l’homélie plus bas dans l’article.

Claude Medici

À la fin de la messe, Claude Medici, président de l’association Sauvegarder Saint-Étienne de Vallouise, présente les cinq années de travaux ainsi que le livre et la plaquette sur l’église Saint-Étienne.

Présentation du livre sur l’église plus bas dans l’article.

Jean Conreaux

Après Claude Medici, Jean Conraux, maire de Vallouise et conseiller départemental, présente quelques anecdotes des travaux, parmi lesquelles les montées du père André Foy sur la toiture et la question des chauves-souris. Il remercie à la fin sous les applaudissements tout ce que Mgr Jean-Michel di Falco Léandri fait pour le département.

L’homélie

de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

Dans l’évangile de dimanche dernier, Jésus paraissait bien exigeant. « Pas de pain, pas de sac, pas d’argent pour la route » disait-il à ses apôtres qu’il envoyait en mission.

Voilà qu’aujourd’hui nous voyons les apôtres revenir auprès de Jésus, et celui-ci leur dire : « Reposez-vous un peu ».

N’est-ce pas, mes pères [se tournant vers les prêtres en vacances], reposez-vous un peu. Tout comme les coureurs du tour de France à qui on aura beaucoup demandé, et à qui on va dire « reposez-vous un peu » ce mardi 21 à Gap.

Exigence de Jésus pour les apôtres dans leur mission. Compassion pour eux à leur retour. Exigence, compassion ; exigence, indulgence. Pas facile de tenir un juste équilibre entre les deux. On ne peut pas toujours être dans l’exigence, ni toujours dans l’indulgence ; toujours dans le labeur, ni toujours dans le repos.

À quel moment, avec qui, et dans quel domaine faut-il se montrer exigeant ? À quel moment, avec qui, et dans quel domaine faut-il se montrer indulgent ? Nous sommes bien souvent confrontés à cette question.

On est quelquefois bien trop exigeant, ou bien trop indulgent. Trop exigeant ou trop indulgent avec soi-même. Trop exigeant ou trop indulgent avec son entourage.

À être trop indulgent on risque de devenir laxiste. Et à être trop exigeant on risque de devenir rigoriste.

L’exigence peut tirer vers le haut, amener à se dépasser, plus ou moins malgré soi. Mais elle peut aussi être écrasante. L’indulgence peut être un moyen de se mettre à la hauteur de l’autre, de ses faiblesses. Mais celui qui en bénéficie peut en abuser.

Comme chrétiens nous devons, même si c’est difficile, être exigeants et indulgents à la fois, pour une même personne. Si je pouvais utiliser une image, je dirais que nous devrions faire un peu comme Jean de La Fontaine dans ses fables. Un coup  il accable le loup – sujet à ne pas aborder dans les Hautes-Alpes –, un coup  il accable le loup comme dans Le loup et l’agneau, et un coup il prend sa défense, comme dans Le loup et le chien. Tout dépend de la situation.

Vous le savez ici en Vallouise, les trois vallées de L’Argentière, de Freissinières et de la Vallouise ont été un refuge pour les vaudois dans les temps anciens. Ce mouvement déstabilisait l’Église. Fallait-il être exigeant ? Fallait-il être indulgent ? Comment fallait-il réagir ? Les franciscains, installés à Briançon ont agi par la parole et par l’exemple, et l’on se rappelle surtout en Vallouise le passage du saint dominicain itinérant Vincent Ferrier. Mais peu à peu les moyens mis en place ont été de plus en plus coercitifs, à la demande du dauphin Humbert II, qui jugeait le mouvement politiquement et socialement dangereux. Ce n’était pas la ligne de l’évangile. Et c’est pourquoi le pape François il y a quelques semaines à Milan, n’a pas manqué de demander pardon pour les persécutions commises dans l’Histoire à l’encontre de la communauté vaudoise.

Tout cela peut nous paraître bien loin. Mais pas si sûr. On peut le transposer aujourd’hui, dans l’attitude que nous pouvons avoir face à des comportements que considérons, à tort ou à raison, comme déviants, comme dangereux pour la société.

Lorsqu’une communauté, une nation, se sent menacée par le terrorisme ou l’anarchie, comment doit-elle réagir ? Je n’ai pas la réponse. En tout cas, ce ne peut être ni par une abdication de toute forme d’autorité, ni à l’inverse par une autorité qui s’imposerait par tous les moyens. Faire le bien doit venir du dedans. Il est le résultat d’un choix. On ne peut pas l’imposer de l’extérieur. L’homme qui ne pourrait plus choisir de faire le bien librement ne serait plus un homme.

Ce qui vaut à l’échelle d’une nation vaut aussi à l’échelle d’une famille. Lorsqu’un proche prend une direction que je réprouve, voire même que je trouve néfaste pour lui, comment le préserver, l’aider, l’accompagner ? Par la force ou par la raison, par la persuasion, par l’attention, par l’amour ?

Quand Jésus voit la foule comme des bergers, il ne se met pas à les diriger de force vers le bercail. Il se met à les enseigner nous dit l’évangile. C’est par attraction que les brebis vont se mettre à le suivre, pas par obligation ou sous la contrainte.

À juste titre nous nous révoltons contre ceux qui usent de la force en Syrie, en Irak, pour imposer leur vision de Dieu, leur vision du monde, leur vision de la vie en société. Mais n’oublions pas que nous-mêmes, chrétiens, trop souvent nous avons voulu imposer notre foi. Il y a même aujourd’hui en France des chrétiens qui se tiennent tranquilles parce qu’ils se savent en situation de minorité, mais qui s’ils étaient au pouvoir aimeraient bien imposer leurs vues. « La vérité a tous les droits, l’erreur aucun », crient-ils. « Pas de liberté pour l’erreur ou le mal », assènent-ils. Bref, le même langage extrémiste que ceux qui ont voulu imposer la Révolution ! « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté » criait Saint-Just. Le même extrémisme que ceux qui ont voulu imposer l’athéisme dans les pays communistes. Les extrêmes se rejoignent. Ces extrêmes on ne les trouve ni dans les religions, ni dans l’absence de religion, ni dans la laïcité, ni dans aucun système, on les trouve dans les cœurs de certains hommes qui ne peuvent pas supporter qu’on ne pense pas comme eux, et qu’on ne vive pas comme eux.

Comme chrétiens nous devons préserver la liberté de l’autre à tout prix. C’est difficile car c’est un risque : risque de n’être pas compris, d’être méprisé, voire même d’être persécuté. Mais ce risque est à prendre. Car tout acte de foi pour être vrai doit être sincère.

De même qu’un homme violent montre par sa violence non pas sa puissance mais ses failles, ses faiblesses, son insécurité, de même le chrétien qui cherche à imposer sa foi montre la faiblesse de sa foi. Il montre qu’il ne croit pas tant que ça au fait que le Christ est le maître de l’histoire, que l’Esprit guide son Église. Il montre qu’il ne croit pas en la force de la Parole de Dieu pour toucher les esprits et les cœurs.

Alors ayons un peu plus de foi et un peu plus de respect pour les autres. Avant l’amour de la vérité, nous devons faire passer l’amour des autres. « Reposez-vous un peu » dit Jésus à ses apôtres. Et de la foule qui le suit, saisi de compassion, Jésus se met à l’enseigner longuement. Certains vont être touchés et le suivre, certains vont rester indifférents et retourner à leurs occupations, et certains vont chercher à le perdre. Mais tous seront restés libres dans leurs choix.

Nous sommes ici dans une église dédiée à saint Étienne. Rappelons-nous son martyre. Alors qu’il était lapidé, un jeune homme regardait la scène, approuvant le meurtre. Cet homme s’appelait Saul. Il est devenu saint Paul. C’est librement qu’il est devenu saint Paul, après que le Christ lui aura montré tout son amour, un amour à la fois plein d’exigence et d’indulgence, de pardon pour le passé et  de promesse pour le futur.

+ Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Le livre sur l’église Saint-Étienne

312 pages, 322 illustrations, 35 €

Classée au titre des monuments historiques depuis le 22 octobre 1913, l’église Saint-Étienne de Vallouise constitue avec ses abords un ensemble de toute beauté. L’état antérieur des connaissances relatives à cet édifice, parcellaire, souvent ancien, est enrichi par cet ouvrage abondamment illustré qui apporte un éclairage nouveau sur l’histoire, l’architecture, les décors sculptés et peints, le mobilier d’une église paroissiale située dans le bassin de la Haute-Durance, au sud du carrefour d’influences que constituait Briançon sous l’Ancien Régime.

Construite entre le milieu du XVe siècle et le milieu du XVIe siècle, l’église de Vallouise comporte de nombreuses survivances tardives de l’art roman, comme maints édifices religieux contemporains des Alpes du Sud, ainsi que quelques éléments gothiques. Son étude contribue à retracer une histoire humaine, économique, religieuse, au cœur d’une vallée reconquise sur l’hérésie vaudoise, à la veille de la Réforme de l’Église catholique. Son architecture et ses décors sculptés et peints, les différentes pièces de son riche mobilier – vantaux de portes, fonts baptismaux, retables baroques, meubles, statues, tableaux, pièces d’orfèvrerie, cloches et horloges, etc. – sont décrits et analysés avec précision. Cette étude redonne vie sur plusieurs siècles à une communauté montagnarde dynamique et ouverte.

Ouvrage collectif sous la direction de Paul Billon-Grand. Textes de Chantal Desvignes-Mallet, conservateur en chef honoraire du patrimoine, auteur principal, Paul Billon-Grand, Claude Altobelli et Claude Medici. Photographies de Paul Billon-Grand, Olivier Joseph et Chantal Desvignes-Mallet. Sous l’égide de l’Association de sauvegarde de l’église Saint-Étienne de Vallouise.

Mail de l’association Sauvegarder Saint-Étienne de Vallouise : asese-vallouise@laposte.net

Cet article a 9 commentaires

  1. Paul Billon-Grand

    Bonjour,
    Merci à Luc-André Biarnais de son gentil commentaire.

    Comme Luc-André Biarnais l’a justement rappelé, le nom de « Vallis Puta » n’a rien à voir avec les vaudois. La vallée s’appelait ainsi avant le début du valdéisme et la présence vaudoise en Vallouise n’est attestée que dans la première moitié du XIVe siècle.

    De façon générale, il y a une grande ignorance concernant les vaudois dans le Briançonnais où on ressasse encore légendes et erreurs historiques. On peut en trouver un bel exemple dans le film « Les vaudois : 800 ans d’hérésie » produit par la mairie de l’Argentière-la-Bessée. Outre son titre fallacieux et tendancieux, loin d’être instructif, il fournit une vision obsolète du valdéisme, encore au stade de l’hérésie, qui s’appuie sur des faits erronés, inventés, légendaires et a contrario des faits réels omis.
    Pour une analyse détaillé du film, voir mon article : http://www.vallouise.info/nouvelles/2015/0727-a.htm.
    Cordialement,
    Paul Billon-Grand, Vallouise
    Coordonnateur du livre sur l’église de Vallouise.

  2. croassant

    STE ANNE à Ceillac.Merci pour ces magnifiques photos,une journée,messe et homélie de MONSEIGNEUR,toujours son humour de circonstance et des paroles réconfortantes pour les chrétiens et les paroissiens.Le beau temps qui contribue à enchanter ces bons moments de partage

  3. croassant

    MONSEIGNEUR,le discours de Monsieur le Maire de Vallouise Jean Conraux,que des compliments tout à votre honneur.Vous faîtes beaucoup pour votre département,la sauvegarde des édifices,restaurer les églises,embellir le Sanctuaire ND du Laus,sauvegarder les traditions religieuses pour rassembler les fidèles,les chrétiens.Un sauveur!!!Pour vous définir pas de qualificatif assez revalorisant! toujours le Charisme,une fascination à entreprendre et réussir.Bon courage MONSEIGNEUR pour la continuité.

  4. croassant

    Votre homélie,MONSEIGNEUR,à Vallouise,pertinente,mais réelle.Faire le bien doit venir du dedans,être sincère.Un Amour à la fois plein d’exigence et d’indulgence,de pardon pour le passé et de promesse du futur,pour être bon Chrétien.Le 22 juin à Turin,notre Cher Pape,son homélie,j’ai bien écouté “Pardon aux Vaudois,au nom de l’Eglise catholique pour les attitudes et les comportements non chrétiens,même non humains,que dans l’histoire nous avons eu contre vous.Au nom du Seigneur le Christ,pardonnez-nous”.Tout çà pour ne pas accepter les différences de chacun.Espérons MONSEIGNEUR,que vos paroles et l’ouvrage de ce livre riche de mémoires collectives apporteront un peu plus de foi et de respect envers les autres sans violence.Merci pour toutes ces belles photos et le sourire du Père Jean Michel Bardet à la fenêtre,bras accueillants!

  5. Luc-André Biarnais

    L’ouvrage sur L’église Saint-Etienne de Vallouise à travers les âges donne aux pages 62 et 76 d’intéressantes précisions sur la toponymie et la présence des Vaudois.
    Le nom de Valputa, soit la mauvaise vallée, ou la vallée fétide, fait référence aux zones humides et d’eaux stagnantes de la vallée. La présence locale des Vaudois est postérieure à ce toponyme.
    Le livre publié sous l’égide de l’Association de sauvegarde de l’église Saint-Etienne de Vallouise est magnifique, extrêmement fouillé et il en faudrait beaucoup de ce niveau dans notre département.

    Luc-André Biarnais, archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun

  6. Elisabeth Meyer

    Monseigneur, encore une belle Homélie. Nos faiblesses sont importantes et il est difficile de les combattre. Cette petite phrase ” tout acte de foi pour être vrai doit être sincère” doit être présente dans notre esprit et notre vie de chaque jour.
    Merci pour le partage de ces jolies photos.

  7. Grimaldi Marie José

    Très bel album !

  8. Salvador

    Bonjour
    .
    Les noms de la commune à travers les siècles
    .
    Vallis Gerentonia = la vallée des rochers jusqu’au XIIe siècle,
    .
    Vallis putas = la vallée mauvaise, lorsque les disciples de Pierre Valdo se sont installés dans la vallée (les vaudois)
    .
    Vallouise = Vallée Louise, en hommage à Louis XI, qui fit cesser les représailles et les massacres organisés à la demande de l’évêché d’Embrun
    .
    Louis XI pris le titre de chanoine honoraire de la cathédrale d’Embrun pour contrôler l’évêque. Depuis les rois de France et leurs successeurs, les présidents de la République française, sont également de droit chanoines d’Embrun
    .
    Val Libre ; pendant la Révolution
    .
    bonne soirée

    1. Olivier Joseph

      Bonsoir,

      Le nom Vallis Puta ne fait en aucun cas référence à la présence de Vaudois : il apparait dans les documents en 1173, soit à un moment où aucune présence Vaudoise n’est possible dans la vallée.

      Comme nous l’avons montré, de façon étymologique et diachronique, dans le livre sur l’église Saint-Étienne de Vallouise, Vallis Puta renvoit à la notion de putridité en raison de la présence d’importantes zones humides, dans les plaines des Vigneaux, de Vallouise et du Pré de Madame Carle.

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