Dimanche 13 octobre 2013, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri était à La Bâtie-Vieille pour fêter la restauration de l’église Saint-Martin, construite au XIXe siècle. Située sur un promontoire, en regard de la tour de La Bâtie-Vieille, l’église Saint-Martin domine le village.

Le père Sébastien Dubois, curé de la paroisse Saint-Arnoux, dont fait partie La Bâtie-Vieille, concélébrait la messe. De nombreux élus et représentants de l’Etat étaient aussi présents, parmi lesquelles Patrick Galvain, maire de La Bâtie-Vieille, Pierre Bernard-Reymond, sénateur des Hautes-Alpes, Jean-Yves Dusserre, président du Conseil général, François Drapé, secrétaire général de la préfecture des Hautes-alpes et sous-préfet de l’arrondissement de Gap.

Ci-dessous des photos ainsi que l’homélie.

[flagallery gid=50]

Des Extraits de l’homélie en vidéo

L’Intégralité de l’homélie

« Merci, chien ! »

Sans doute les plus âgés d’entre nous se souviennent-ils de cette expression que l’on adressait autrefois aux enfants pour leur rappeler que l’on doit dire « merci ».

Savoir dire « merci ». Montrer de la gratitude. Dire « s’il vous plaît ». Je ne sais pas si vous avez remarqué que ces mots semblent disparaître de notre vocabulaire. Même à des ados, pas simplement à des enfants, il faut continuer à apprendre à dire « merci ». Dix-sept jeunes sont partis aux JMJ cet été grâce à la générosité de donateurs. Je leur ai bien recommandé d’envoyer une carte postale de remerciements depuis le Brésil. Je me demande s’ils auraient pensé à dire « merci ».

Nous vivons de plus en plus comme ce qui nous est donné, offert, était un dû.

Certes il vaut mieux qu’un merci vienne spontanément du cœur plutôt qu’il soit dit machinalement. Certes il est préférable que le merci exprime de la vraie gratitude plutôt qu’un calcul, en se disant que cela pourrait servir plus tard. Certes on peut ne pas savoir comment remercier tant on est submergé par l’émotion, ou parce qu’on a peur d’être redevable, ou parce qu’on est trop pudique.

Mais à ne pas remercier pour toutes ces raisons, le cœur s’atrophie. On se replie sur soi, on devient sourd et aveugle à ceux qui nous entourent.

Ici dans l’évangile, un seul lépreux guéri revient sur ses pas pour dire « merci ». Les autres prennent leur guérison comme un dû. Ils se considèrent quittes à l’égard de Dieu, de Jésus, de la vie. Ils doivent pourtant la vie à Jésus ! La vie ! Tout en fait ! Ils étaient condamnés à mourir exclus de la communauté : mort physique à plus ou moins long terme, mort psychologique peut-être, mort sociale en tout cas. Et voilà qu’ils sont vivants à nouveau ! Et rien. Pas un mot. Pas un retour vers leur bienfaiteur. Pas un merci. Quelle mort en fait pour eux ! La mort du cœur !

Regardez le lépreux qui revient vers Jésus ! Regardez sa joie ! Savoir remercier change notre regard et notre rapport avec le monde qui nous entoure. Remercier quelqu’un c’est remercier la vie pour ce qu’elle nous apporte. C’est considérer que tout est don et savoir tout recevoir comme un don. En montrant de la gratitude, on montre qu’on aime la vie, on exprime notre joie d’être vivants, d’être là.

Nous sommes ainsi faits : nous nous rappelons plus facilement le mal qu’on nous a fait que le bien. En disant merci à la vie, merci à Dieu, reconnaissons tout le bien qui nous est arrivé dans notre vie, tout le bien que le Seigneur nous a fait et qu’il continue de nous faire et que nous pouvons voir si nous y sommes attentifs. Avons-nous conscience de tout ce que Dieu fait pour nous tous les jours. Pensons-nous à lui ? Lui disons-nous « merci » ?

Pour percevoir la beauté de la vie, il faut savoir remercier. Pour savoir remercier, il faut d’abord s’y efforcer. Dieu ne vient pas à nous comme un dû. Il est nécessaire de se mettre dans l’état d’esprit de le percevoir. Efforçons-nous de dire « merci » à Dieu comme nous apprenons aux enfants à dire « merci », et peut-être qu’avec le temps nous nous rendrons compte que Dieu est présent, que Dieu agit, alors qu’avant nous ne l’avions pas vu.

Je ne vais pas terminer sans mettre en pratique ce que je viens de dire ! Alors merci à vous tous d’être présents ce matin. Merci à vous, Monsieur le maire, ainsi qu’aux membres de votre conseil ; merci aux élus, à ceux qui ont accordé des subventions pour que ces travaux puissent se réaliser ; et bien sûr merci à tous les artisans qui ont œuvré à la restauration de cette église.

Je dis souvent que si les pierres des églises pouvaient parler elles en auraient des choses à raconter. Elles sont comme des éponges qui se sont imprégnées des prières balbutiées. Celles prononcées dans la joie comme dans les larmes. Elles ont aussi entendu les mercis pour des grâces reçues. Une église, c’est une sorte d’écrin dans lequel viennent se loger toutes les joies, celles des baptêmes, des mariages, mais aussi toutes les détresses, toutes les peines, celles des croyants comme des incroyants. Dans une église, ce sont les bras du Christ grands ouverts qui attendent tous ceux qui se présentent, sans distinction, pour déposer un fardeau parfois trop lourd à porter. Voilà pourquoi au cœur d’un village l’église n’est pas un simple bâtiment comme les autres ; même vide ce bâtiment est habité, habité par Dieu ; mais pas seulement, l’église est habitée par l’âme des générations qui nous ont précédées, par la présence invisible de celles et ceux qui nous ont quittés et que nous avons aimés.

Alors, pour tout cela, vraiment, Monsieur le maire, un immense merci.

+ Jean-Michel di FALCO LÉANDRI
Évêque de GAP et d’EMBRUN 

Cet article a 1 commentaire

  1. COTIN JANINE

    RE-BONJOUR,

    Non seulement les parents et l’école n’apprennent plus les règles élémentaires de politesse ! merci, bonjour, céder sa place dans les transports publics aux plus âgés etc …C’est certainement l’âge qui nous sépare qui fait que nous avons été élevés avec ces notions de politesse. Nous n’en sommes p

Les commentaires sont fermés.