Mgr Jean-Michel di Falco Léandri à un colloque de dirigeants d’entreprises : “Gouverner sans exercer tout le pouvoir dont on dispose”
Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
  • Post published:9 juillet 2014

Du jeudi 3 au samedi 5 juillet 2014 s’est tenu à Avignon un colloque organisé par le Groupe IGS sur le thème “Gouverner c’est transformer”.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri avait été invité pour y apporter un regard de l’Église sur la question.

En raison du match de foot France-Allemagne, Mgr Jean-Michel di Falco est intervenu tard le soir. Il a donc répondu à des questions plutôt que de lire sa communication que vous trouverez ci-dessous et qui paraîtra dans les actes du colloque.

Déjeuner dans les jardins de la Maison Jean Vilar

Une partie des participants au colloque

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

 

Intervention
du vendredi 4 juillet 2014
à Avignon

Dans le cadre de ce colloque « Gouverner, c’est transformer », on m’a invité à aborder la question sous l’angle suivant : « Transformer : le regard de l’Église. »

J’évoquerai d’abord l’autorité que les Évangiles prêtent à Jésus, et ce que Jésus vient transformer dans nos rapports humains. Le mot « transformation » étant proche de celui de « conversion » (la conversion étant une transformation de l’intelligence et du cœur), j’aborderai ensuite la question de la transformation consistant à ne plus se laisser guider par ses passions mais à se gouverner soi-même, et de ses implications politiques. Je traiterai enfin deux questions propres au gouvernement au sein de l’Église catholique : les liens (et les tensions) entre charisme et hiérarchie d’une part, et les liens (et les tensions) entre primauté du pape et collégialité des évêques d’autre part. Je conclurai sur une question : gouverner, ne serait-pas ne pas exercer tout le pouvoir dont on dispose ?

Donc, tout d’abord :

L’autorité de Jésus. Ce que Jésus vient transformer.

Comme chrétien, permettez-moi que je me tourne d’abord vers Jésus, pour voir quelle autorité les évangiles lui accordent, comment il exerce cette autorité, ce que Jésus transforme, et ce qu’il invite à transformer.

Les évangiles nous présentent un Jésus qui, durant les trois ans de sa vie publique, est comme le dépositaire d’une autorité (exousia en grec), une autorité tout à fait singulière : il prêche avec autorité (Mt 7, 29), il remet les péchés (Mt 9, 6) il est le maître du sabbat (Mc 2, 28), il a pouvoir (exousia) sur les maladies, sur les éléments, sur les démons. L’autorité qu’il exerce a tout des attributs d’une autorité propre à Dieu.

Je n’entre pas ici dans la question de savoir si cette autorité est usurpée ou non, ni sur la question de savoir si cette autorité divine serait une reconstruction due à la première communauté chrétienne. Bien sûr, comme chrétien, je crois que cette autorité n’est pas usurpée, ni qu’elle est une reconstruction du personnage Jésus. Mais je laisse la possibilité ou non à chacun de le croire ou non.

Ce qui m’intéresse ici, c’est de voir la manière dont les évangiles présentent Jésus, et ils le présentent comme ayant une autorité divine. Par quelle autorité Jésus fait-il tout ce qu’il fait ? se demandent ceux qui le croisent. Par exemple, dans l’évangile de Marc, en entendant Jésus dire à un paralysé « tes péchés sont pardonnés », les scribes se disent en eux-mêmes : « Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Mais Jésus perçoit leur raisonnement, et ordonne au paralysé de se lever pour montrer qu’il « a autorité pour pardonner les péchés sur la terre. » (Mc 2, 1-12).

Les signes que Jésus accomplis sont déjà en eux-mêmes une réponse à la question de savoir par quelle autorité il agit. On reconnaît l’arbre à ses fruits. Son autorité est celle de Dieu pour les évangélistes, et à ce titre c’est une autorité sur toute la création et sur le politique. Tout pouvoir lui a été donné par son Père, et tout pouvoir lui sera rendu à la fin des temps.

Mais dans ce temps qui est celui de l’histoire, Jésus distingue clairement le spirituel du temporel, en invitant à rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Alors que les chefs de ce monde exercent leur autorité par la domination, Jésus se tient au milieu des hommes comme celui qui sert. Et Jésus demande à ses disciples d’exercer leur autorité comme un service. (cf. Jean 13, 13-15).

Voici donc pour l’autorité de Jésus, telle que présentée dans les Évangiles. Jésus est dépositaire de l’autorité divine, certes, mais une autorité qui ne s’impose pas, car Dieu est amour, et l’amour ne s’impose pas. La transformation ne peut venir que par la seule force de la vérité de l’amour. Ceci nous amène au second point que je voudrais traiter : la transformation du cœur, le fait de se transformer soi-même.

Gouverner. Se transformer d’abord soi-même.

Jésus a appelé à la conversion, c’est-à-dire à une transformation dans notre manière de penser, de voir, de faire, de sentir, de vivre avec les autres, à une transformation dans notre manière de considérer Dieu. Prenons l’exemple de saint Paul. Paul, alors appelé Saul, persécutait les chrétiens. Il était même « animé d’une rage meurtrière » à leur égard, disent les Actes des apôtres (Act. 9, 1). Mais voilà qu’il se convertit et passe du côté des persécutés. Va-t-il pour autant, maintenant qu’il est chrétien, chercher à imposer sa foi à ses frères israélites ? Pas du tout. Il n’impose désormais plus rien à quiconque. Il annonce, argumente, cherche à convaincre. C’est tout. S’il se trouve confronté au refus de la part de ses frères israélites d’accueillir l’Évangile, ce n’est pas la haine qui l’habite, ni à l’inverse l’abattement, mais une immense peine : « J’ai dans le cœur une grande tristesse, une douleur incessante. » (Rm 9, 1) écrit-il.

L’attitude de Paul consistant à proposer la foi sans jamais l’imposer, rejoint l’attitude de Dieu telle que Jésus nous l’a présentée au cours de sa vie publique. Dans la parabole du figuier par exemple (cf. Luc 13, 6-9), Jésus présente un ouvrier qui veut abattre un figuier stérile. Le vigneron – Dieu lui-même en fait – invite son ouvrier à n’en rien faire, à ajouter du fumier, à attendre encore. Dieu patiente. Il espère le changement, une transformation. Le Christ lui-même a suscité la foi en ses auditeurs sans chercher à les contraindre : « Ne voulant pas être un Messie politique dominant par la force, il préféra se dire Fils de l’homme venu pour servir. »[1] dit le concile Vatican II. Ses vrais disciples auront la même attitude, (les vrais disciples, pas les faux), cherchant à amener les hommes au Christ « non par l’action coercitive ni par des artifices indignes de l’Évangile, mais avant tout par la puissance de la Parole de Dieu. »[2]

La diffusion du christianisme n’aurait donc rien dû devoir à une conversion par l’épée. Les conversions par la force sont des caricatures de christianisme. Le corps se vainc, l’âme se convainc.

Cette conversion, cette transformation intérieure sur le plan religieux, a des conséquences au plan éthique et politique. Elle rejoint le principe selon lequel pour gouverner les autres il convient d’abord de savoir se gouverner soi-même. Déjà dans l’Ancien Testament on voit le roi Salomon demander à Dieu la sagesse nécessaire pour gouverner les autres et se gouverner lui-même.

Se gouverner soi-même pour pouvoir – et savoir –, gouverner les autres, semble être un principe universel. Dans les Entretiens de Confucius, on trouve la parole suivante : « Si un homme sait se gouverner lui-même, quelle difficulté aura-t-il à gouverner l’État ? Mais celui qui ne sait pas se gouverner lui-même, comment pourra-t-il gouverner les autres ? »[3]

Dans la tradition grecque, il en est de même. Platon présente un jeune aristocrate brillant et ambitieux qui veut se lancer dans le politique. Un long dialogue s’engage entre Socrate et le jeune Alcibiade. Pour Socrate, celui qui ne se connaît pas lui-même ne sait pas, ni à quelle perfection il est appelé, ni comment y parvenir. Incapable de se perfectionner lui-même, il est d’autant plus incapable de perfectionner les autres et de se mêler à bon escient de leurs affaires. Il est donc nécessairement un mauvais homme d’État. Pour Socrate il convient donc d’obéir tant qu’on n’est pas vertueux, et de ne pas commander les autres tant qu’on ne connaît pas l’art de les rendre vertueux.[4] À propos de ce texte de Platon, le philosophe Michel Foucault dira : « l’art de se gouverner soi-même devient un facteur politique déterminant. On sait l’importance prise par le problème de la vertu des empereurs, de leur vie privée et de la manière dont ils savent maîtriser leurs passions : on y voit la garantie qu’ils sauront mettre d’eux-mêmes une limite à l’exercice de leur pouvoir politique. Mais ce principe vaut pour quiconque doit gouverner : il doit s’occuper de lui-même, guider sa propre âme, établir son propre éthos. »[5]

Il existerait donc un lien étroit entre les principes guidant la conduite personnelle et ceux guidant l’action politique, se gouverner soi-même étant une condition nécessaire (sans pour autant être suffisante) pour savoir gouverner les autres. Celui qui est impuissant à se dominer lui-même risque fort de céder à la tentation de dominer plutôt que de servir lorsqu’il est placé en situation de puissance sur les autres. Quant à ceux qui sont en situation d’obéissance, d’administrés, de gouvernés, ceux-là risquent fort de se laisser dominer s’ils ne savent pas se gouverner eux-mêmes. À ce sujet on peut citer John Milton : « Si les hommes étaient gouvernés par la raison à l’intérieur d’eux-mêmes, s’ils s’abandonnaient moins à la double tyrannie de la coutume du dehors et des passions aveugles au-dedans d’eux-mêmes, ils discerneraient mieux ce qui encourage et à l’inverse ce qui prévient le tyran d’une Nation. »[6]

On voit donc que l’art de se gouverner soi-même dépasse ici largement l’art de dissimuler ses réactions affectives, de maîtriser les apparences. Du côté des gouvernants, l’art de se gouverner soi-même immuniserait contre les penchants tyranniques qui pourraient les habiter ; du côté des administrés, l’art de se gouverner soi-même permettrait d’être sensible et résistant à toute forme de tyrannie.

John Milton parlait pour un système de type monarchique, ou celui qui gouverne est placé à son poste de gouvernance indépendamment de la volonté d’un peuple. Mais transféré dans le cadre d’un système démocratique, le risque n’est plus tant la tyrannie du despote que celle de la majorité. Du côté des gouvernants, l’art de se gouverner soi-même serait alors ce qui leur permettrait de ne pas chercher simplement à satisfaire l’opinion publique ; et du côté du peuple, l’art de se gouverner soi-même serait ce qui lui permettrait de ne pas voter simplement en fonction de ses intérêts particuliers et de ses satisfactions personnelles.

Aux citoyens d’une société immature et irresponsable arriverait à mon sens ce que la philosophe Hanna Arendt décrit d’enfants affranchis de toute autorité extérieure alors qu’ils sont encore en phase de structuration psychologique, intellectuelle, mentale, affective et morale. Affranchis de toute autorité alors qu’ils n’ont pas encore intériorisés la loi, ils sont incapables de se gouverner eux-mêmes et de gouverner les autres. Et alors arrive ce que décrit Hanna Arendt. Je cite : « Affranchi de l’autorité des adultes, l’enfant [est] soumis à une autorité bien plus effrayante et vraiment tyrannique : la tyrannie de la majorité. [Les enfants] sont soit livrés à eux-mêmes, soit livrés à la tyrannie de leur groupe, contre lequel, du fait de sa supériorité numérique, ils ne peuvent se révolter, avec lequel, étant enfants, ils ne peuvent discuter, et duquel ils ne peuvent s’échapper pour aucun autre monde. »[7]

Fin de citation. Des êtres livrés à la tyrannie de la majorité et à la pression de la conformité, des êtres sans moyen pour se protéger, sans monde vers lequel s’échapper, des êtres cherchant à réagir à la « contrainte soit par le conformisme, soit par la délinquance […], et souvent par un mélange des deux »[8], ne serait-ce pas un peu notre société à partir du moment où elle a voulu s’affranchir de l’autorité d’un Père des cieux ? Faisons des lois « etsi Deus non daretur » (comme si Dieu n’existait pas) avait dit le juriste Hugo Grotius au xviie siècle. Faisons des lois « etsi Deus daretur » (comme si Dieu existait, même si on ne croit pas en son existence) avait proposé à l’inverse le pape Benoît XVI. Seul moyen selon lui d’échapper à l’arbitraire.

Gouverner, c’est transformer.

Je passe maintenant à la question du gouvernement de l’Église, pour voir s’il est possible de la gouverner d’une manière autre que celle que nous connaissons, tout en respectant la nature propre de l’Église. Je vais aborder cette question par deux biais : celui du lien entre hiérarchie et charisme, et celui du lien entre primauté du pape et collégialité des évêques.

Le lien entre hiérarchie et charisme.

Pour le catholique, l’Église est fondée sur les apôtres, envoyés en mission par le Christ lui-même. Cette Église garde, transmet et approfondit l’enseignement des apôtres. Et cette Église continue à être dirigée par les apôtres, grâce à leurs successeurs, les évêques. C’est en ce sens que nous parlons, nous catholiques, de « l’Église apostolique ». Pour le catholique, l’Église est donc organisée hiérarchiquement, et cette structure est intangible. Pour lui, l’Église en tant qu’institution était bien dans la pensée de Jésus. Elle n’est pas le fruit des premiers chrétiens voulant se survivre à eux-mêmes. Rien de fortuit dans le choix par Jésus de douze apôtres. Son modèle est le peuple d’Israël, avec ses douze tribus.

Cette Église apostolique est l’Église insérée dans l’histoire. Pour citer le Concile Vatican II : « Jésus Christ, Pasteur éternel, […] a voulu que les successeurs de ces Apôtres, c’est-à-dire les évêques, soient dans l’Église, pasteurs jusqu’à la consommation des siècles. »[9] Il n’y a donc pas un temps dans l’histoire où l’Église pourrait être sans organisation hiérarchique, une Église spiritualiste et a-hiérarchique. De même, malgré tous les changements générés par le Concile Vatican II, on ne peut pas dire qu’il y a rupture dans l’Église, entre l’avant et l’après Concile. Avec le Concile Vatican II, c’est bien la même Église, qui à la fois se continue et se renouvelle. Tout le travail des papes récents a été, chacun selon son style, à la fois de défendre la nouveauté du Concile tout en assurant la continuité avec l’Église préconciliaire.

Dans l’Église, il appartient donc à ceux qui veulent innover – et il faut innover – de le faire en s’insérant dans cette Église apostolique, dans son organisation hiérarchique. Il appartient à l’inverse à ceux qui ont charge de gouverner d’être ouverts à ce qui peut être considéré comme de nouveaux charismes. Le mot « charisme » vient du Nouveau Testament. Il signifie « don gratuit » de la part de Dieu et désigne les dons donnés aux uns ou aux autres pour le bien de la communauté chrétienne tout entière.

Dans la foulée du concile Vatican II et du développement des mouvements dits « charismatiques », une longue et profonde réflexion théologique a été menée sur le sujet pour ne plus voir la hiérarchie et les charismes en termes d’opposition mais en termes de complémentarité. Dans l’Église, l’aspect charismatique est tout aussi essentiel que l’aspect institutionnel. L’institution, comme don fait à la communauté chrétienne d’une structure pérenne dans le temps, est déjà en elle-même un charisme. Aucune institution qui ne soit sans référence à un charisme, et aucun charisme qui ne soit complètement coupé de l’institution.

Cela peut vous paraître assez abscons. Je vais illustrer mon propos par un exemple extrait de l’histoire de l’Église. Je pense que vous le savez, depuis la fin des premières persécutions romaines et ce pendant plusieurs siècles, la vie monastique s’est étendue en Occident avec l’implantation d’abbayes dans les campagnes, les montagnes, les forêts à défricher, les marais à assécher. De la part de ces moines, l’accent était mis sur la stabilité. Saint Benoît craignait par-dessus tout les moines gyrovagues, ceux qui ne s’enracinent nulle part, qui n’en font qu’à leur guise, qui vivent au dépend des autres. Et voilà qu’au xiiie siècle apparaissent les ordres mendiants – franciscains, dominicains, carmes. Ils s’installent principalement dans les villes, alors en plein essor. À la différence du monachisme traditionnel, les frères mendiants sortent fréquemment de leur couvent pour prêcher et enseigner. Chez eux, à l’inverse du monachisme alors existant, la flexibilité prend le pas sur la stabilité. Ce contre-pied dans la manière de concevoir la vie religieuse entraîne incompréhensions, contestations, résistances, freins, jalousies, envies, querelles. Tout le travail des successeurs de saint François et de saint Dominique sera de ne rien perdre des intuitions et de la nouveauté de leurs saints fondateurs, tout en insérant ces intuitions et cette nouveauté dans l’Église réelle, institutionnelle, hiérarchique. Sans la structure hiérarchique de l’Église, l’ordre franciscain par exemple aurait viré à l’anarchie. Mais à l’inverse, sans le charisme de saint François et de saint Dominique, l’Église n’aurait pas répondu aux besoins qui se faisaient jour au xiiie siècle d’une nouvelle manière d’annoncer et de vivre l’Évangile.

Donc voilà pour l’importance du lien entre hiérarchie et charisme pour transformer l’Église et sa manière d’être au monde tout en respectant sa nature propre.

Le lien entre primauté du pape et collégialité des évêques

Autre lieu où s’exprime pour l’Église une autre manière de gouverner tout en respectant sa nature propre : les rapports entre la primauté du pape et la collégialité des évêques.

Le Concile Vatican II a traité de la constitution et de la structure hiérarchique de l’Église dans un texte intitulé Lumen Gentium. Pour résumer, l’Église catholique est gouvernée par le successeur de Pierre et par tous les évêques qui sont en communion avec lui.

Cela est bien beau sur le papier, et bien vrai pour un catholique, mais cela n’est pas sans poser des questions quant aux modalités pratiques. Le caractère collégial de l’épiscopat, on le voit pleinement en exercice lors d’un concile. Mais les conciles sont rares. Il existe bien par ailleurs les synodes et les conférences épiscopales comme lieux d’exercice d’une certaine collégialité, mais sans que cela soit pleinement satisfaisant. Quel degré d’autonomie accorder, et dans quels domaines ?

J’avoue pour ma part que les souhaits publiquement exprimés par le pape François de donner plus d’autonomie aux conférences épiscopales sont bienvenus. J’espère qu’ils se concrétiseront. Je cite par exemple ce que le pape a dit dans son plus important texte à ce jour, l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium : « Du moment que je suis appelé à vivre ce que je demande aux autres, je dois aussi penser à une conversion de la papauté. […] Le Concile Vatican II a affirmé que, d’une manière analogue aux antiques Églises patriarcales, les conférences épiscopales peuvent « contribuer de façons multiples et fécondes à ce que le sentiment collégial se réalise concrètement ». Mais ce souhait ne s’est pas pleinement réalisé, parce que n’a pas encore été suffisamment explicité un statut des conférences épiscopales qui les conçoive comme sujet d’attributions concrètes, y compris une certaine autorité doctrinale authentique. Une excessive centralisation, au lieu d’aider, complique la vie de l’Église et sa dynamique missionnaire. »[10]

Fin de citation. À noter que le pape parle d’une « conversion de la papauté ». Donc d’une transformation. Aussi bien dans la manière d’être, que d’en la manière de faire, que dans les domaines de compétence. Jusqu’à « une certaine autorité doctrinale authentique » dit le pape. Ce lâcher-prise suppose une grande confiance en l’autre, en la périphérie, dans les évêques. L’autorité du pape ne serait pas perdue pour autant, puisque c’est par son autorité que cela se ferait.

Gouverner : la manière du pape François.

Pour terminer sur le gouvernement dans l’Église, et sur l’obligation de transformer, de convertir nos manières de faire, je voudrais lire deux extraits du pape François où il aborde explicitement l’exercice de gouvernement, et sa manière à lui de gouverner.

Le pape François, jésuite, a été interviewé en août 2013 par un autre jésuite, le père Antonio Sparado. L’entretien a paru simultanément dans seize revues jésuites à travers le monde, dont la revue Études pour le monde francophone. Comme jésuite parlant à des jésuites, le pape François se réfère à saint Ignace de Loyola, leur fondateur. Il rappelle tout d’abord l’importance de se disposer intérieurement à voir et sentir les choses du point de vue de Dieu. C’est ce que le pape appelle « le discernement ». Et le pape de continuer en disant, je le cite :

« Pour saint Ignace les grands principes doivent être incarnés en prenant en compte les circonstances de lieu et de temps ainsi que les personnes. Jean XXIII, à sa manière, gouvernait avec une telle disposition intérieure, répétant la maxime Omnia videre, multa dissimulare, pauca corrigere (tout voir, passer sur beaucoup des choses, en corriger quelques-unes) parce que, tout en voyant omnia (tout), l’horizon le plus grand, il choisissait d’agir sur pauca, sur les choses les plus petites. On peut avoir de grands projets et les réaliser en agissant sur des choses minimes. Ou on peut utiliser de faibles moyens qui s’avèrent plus efficaces que des plus forts, comme le dit aussi Saint Paul dans la Première Lettre aux Corinthiens.

Ce discernement requiert du temps. Nombreux sont ceux qui pensent que les changements et les réformes peuvent advenir dans un temps bref. Je crois au contraire qu’il y a toujours besoin de temps pour poser les bases d’un changement vrai et efficace. Ce temps est celui du discernement. Parfois au contraire le discernement demande de faire tout de suite ce que l’on pensait faire plus tard. C’est ce qui m’est arrivé ces derniers mois. Le discernement se réalise toujours en présence du Seigneur, en regardant les signes, en étant attentif à ce qui arrive, au ressenti des personnes, spécialement des pauvres. Mes choix, même ceux de la vie quotidienne, comme l’utilisation d’une voiture modeste, sont liés à un discernement spirituel répondant à une exigence qui naît de ce qui arrive, des personnes, de la lecture des signes des temps. Le discernement dans le Seigneur me guide dans ma manière de gouverner.

Je me méfie en revanche des décisions prises de manière improvisée. Je me méfie toujours de la première décision, c’est-à-dire de la première chose qui me vient à l’esprit lorsque je dois prendre une décision. En général elle est erronée. Je dois attendre, évaluer intérieurement, en prenant le temps nécessaire. La sagesse du discernement compense la nécessaire ambiguïté de la vie et fait trouver les moyens les plus opportuns, qui ne s’identifient pas toujours avec ce qui semble grand ou fort. »

Voilà pour le premier extrait, avec l’importance de se mettre dans les dispositions nécessaires pour discerner ce qu’il convient de faire, quand le faire, et comment le faire, en tenant compte des personnes, des circonstances, des moyens à sa disposition.

Le second extrait du pape François se trouve plus loin dans le même entretien. Il y parle de son expérience de gouvernement. Le père Antonio Sparado, qui mène l’entretien, raconte :

« Le style de gouvernement de la Compagnie [des jésuites] implique la décision de la part du supérieur, mais aussi la confrontation avec ses “consulteurs”. Je demande donc au Pape : “Pensez-vous que votre expérience de gouvernement dans le passé puisse servir votre action actuelle de gouvernement de l’Église universelle ?”. Le Pape François, après un court moment de réflexion, se fait plus sérieux, tout en restant serein. »

Et je cite maintenant le pape :

« À dire vrai, dans mon expérience de supérieur dans la Compagnie je ne me suis pas toujours comporté ainsi. Je n’ai pas toujours fait les consultations nécessaires. Et cela n’a pas été une bonne chose. […] Ma manière autoritaire et rapide de prendre des décisions m’a conduit à avoir de sérieux problèmes et à être accusé d’ultra-conservatisme. […] mais je n’ai jamais été conservateur. C’est ma manière autoritaire de prendre les décisions qui a créé des problèmes.

Je partage cette expérience de vie pour faire comprendre quels sont les dangers du gouvernement. Avec le temps, j’ai appris beaucoup de choses. […] Maintenant j’entends quelques personnes me dire “Ne consultez pas trop, décidez”. Au contraire, je crois que la consultation est essentielle. [Et] je veux des consultations réelles, pas formelles. »

Fin de citation. Répondant à la volonté exprimée pendant le conclave par les cardinaux, le pape a constitué un groupe consultatif de huit cardinaux. Ce « C8 », ainsi qu’il est surnommé, s’est réuni déjà plusieurs fois. Il est même composé depuis hier, mercredi, d’un neuvième membre, qui assistait jusqu’à ce jour aux réunions, mais fait désormais partie à part entière de ce Conseil. Le pape a mis en place par ailleurs des commissions d’experts pour la réorganisation financière et administrative du Saint-Siège. La consultation est donc en marche. Puis viendront les décisions. Il les prendra, seul, comme il l’a toujours fait. Chez les jésuites, on consulte beaucoup, et on prend les décisions seul.

Nul doute cependant qu’il ne sache dès à présent dans quelle direction il va. Le pape est fin politique et habile stratège. Il l’a dit publiquement. Au tout début de l’entretien avec le père Antonio Spadaro par exemple, le pape François s’était défini ainsi. Je cite : « Je peux peut-être dire que je suis un peu rusé (un po’ furbo), que je sais manœuvrer (muoversi), mais il est vrai que je suis aussi un peu ingénu. » En fait une référence à peine voilée à l’évangile invitant le chrétien à être rusé comme le serpent et innocent comme la colombe (cf. Mt 10, 16).

Il est amusant et symptomatique que le roi Philippe VI d’Espagne et la reine Letizia, reçus en audience par le pape François en ce lundi 30 juin au Vatican, aient offert au pape un livre écrit au xviie siècle par le jésuite Baltasar Gracián sur l’art de la prudence (Oráculo Manual y Arte de Prudencia)[11]. L’académicien Marc Fumaroli a dit de Gracián qu’il était « un Machiavel de la morale privée dans la mesure où il concède que le bien puisse recourir à la dissimulation et à la ruse. Pour les catholiques de type janséniste, c’était le comble du laxisme moral dont ils accusaient les jésuites. Mais dans l’optique de Gracián, ces “écarts” sont largement justifiés et légitimés par l’intention généreuse qui anime la grande âme prudente. »[12]

Un art de gouverner très jésuite, en somme. Beaucoup de jésuites ont été et sont éducateurs de jeunes. Le pape lui-même a été professeur. Et comme tout bon éducateur, ils savent user de la ruse, contourner l’obstacle lorsqu’ils se heurtent à une résistance frontale, afin d’atteindre malgré tout leurs objectifs éducatifs.

Vers une conclusion : gouverner : ne pas exercer tout le pouvoir dont on dispose.

En tant que prêtre, puis en tant qu’évêque, je suis le témoin de formes d’autoritarisme, de cléricalisme. Je vois des prêtres et des évêques portés à absorber en eux-mêmes la totalité du pouvoir que comporte leur responsabilité. Cela est peut-être notre pente naturelle à tous. On trouve à ce sujet, dans L’histoire de la guerre du Péloponèse du Grec Thucydide, la pensée suivante : « Nous croyons par tradition au sujet des dieux, et nous voyons par expérience au sujet des hommes, que toujours, par une nécessité de nature, tout être exerce tout le pouvoir dont il dispose. »[13]

La philosophe Simone Weil commentera cette pensée de Thucydide ainsi : « Comme du gaz, l’âme tend à occuper la totalité de l’espace qui lui est accordé. Un gaz qui se rétracterait et laisserait du vide, ce serait contraire à la loi d’entropie. […] Ne pas exercer tout le pouvoir dont on dispose, c’est supporter le vide. Cela est contraire à toutes les lois de la nature : la grâce seule le peut. »[14]

En d’autres termes, la logique de notre nature, c’est la logique de la puissance. La logique de la grâce, c’est la logique du retrait pour que l’autre puisse exister et s’exprimer. Et passer d’une logique à l’autre, c’est emprunter le chemin de la conversion, de la transformation du cœur, du regard, de la volonté.

On l’a vu dans l’évangile au tout début de cette conférence. Jésus est présenté comme ayant tout pouvoir. Et pourtant il n’exerce pas tout le pouvoir dont il dispose. Au moment de son arrestation, et alors qu’un disciple tranche l’oreille du serviteur du grand prêtre, Jésus s’interpose : « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ? Il mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d’anges. Mais alors, comment s’accompliraient les Écritures selon lesquelles il faut qu’il en soit ainsi ? » (Mt 26, 52-54) L’autorité dont Jésus n’use pas, et qui en raison de cela le fait accepter la croix, lui sera rendue à la résurrection. « Tout pouvoir (exousia) m’a été donné au ciel et sur la terre » dit Jésus ressuscité aux apôtres alors qu’il leur apparaît pour les envoyer en mission jusqu’aux extrémités de la terre (Mt 28, 18).

On l’a vu aussi dans l’art de se gouverner soi-même. Les empereurs ont tout pouvoir. Pouvoir de vie et de mort. Et pour Michel Foucault, dans « la manière dont ils savent maîtriser leurs passions, on y voit la garantie qu’ils sauront mettre d’eux-mêmes une limite à l’exercice de leur pouvoir politique ». Chez les empereurs aussi, pour le bien de tous, il convient qu’ils n’exercent pas tout le pouvoir dont ils disposent.

On l’a vu encore avec la hiérarchie ecclésiale qui porte en elle le pouvoir d’étouffer les charismes et toute nouveauté. Or comme le dit le concile Vatican II en se référant à saint Paul : « C’est à eux [les Pasteurs] qu’il convient spécialement, non pas d’éteindre l’Esprit, mais de tout éprouver pour retenir ce qui est bon (cf. 1 Th 5, 12. 19-21) »[15]. Chez les pasteurs aussi, pour le bien de tous, il convient qu’ils n’exercent pas tout le pouvoir dont ils disposent.

On l’a vu encore avec le primat dans l’Église donné au pape et « qui s’étend à tous, pasteurs et fidèles. »[16] Ce primat est tel que « le Pontife romain, (et je cite-là encore le concile Vatican II), le Pontife romain a sur l’Église, en vertu de sa charge de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute l’Église, un pouvoir plénier, suprême et universel qu’il peut toujours exercer librement. »[17]

Ce pouvoir est donc énorme, exorbitant diront certains. Et donc pour le pape aussi, pour le bien de tous et de lui-même, il convient qu’il n’exerce pas tout le pouvoir dont il dispose. C’est bien en ce sens que le pape François entend aller lorsqu’il dit : « Une excessive centralisation, au lieu d’aider, complique la vie de l’Église et sa dynamique missionnaire. »

En gouvernant sans exercer tout le pouvoir dont on dispose, on rejoindrait finalement la manière dont Dieu lui-même gouverne le monde et nous gouverne.

« Le vrai Dieu est le Dieu conçu comme tout-puissant, mais ne commandant pas partout où il en a le pouvoir »[18] disait Simone Weil. Dieu crée ainsi, en se retirant, un espace pour notre liberté.

« Tout voir, passer sur beaucoup des choses, en corriger quelques-unes », disait le pape Jean XXIII. Par ce mode de gouvernement, le pape Jean XXIII créait ainsi, tout comme Dieu, un espace pour notre liberté.

« Il faut imiter le procédé de Dieu, qui tient tous les hommes en suspens », disait le jésuite Baltasar Gracián dans le petit manuel sur la prudence offert au pape cette semaine. En se gardant de tout dévoiler de ses plans, en ne livrant pas toute sa pensée, on crée la possibilité d’un retour, d’une conversion libre et entière. N’est-ce pas ainsi qu’agit dans l’évangile le père du fils prodigue, lorsqu’il verse à son fils la part d’héritage demandée, lorsqu’il le laisse partir ? (cf. Lc 15)

Le Dieu des chrétiens est un Dieu qui, parce qu’il est amour en sus d’être tout-puissant, ne se déclare pas tout d’un coup, propose sans rien imposer, laisse libre et rend libre.

Peut-être un modèle à suivre dans nos manières de gouverner. En tout cas une bonne manière de transformer de manière vraie, durable et responsable.

Merci pour votre attention.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

 

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[1] Concile Vatican II, Nostra aetate, 10.
[2] Concile Vatican II, Nostra aetate, 11.
[3] Confucius, Lun yu, Entretiens de Confucius, XIII, 13, traduit en français par le jésuite Séraphin Couvreur (1835-1919).
[4] Platon, Premier Alcibiade (sur la nature de l’homme).
[5] Michel Foucault, Histoire de la sexualité, III, le « souci de soi », Paris, Gallimard, 1998 p. 122.
[6] John Milton, Tenure of Kings and Magistrates (1649).
[7] Hannah Arendt, La crise de la culture, Folio, 1989, p. 233.
[8]Ibid.
[9] Concile Vatican II, Lumen Gentium, 18.
[10] Pape François, Exhortation apostolique Evangelii Gaudium, 32.
[11] Une version électronique de la traduction française de 1684 par Amelot de la Houssaie est disponible sur : http://beq.ebooksgratuits.com/Philosophie/Gracian-cour.pdf
[12] Article « Gracián ou l’art de se gouverner soi-même », Entretien avec Marc Fumaroli, propos recueillis par Thomas Mahler, Le Point.fr, 14/02/2011.
[13] Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponèse, V, 104-105. Citation présente au début du chapitre 3 du livre de Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce, Plon, 1947 [1988]. Consultable en ligne sur http://classiques.uqac.ca/classiques/weil_simone/pesanteur_et_grace/pesanteur_et_grace.pdf.
Simone Weil traduit cette citation légèrement différemment dans L’Attente de Dieu : « Nous avons à l’égard des dieux la croyance, à l’égard des hommes la certitude, que toujours, par une nécessité de nature, chacun commande partout où il en a le pouvoir. »
[14] Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce, Ibid.
[15] Concile Vatican II, Lumen Gentium, 12.
[16] Concile Vatican II, Lumen Gentium, 22.
[17] Concile Vatican II, Lumen Gentium, 22. Le Code de droit canonique de 1983, qui régit l’Église catholique de rite latin, et le Code des canons des Églises orientales de 1991, qui régit les Églises catholiques orientales, reprendront tous deux ce texte dans un de leurs canon : Dans le Code de droit canonique au canon 331, dans le Code des canons des Églises orientales au canon 43 :« L’Évêque de l’Église de Rome, en qui demeure la charge que le Seigneur a donnée d’une manière singulière à Pierre, premier des Apôtres, et qui doit être transmise à ses successeurs, est le chef du Collège des Évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l’Église tout entière sur cette terre ; c’est pourquoi il possède dans l’Église, en vertu de sa charge, le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement. »
[18] Simone Weil, Attente de Dieu, Fayard, 1966. En ligne sur http://classiques.uqac.ca/classiques/weil_simone/attente_de_dieu/attente_de_dieu_1966.pdf dans les Exposés, Formes de l’Amour implicite de Dieu, L’amour du prochain.

Cet article a 1 commentaire

  1. Raillard Sabine

    Très intéressant. Mais en restant extérieure à l’aspect apologétique du texte du texte de Mgr di Falco, je vous communique un article très intéressant qui vient d’arriver dans ma boîte aux lettres. Issu de la Revue Scientifique CAIRN en ligne, voici un article qui concerne justement la thématique “Gouverner, c’est transformer”. (Le point de vue de l’église face au réel de la crise économique actuelle)
    En voici le résumé :

    Les processus de décision dans les collectivités entre crise… de la démocratie représentative et limites du système bureaucratique
    parAbdelaâli Laoukili

    “Cet article traite de la coopération dans le processus de décision dans les collectivités territoriales entre les élus et les cadres de l’administration. Il montre que le modèle bureaucratique sur lequel se sont construites les administrations est aujourd’hui en crise, sans que d’autres modèles plus efficaces et plus adaptés puissent le remplacer. Le modèle « managérial » issu de l’entreprise privée n’a pas tenu ses promesses. Il n’a réussi qu’à augmenter la logique procédurale et à faire perdre les repères de métiers et de valeurs du service public. En partant de la théorie de Weber, l’article cherche à démontrer comment les postulats de base de Weber ne correspondent plus à la réalité actuelle des administrations publiques. Dans une période de réduction des moyens consécutive à la crise économique et financière, de complexité et de multiplicité des enjeux et des besoins, de défiance et de perte de confiance à l’égard des élus, les rapports citoyens/élus/administration doivent évoluer vers d’autres formes d’organisation et de prise de décision plus démocratiques et plus efficaces. La décentralisation et les réformes qui l’accompagnent ne pourront réussir sans un changement profond des modes de participation et de régulation entre les élus, l’administration et les citoyens.
    XXXXXXX
    Difficultés de dialogue et pastorale moderne de l’évangile ne vont-elles pas de pair sur le terrain et dans la parole ?
    Bien sincèrement à vous

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