Dimanche 28 septembre, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri installait le père Jean-Michel Bardet comme curé pour le Briançonnais au cours de la messe dominicale en la collégiale de Briançon.

Ci-dessous une vidéo et le texte de l’homélie.

La célébration était aussi l’occasion d’annoncer la présence des « PRÊTRES » samedi 4 octobre sur France 2 dans l’émission « Les années bonheur », de faire le point sur les bâtiments de Sainte-Catherine, de présenter l’arrivée d’Edouard Le Conte comme diacre en vue du sacerdoce, et de remercier le père Jean Depay pour ses longues années aux Guibertes : âgé de 96 ans celui-ci retourne dans son diocèse de Sens-Auxerre.

Pour un reportage sur l’arrivée et l’installation du père Jean-Michel Bardet dans le Briançonnais, cliquez ici : “C’est au programme” de Sophie Davant sur France 2. Placez le curseur à la 7e minute pour voir la partie concernant le père Jean-Michel Bardet à Briançon.

Chers amis,

Me voici parmi vous ce matin pour « installer » votre nouveau pasteur, le père Jean-Michel Bardet. À vrai dire je n’aime pas tellement ce mot « installer », mais c’est celui prévu pour la liturgie que nous allons vivre ensemble ce matin.

Vous avez vu qu’ici les stalles sont relativement lointaines et je suppose assez peu utilisées. Vous le savez, un prêtre ne s’installe pas, il est de passage, disponible pour les missions qu’au nom de l’Église son évêque lui confie. Et si je le précise ce matin, c’est parce que je constate souvent que les communautés chrétiennes ne comprennent pas toujours le fait que l’évêque confie à un prêtre une nouvelle mission. Il y a un attachement tout à fait légitime des fidèles pour leur pasteur et on peut s’en réjouir, et je le comprends, mais c’est d’abord au Christ qu’il s’agit de s’attacher, le prêtre n’est qu’un passeur.

C’est donc au père Jean-Michel Bardet que j’ai confié la mission de vous accompagner dans votre marche à la suite du Seigneur Jésus-Christ. Je le remercie d’avoir accepté cette responsabilité. Pour lui, comme cela a été évoqué tout à l’heure, c’est un retour aux sources puisque vous le savez, il est natif de Briançon. Et sa responsabilité concerne aussi : Sainte-Catherine, Saint-Blaise, Pont-de-Cervières, Cervières, Puy-Saint-André, Puy-Sain-Pierre, Montgenèvre, Les Alberts, Val-des-Prés, La Vachette, Névache, Plampinet, Saint-Martin-de-Queyrières, Prelles, Villard-Saint-Pancrace, et j’espère ne pas en avoir oublié !

Est-ce bien utile de présenter le Père Jean-Michel Bardet ? Depuis quatre ans qu’il participe à l’aventure des « PRÊTRES ». Bien d’émissions de télévision, de radio, d’articles de journaux ont permis de soulever le voile de sa discrétion, et je dirai de sa timidité. Ce matin encore ne soyez pas surpris de voir une équipe de tournage pour la télévision pour un document qui sera diffusé sur France 2 mardi matin dans l’émission « C’est au Programme », en présence des « PRÊTRES » qui seront sur le plateau. Et le samedi 4 vous pourrez également les retrouver sur France 2 dans l’émission « Les années bonheur ». Dans la lettre qu’il vous a adressée je sais que Jean-Michel vous a prévenus de quelques-unes de ses absences motivées par les tournées pour les concerts et pour l’enregistrement d’émissions. Ce n’est pas pour autant qu’il sacrifiera sa mission auprès de vous. Certes c’est pour nous une surcharge de travail et de fatigue que nous vivons avec joie car nous mesurons ce que nous apportons depuis quatre ans à des milliers de personnes parfois en marge de l’Église et souvent en souffrance. Alors s’il y a quelqu’un à qui vous aimeriez adresser des reproches, ce n’est pas à lui mais à moi.

Mais qui est Jean-Michel Bardet ? Les médias ne présentent souvent qu’une image qui ne permet pas toujours de connaître la réalité de ce qu’est une personne. Pour connaître quelqu’un il faut connaître l’histoire qui l’a façonné.

Comme je vous l’ai dit Jean-Michel est né à Briançon le 17 novembre 1964. Une date que je vous demande de ne pas oublier ! 17 novembre 1964. Il faudra l’aider à franchir le douloureux passage d’une dizaine à l’autre, du 4 au 5 !

Il a été ordonné prêtre le 29 juin 1997. En septembre 1997, il est nommé dans le secteur de Guillestre, curé de La Roche-de-Rame, Saint-Crépin et Champcella. Il assure avec une équipe l’aumônerie du collège de Guillestre. Octobre 2000, il devient curé de Saint-Bonnet et de Saint-Firmin ainsi que des paroisses voisines. En 2004 je le nomme curé de la cathédrale de Gap puis de la paroisse unique de Gap, Saint-Arnoux. En 2013 je l’autorise à prendre une année sabbatique jusqu’en août 2014, année qu’il va consacrer à des formations, des retraites dans des monastères, et à sa famille après le décès de sa maman. Et le voici parmi vous.

Alors ça c’est pour les ministères.

Mais ce n’est pas un secret, Jean-Michel aime la musique et le chant. C’est l’une de ses passions. Avant le séminaire il a consacré une grande partie de ses études à la musique, il joue de plusieurs instruments mais surtout du trombone. Il n’a pas attendu le groupe des « PRÊTRES » pour donner des concerts. Alors c’est pourquoi c’est vers lui que je me suis tout naturellement tourné lors de la création du groupe des « PRÊTRES ».

Édouard Le Conte

Aujourd’hui, c’est vers vous que Jean-Michel Bardet est envoyé avec la mission confiée à tout pasteur, d’enseigner, de sanctifier et de conduire les communautés dont il a la charge. Cette mission, nous le savons, si le père Bardet en est le responsable et l’animateur il ne peut la réaliser tout seul. Il l’exercera avec le Père Sami El Hayek – qui est là –, les diacres permanents Pierre Ferraris (Montrez-vous !…), Hugues Chardonnet, Jean-Marc-Beaussart, et un nouveau venu à Briançon, Édouard Le Conte, diacre en vue du sacerdoce (Montre-toi !…).

Le père Jean Depay

Je voudrais ce matin exprimer toute ma reconnaissance au père Jean Depay. Il va désormais retourner dans son diocèse. Nous lui dirons tout à l’heure notre amitié et notre gratitude.

Peut-être vous interrogez-vous à propos du père Nelson Da Costa. Je l’ai autorisé à poursuivre une formation dans une université en Italie.

J’aimerais que ce matin nous portions tout particulièrement dans notre prière le père Bertrand Gournay, votre ancien curé, et son évêque actuel Mgr Claude RAULT et les communautés dont ils ont la charge dans un pays où des fanatiques se comportent comme des barbares qui assassinent au nom de Dieu, osent-ils prétendre. La foi est acte libre et bannit toute contrainte.

Cette célébration est aussi pour moi l’occasion de remercier les membres des différents conseils, pastoraux, économiques, et les nombreux laïcs qui contribuent à faire que ces paroisses ne vivent pas repliées sur elles-mêmes mais soient ouvertes à tous pour leur faire découvrir la Parole qui nourrit notre foi et nous fait connaître le Christ pour l’aimer toujours davantage.

Vous avez entendu la parabole tout à l’heure lors de la lecture de l’Évangile. Alors nous sommes-nous reconnus dans l’un des deux fils de cette parabole ? Qui sommes-nous ? Ceux qui disent oui et qui ne font pas ? Ou ceux qui disent non, mais qui finalement obtempèrent ?

Seuls les actes comptent. L’immobilisme est une forme de péché. Il faut bannir le : « On a toujours fait comme çà… » Que de fois nous entendons ça… « On a toujours fait comme ça, pourquoi changer ? » Lorsqu’on agit ainsi on est sur le chemin de la routine, de la sclérose. On s’englue dans des ornières desquelles il est de plus en plus difficile de sortir. Et c’est ainsi que les communautés ne sont plus appelantes qu’elles deviennent ennuyeuses, tristounettes. Soyons plus que des pratiquants du dimanche, soyons des passionnés de l’Évangile : « Il ne s’agit pas de partager des idées sur l’Évangile, il s’agit de partager sa vie transformée par l’Évangile » [disait le père Michel Quoist]. Alors ce matin je vous invite à la créativité, à l’audace. Mieux vaut commettre des erreurs dans l’action qu’aucune erreur dans l’immobilisme.

Au terme de cette homélie je ne peux éviter de dire quelques mots sur l’émoi suscité à propos des projets concernant le terrain autour de l’église Sainte-Catherine. On a dit, comme souvent lorsqu’on n’a pas pris la peine de s’informer, tout et n’importe quoi, et plus grave souvent des informations erronées ont circulé, des rumeurs les plus fantasques, sans parler des procès d’intention. Amorcé sous la responsabilité du père Bertrand Gournay, sachez que j’ai demandé au père Bardet et à ses conseils, ainsi qu’à l’économe diocésain, de reprendre ce dossier afin de le mener à terme après avoir pris le temps d’entendre les uns et les autres. Il s’agit de doter la paroisse d’instruments pastoraux modernes et adaptés aux besoins, et non, contrairement à ce que j’ai pu lire ici ou là, de permettre au diocèse de faire de l’argent. Que vaut-il mieux ? Garder un vieux baraquement vétuste ? ou vivre dans un local moderne et fonctionnel ? La réponse est évidente. Dois-je préciser également que je n’ai lancé aucune souscription pour ce projet ainsi que le proclamaient dans Le Dauphiné certaines personnes se prétendant très bien informées.

En terminant, je vous livre ce très beau texte du pape Paul VI, tout un programme. Voici ce qu’il dit :

“Collabore, prie et souffre pour ta paroisse”

« Collabore, prie et souffre pour ta paroisse, parce que tu dois la considérer comme une mère, à laquelle la providence t’a confié. Demande à Dieu qu’elle soit une maison de famille, fraternelle, accueillante, maison ouverte à tous et au service de tous. Offre ta collaboration pour que cela se réalise pleinement.

Collabore, prie et souffre pour que ta paroisse soit une vraie communauté de foi : respecte le curé, même s’il a mille défauts, il est le délégué du Christ pour toi. Regarde-le avec l’œil de la foi, ne mets pas l’accent sur ses défauts, ne juge pas trop facilement ses misères, pour que Dieu te pardonne tes misères. Prends soin de ses besoins, prie pour lui.

Collabore, prie et souffre pour que ta paroisse soit une vraie communauté eucharistique, et que l’eucharistie soit la racine vive de son édification et non une racine sèche et sans vie. Participe fidèlement à l’eucharistie de ta paroisse avec tout ton cœur et de toutes tes forces. Réjouis-toi et souligne avec tous, toutes les belles choses de ta paroisse. N’attache pas ta langue en t’acharnant contre l’inertie de ta paroisse ; au contraire retrousse tes manches pour faire ce qu’on te demande. »

« Collabore, prie et souffre pour ta paroisse. » Fin de citation de Paul VI.

Si je vous ai lu ce texte c’est qu’il peut s’adresser aussi bien à vos prêtres et diacres qu’à tous les membres de vos communautés. Il démontre à lui seul s’il en était besoin qu’il ne s’agit pas de s’installer.

Souvent nos communautés ont besoin d’un énorme coup de trompette pour se désinstaller et se réveiller et sortir d’une anesthésie puissante. Avec le père Jean-Michel Bardet ce sera plutôt un puissant coup de trombone…

Alors que la venue du père Jean-Michel Bardet, votre nouveau pasteur, soit comme un coup de trombone qui vient nous préserver des risques de léthargie, nous « désinstaller », je dis bien nous « désinstaller », pour aller toujours de l’avant et partager avec tous ce que nous avons reçus de Dieu.

Un coup de trombone un peu comme celui-ci… [coup de trombone]

+ Jean-Michel di Falco Léandri

Évêque de Gap et d’Embrun

 

2 COMMENTS

  1. Monseigneur!
    Bravo! pour cette belle homélie et ces belles paroles à la messe d’installation de Jean-Michel beaucoup de bonheur et de joie dans ce nouveau départ dans le brianconais qui ne lui et de loin pas inconnus.
    et pour le bonheur de ses paroissiens que la douce brise va soufflé et un coup de trombone de temps à autre!
    Bravo ! à Jean-Michel.
    une fois de plus je n’étais pas au rendez vous!
    Mais répétitions et travail oblige,
    mais c’est par la pensé et la prière que j’étais parmis vous! en proclamant mon epitre se jour là dans mon église Sainte Famille que du boonheur!
    Merci! aussi pour votre benediction donné a Notre Dame du Laus pour nos 41 années de mariageet l’ouverture de l’année jubilaire à la chapelle des anges en présence du père Ludovic.
    vous êtes tous formidables ont vous aiment Francine et René.
    A bientôt! les Amis! Dieu vous garde tous!

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