Mgr Xavier Malle à Abriès suite au glissement de terrain

Avec le dégel printanier et la fonte des neiges, l’eau ruisselle et s’infiltre dans la roche, créant des glissements de terrain. Dans le Queyras, un tel glissement a fait céder la route la RD947 entre Aiguilles et Abriès, au niveau du Pas de l’Ours le long du Guil.

La déviation mise en place après Aiguilles

Passage sur le Guil pour prendre la route de secours

Pour manifester sa solidarité avec les habitants situés au-delà du Pas de l’Ours, Mgr Xavier Malle est venu célébrer l’eucharistie à Abriès en ce samedi 28 avril 2018 au soir.

Mgr Xavier Malle photographie le glissement de terrain depuis la route de secours située à l’ubac

La RD947 [vignettes jaunes] le long du Guil, et la route de secours [en bleu]

Arrivée à Abriès, avec devant l’église le père Jean-Luc Grizolle, curé

En savoir plus sur l’église Saint-Pierre d’Abriès

Homélie

Cette parabole de la vigne est une bonne nouvelle pour chacun de nous : nous sommes les sarments de la vigne du Seigneur.

C’est-à-dire que nous recevons toute la sève du tronc de la vigne. Et qu’ensuite nous porterons des fruits. Des fruits de paix et de joie.

Mais qu’est-ce qui menace une vigne ? La gelée noire ? C’est ce qui nous met par terre. Les petites bêtes ? Ce sont nos petits péchés. La sécheresse ? Elle est certaine si on ne s’alimente pas à la fontaine de la prière et des sacrements.

Et puis avec cette parabole on comprend le sérieux de notre vie. Si nous ne portons pas de fruits de charité, nous serons émondés par le Père. Ce sérieux de la vie, il me semble que l’épreuve que vit la vallée, avec la coupure de la route, nous en parle. La vie est risquée, la vie est belle, la vie est difficile. La vie vaut la peine d’être vécue.

Mais comment vivre en chrétien cette épreuve de la route coupée, avec toutes les questions bien légitimes que vous vous posez ? Comment finalement arriver à vivre une vraie vie chrétienne, et pas seulement une étiquette ? Comme prêtre parfois j’entendais « Oh, mon père, il a tout fait ! » Je traduisais : « Il a fait sa communion et depuis on ne l’a pas revu. »

Dans sa récente lettre sur la sainteté, le pape François a un passage très encourageant : « Laisse la grâce de ton baptême porter du fruit dans un cheminement de sainteté. Permets que tout soit ouvert à Dieu et pour cela choisis-le, choisis Dieu sans relâche. Ne te décourage pas, parce que tu as la force de l’Esprit Saint pour que ce soit possible ; et la sainteté, au fond, c’est le fruit de l’Esprit Saint dans ta vie (cf. Ga 5, 22-23). Quand tu sens la tentation de t’enliser dans ta fragilité, lève les yeux vers le Crucifié et dis-lui : ‘‘Seigneur, je suis un pauvre, mais tu peux réaliser le miracle de me rendre meilleur’’. Dans l’Église, sainte et composée de pécheurs, tu trouveras tout ce dont tu as besoin pour progresser vers la sainteté. Le Seigneur l’a remplie de dons par sa Parole, par les sacrements, les sanctuaires, la vie des communautés, le témoignage de ses saints, et par une beauté multiforme qui provient de l’amour du Seigneur, ‘‘comme la fiancée qui se pare de ses bijoux’’ (Is 61, 10). »

Nous avons un bel exemple de chrétien en la figure de saint Paul dont nous parle la première lecture des Actes des Apôtres. Il était le persécuteur n° 1 des chrétiens. Alors on peut comprendre qu’après sa conversion les disciples avaient peur de lui ! Alors Barnabé raconte la conversion de Paul. Puis de persécuteur, Paul devient persécuté et doit partir de Jérusalem. Et l’Église va vivre un petit temps de paix. Saint Luc, l’auteur des Actes des Apôtres, a cette phrase magnifique : « réconfortée par l’Esprit Saint, elle se multipliait. » Voilà un bel exemple de fruits de la part des disciples branchés sur Jésus, sur la vigne.

Dans sa première lettre, notre seconde lecture, saint jean s’adresse paternellement à ses lecteurs : « Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité. Voilà comment nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité, et devant Dieu nous apaiserons notre cœur. »

Je vous redonne un passage de la lettre du Pape François sur la sainteté  qui commente ce passage de l’évangile : « Demeurez en moi, comme moi en vous. » : «21. Le dessein du Père, c’est le Christ, et nous en lui. En dernière analyse, c’est le Christ aimant en nous, car ‘‘la sainteté n’est rien d’autre que la charité pleinement vécue’’. C’est pourquoi, ‘‘la mesure de la sainteté est donnée par la stature que le Christ atteint en nous, par la mesure dans laquelle, avec la force de l’Esprit Saint, nous modelons toute notre vie sur la sienne’’. »

Voilà frères et sœurs, le cierge pascal est allumé tous ces dimanches après Pâques. Il symbolise la présence parmi nous du Christ Ressuscité.

Lui seul est inébranlable. Lui seul tient bon et si nous sommes accrochés à lui nous tiendrons bon.

Si nous voulions retenir une phrase de toutes les lectures, il me semble que c’est celle-ci : « Demeurez en moi, comme moi en vous. » Amen !

Mgr Xavier Malle
Évêque de Gap (+ Embrun)

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