Mgr Xavier Malle à Chorges

Dimanche 11 février, Mgr Xavier Malle s’est rendu à Chorges pour présider la célébration eucharistique dominicale, qu’il a concélébrée avec le père Charles Troesch, curé. Ce fut ensuite un bon moment de convivialité avec le repas paroissial à la baie Saint-Michel, au Serre-du-Lac.

Ce dimanche-là, l’Église célébrait la journée mondiale des malades. Et à cette occasion Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis, a annoncé qu’il avait reconnu le caractère miraculeux de la guérison d’une religieuse, Sœur Bernadette Moriau. Cette reconnaissance fait de cette religieuse la 70e personne déclarée de manière officielle miraculée de Lourdes.

Des photos et l’homélie (son et texte) de Mgr Xavier Malle qui a invité à bénéficier des indulgences au cours de l’Année Benoîte.

Mgr Xavier Malle et le maire de Chorges,Christian Durand © Christian Merentier

L’assemblée © Christian Merentier

Le père Charles Troesch et Mgr Xavier Malle
© Sabine Vergnes
Le père Charles Troesch à la manœuvre…
À la baie Saint-Michel pour le repas

Homélie

Dans l’évangile de ce dimanche nous voyons Jésus purifier un lépreux de sa maladie et la première lecture nous indique comment les lépreux étaient considérés dans l’Ancien Testament. Le livre du lévitique y consacre deux chapitres, l’un sur le diagnostic et l’autre sur la purification.

C’était le prêtre qui faisait le diagnostic. La maladie est contagieuse et il n’y avait pas de traitement, ce qui entraînait comme conséquence la séparation du lépreux de sa communauté, mesure que seul le prêtre pouvait prendre. Mais cette séparation d’origine prudentielle acquiert, dans une communauté entièrement religieuse, une dimension religieuse : s’il ne peut participer au culte, c’est qu’il est impur. L’impur est alors mis à l’écart non seulement pour des raisons médicales, mais aussi religieuse. Et donc son impureté considérée comme se transmettant par contact, isole complètement le malade. Double peine, double souffrance. « Le lépreux atteint d’une tache portera des vêtements déchirés et les cheveux en désordre, il se couvrira le haut du visage jusqu’aux lèvres, et il criera : “Impur ! Impur !” Tant qu’il gardera cette tache, il sera vraiment impur. C’est pourquoi il habitera à l’écart, son habitation sera hors du camp. »

On comprend alors pourquoi la demande du lépreux de l’évangile est d’être purifié, et non seulement d’être guéri.

Partout dans le monde et dans toutes les cultures il y avait des léproseries, aux portes des villes, ou même parfois des iles entières, où l’on isolait les patients atteints, autant pour les soigner que pour les cacher. Ne croyons pas que cette maladie ait aujourd’hui disparue. Fin janvier, nous avons vécu la journée mondiale de lutte contre la lèpre, et peut-être avez-vous été justement généreux avec les deux associations de lutte contre cette maladie, Raoul Follereau ou l’Ordre de Malte. L’OMS organisation mondiale de la santé rapporte qu’un cas de lèpre est encore détecté toutes les deux minutes dans le monde, soit plus de 200 000 nouveaux cas par an. Mais heureusement, on est loin des 5 millions de cas annuels enregistrés il y a une cinquantaine d’années. Dieu merci, le programme contre cette maladie a obtenu de bons résultats, grâce à la délivrance de traitements antibiotiques  efficaces. De plus l’introduction de la polychimiothérapie (PCT) il y a une trentaine d’années, a sensiblement fait diminuer la mortalité et le nombre de personnes handicapées par la maladie. Les léproseries ont pour beaucoup disparu.

Avec ces précisions sur les temps anciens et sur l’actualité de la maladie, nous entrevoyons mieux la grandeur des gestes et des paroles de Jésus, et celles du lépreux.

D’abord remarquons la foi du lépreux : « un lépreux vint auprès de Jésus » foi ou folie du désespoir jusqu’à désobéir à la loi juive pour s’approcher du rabbi. « Il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Foi, car seul Dieu pouvait purifier, donc Jésus est bien pris pour le messie par le lépreux.

Remarquons ensuite la réponse de Jésus. L’évangéliste note: «Saisi de compassion», la situation de lépreux est tellement lourde que Jésus est touché de compassion. Alors que fait Jésus, tout aussi fou, dans un esprit d’abnégation qui ne pense pas à lui-même : Jésus étendit la main, le toucha. Ce geste fou, le toucher du lépreux contagieux sera repris par de nombreux saints. On pense à saint François et à saint Damien de Molokai. « Jésus lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. »

Remarquez que contrairement à ce qui aurait dû se passer, Jésus n’est pas atteint par la maladie contagieuse et alors déclaré impur, mais c’est l’inverse, sa pureté est contagieuse et purifie le lépreux, la preuve en est sa guérison.

Alors Jésus conformément au second chapitre du lévitique sur la purification de la lèpre, envoie l’ancien lépreux se montrer au prêtre : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. »

Frères et sœurs, après avoir replacé ces rites dans leur contexte, nous comprenons qu’aucune maladie ne peut être la cause d’une impureté religieuse. La maladie est seulement un fait physique qui n’est pas lié à la situation religieuse du malade. Au contraire, la maladie peut parfois rapprocher encore plus de Dieu et devient un chemin de sainteté.

Ce qui nous rend impur, c’est le péché. Alors nous aussi nous crions vers Jésus : «si tu le veux, tu peux nous purifier». Et il le veut. Nous allons mercredi avec l’imposition des Cendres, entrer dans le temps liturgique du Carême, temps merveilleux pour crier vers Dieu : «si tu le veux, tu peux me purifier ; et je sais que tu le veux». Et dans la confession, en entendant le prêtre me dire : «tes péchés sont pardonnés, sois en paix», c’est Jésus qui nous dit : «Je le veux, sois purifié».

Cette année, et vous êtes tout à côté, nous avons un moyen supplémentaire pour cette purification, l’indulgence du jubilé de Benoîte au sanctuaire du Laus. À l’occasion des 300 ans de sa naissance au Ciel, de sa mort, l’Église nous accorde la grâce de l’indulgence, jusqu’à la fin du jubilé de Benoite, le 28 décembre prochain. Il s’agit en quelque sorte de demander à Dieu, de nous purifier des conséquences, des blessures que nos péchés nous ont infligées. Le pardon sacramentel donne le pardon, mais n’efface pas toutes les traces.

Voici le décret de la pénitencerie apostolique du 28 novembre dernier :

« Afin de promouvoir la piété des fidèles et le salut des âmes, la pénitencerie apostolique, en vertu des pouvoirs qui lui sont spécialement accordés par le Saint Père François et à la récente requête du chanoine Ludovic Frère, vicaire général du diocèse de Gap et Embrun et recteur du sanctuaire de Notre-Dame du Laus, concède volontiers, à l’occasion du Jubilé de la Vénérable Benoîte Rencurel, l’indulgence plénière, puisée aux trésors célestes de l’Église, aux fidèles vraiment repentants et inspirés par la charité, et ce aux conditions habituelles (confession sacramentelle, communion eucharistique et prière aux intentions du Souverain Pontife) et pour le temps allant du 28 décembre 2017 au 28 décembre 2018.

Les fidèles pourront également appliquer l’indulgence ainsi obtenue aux âmes du purgatoire, par mode de suffrage, à la condition d’effectuer un pèlerinage au Sanctuaire de Notre-Dame du Laus, d’y participer aux rites jubilaires ou, pour le moins, de se recueillir avec dévotion, pendant un temps convenable, auprès du tombeau de Benoîte, en concluant par la récitation fervente du « Notre Père », du « Credo » et des invocations adressées à la Bienheureuse Vierge Marie et à la Vénérable Benoîte Rencurel.

Les personnes âgées, les malades et tous ceux qui, pour une raison grave, ne peuvent quitter leur domicile pourront pareillement obtenir l’indulgence plénière en exprimant leur détestation du péché ainsi que l’intention de remplir, dès que possible, les trois conditions requises, et ce en s’unissant spirituellement aux célébrations jubilaires et en offrant au Dieu de miséricorde leurs prières, leurs souffrances et les épreuves de leur vie. »

Fin de citation.

Ce passage sur les malades est significatif à lire aujourd’hui, car ce 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes, est la date choisie par saint Jean-Paul II pour la journée mondiale de prière pour les malades. Nous voyons la compassion de Jésus pour ce lépreux, demandons-lui la même compassion pour nos frères et sœurs malades. Cette année, le thème de la Journée du malade nous est fourni par les paroles que Jésus, élevé sur la croix, adresse à Marie, sa mère, et à Jean : « “ Voici ton fils … Voici ta mère ”. Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui » (Jn 19, 26-27). Le pape termine ainsi son message : « C’est à Marie, Mère de la tendresse, que nous voulons confier tous les malades dans leur corps et leur esprit, afin qu’elle les soutienne dans l’espérance. Nous lui demandons également de nous aider à être accueillants envers nos frères malades. L’Église sait qu’elle a besoin d’une grâce spéciale pour pouvoir être à la hauteur de son service évangélique du soin des malades. Par conséquent, que la prière adressée à la Mère du Seigneur nous trouve tous unis en une supplique insistante, pour que chaque membre de l’Église vive avec amour sa vocation au service de la vie et de la santé. Que la Vierge Marie intercède pour cette 26e Journée Mondiale du Malade ; qu’elle aide les personnes malades à vivre leur souffrance en communion avec le Seigneur Jésus et qu’elle soutienne ceux qui s’occupent d’eux. »

Amen !

Mgr Xavier Malle
Évêque de Gap (+ Embrun)

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