L'Ehpad Jean-Martin entré en service en 2007

Samedi 5 mai 2018, Mgr Xavier Malle était invité par les sœurs de la Providence de Gap à présider l’eucharistie à l’Ehpad Jean-Martin à Gap pour les 180 ans de leur existence. Il était entouré du père Régis Pellegrin, résident, du père Corneille Schellekens, aumônier de la maison. Étaient présentes des autorités civiles, parmi lesquelles Roger Didier, maire de Gap, et Pierre Bernard-Reymond, ancien secrétaire d’État, ancien sénateur des Hautes-Alpes, ancien maire de Gap, et puis bien sûr des religieuses d’autres congrégations implantées dans le diocèse.

Voici le texte et le son de l’homélie de Mgr Xavier Malle en cette occasion.

Le bienheureux Jean-Martin Moyë (1730-1793)
Les artisans de la nouvelle congrégation à Gap : le chanoine Louis Lagier (1808-1866) et Mère Élisabeth Marrou (†1881)

Dans les Andes, peu après l’expulsion de France des congrégations enseignantes

Départ en mission au Bénin depuis la cathédrale de Gap en 1960

Le couvent de la Providence à Gap en 1938, lors du centenaire de la congrégation

L’Ehpad Jean-Martin entré en service en 2007

 

Homélie

Pierre arrive chez Corneille, un centurion de l’armée romaine.

Imaginons déjà le pas énorme fait par les apôtres : rencontrer les Romains, les occupants.

Mais l’Esprit Saint va les amener à faire un pas de plus : baptiser un païen ; ce qui sera prophétique pour la suite de toute la communauté des disciples de Jésus.

Il faut bien se rendre compte que le peuple juif est le peuple élu de Dieu. Et donc que les apôtres pensaient d’abord à la conversion au Christ de leur peuple, le peuple juif. Pierre marque son ouverture quand il dit : « En vérité, je le comprends, Dieu est impartial : il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes. » À l’instant même de ces paroles d’ouverture, l’Esprit Saint descend sur tous ceux qui écoutaient la Parole. Les apôtres vont découvrir petit à petit, aussi grâce à saint Paul, que le salut est pour toutes les nations. C’est ce qu’en théologie on appelle l’universalisation du salut.

Ils vont ensuite approfondir ce qu’est la mission du peuple élu après cette universalisation. Saint Paul précise qu’il reste le peuple élu, car Dieu ne revient pas sur ses promesses, mais il a à découvrir qu’il est un peuple sacerdotal, c’est-à-dire au service du salut du monde entier. Alors vous comprenez le grand respect que les chrétiens doivent avoir pour les juifs, nos frères aînés dans la foi, comme a dit saint Jean-Paul II.

Enfin, les apôtres découvrent que l’Esprit Saint les précède, et qu’ainsi le don de l’Esprit précède le baptême et le prépare. C’est ce que nous expérimentons avec les adultes qui demandent le baptême.

Nous sommes aujourd’hui dans l’action de grâce pour la fondation de la Congrégation de la Providence de Gap il y a 180 ans. Longtemps auparavant, en 1762, le bienheureux Jean-Martin Moyë avait envoyé quatre jeunes femmes dans les hameaux pauvres de Lorraine pour l’instruction des jeunes filles pauvres. En 1823 des sœurs arrivent dans les Hautes Alpes et c’est en 1838 que sœur Élisabeth Marrou en deviendra la première supérieure générale. 1838 + 180 = 2018.

Nous sommes aujourd’hui dans l’action de grâce plus encore pour les 180 ans de service à l’Église et au monde des sœurs qui se sont succédé.

Notre première lecture me fait penser que votre congrégation aussi a eu à discerner les appels de l’Esprit, qu’elle n’était pas faite seulement pour les Hautes-Alpes, mais aussi pour d’autres pays. Et votre supérieure générale venue d’ailleurs est le signe de cette internationalisation de la congrégation. Vous êtes maintenant présentes dans de nombreux pays.

C’est qu’en vérité, le charisme de la Providence, de confiance en la divine Providence, d’en être le signe, n’est pas seulement pour soi, mais pour l’Église entière.

Comment être signe de la Providence divine en 2018, dans les différents pays où vous êtes présentes. C’est sans doute une des questions de votre chapitre général qui se tiendra en juillet prochain en Inde. La prière de tout le diocèse de Gap vous accompagnera dans cette étape importante.

Dans l’évangile, Jésus vous parle à vous, mes chères sœurs : « je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. » Tous les chrétiens nous sommes invités à être amis de Jésus, à l’entendre nous appeler ses amis. Il ajoute : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. » Voilà une parole à relire souvent quand il y a un petit coup au moral.

Et il dit encore : « Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. » La chose la plus importante, me semble-t-il, à demander au Père au nom de Jésus, c’est d’être renouvelé individuellement, et en communauté par l’Esprit Saint. Demandez le don de l’Esprit pour votre chapitre général. D’ici là, priez et offrez des petits sacrifices pour que l’Esprit soit le vrai animateur de votre chapitre général.

Et enfin, Jésus répète : « Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. » Deux chapitres auparavant, au chapitre 13, saint Jean rapporte une autre parole de notre Seigneur : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » La vie consacrée et le célibat pour le Royaume n’ont d’autre but que le Ciel, et pastoralement, de nous y emmener. Vous êtes les premières de cordée. Merci. Amen !

Mgr Xavier Malle
Évêque de Gap (+ Embrun)

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