Mgr Xavier Malle aux paroissiens du Gapençais : Ravivez le don de l’onction

Vidéo, photos et homélie de la rentrée paroissiale pour le Gapençais en ce dimanche 24 septembre 2017 dans le parc du collège-lycée Saint-Joseph à Gap, avec la présence de Mgr Xavier Malle.

Comme la paroisse célébrait en cette occasion son saint patron, l’évêque Arnoux, Mgr Xavier Malle a commenté dans son homélie les lectures de cette fête, invitant chacun à raviver le don de l’onction reçue pour donner le meilleur de lui-même.

Homélie

« Je suis le bon pasteur, je connais mes brebis, mes brebis me connaissent et je donne ma vie pour mes brebis. »

Frères et sœurs, depuis le 11 juin dernier, je suis le pasteur que le pape vous a donné, comme au XIe siècle le pape Alexandre II donna aux Gapençais venus lui réclamer un évêque, le moine Arnoux, de l’abbaye bénédictine de Vendôme. La première manière de donner ma vie pour vous, Jésus l’indique : vous connaître. J’ai déjà beaucoup circulé cet été et je continue à visiter chez eux les prêtres, les diacres, les religieuses, les autorités, et petit à petit j’irai dans toutes les paroisses. La fête de la rentrée paroissiale est l’un de ces moyens que vous m’offrez, que nous nous offrons, car élargissons mon propos : la première chose que Dieu nous dit ce matin : connaissez-vous les uns les autres ! Co-naître, naître avec, ce n’est pas seulement une connaissance intellectuelle, mais une connaissance expérientielle. Je voudrais vous inviter en ce dimanche de rentrée à aller vers quelqu’un que vous ne connaissez pas encore. Faites cet effort de « sortir », pour reprendre le verbe préféré du pape François, sortir de vos habituelles connaissances pour vous faire d’autres connaissances.

Vous entendrez tout à l’heure la prière après la communion : « Seigneur Jésus, toi qui a donné ta vie pour tes brebis et qui les a vivifiées en les nourrissant de ton Corps et de ton Sang ; répands, à la prière de ton évêque Arnoux, l’Esprit d’Amour sur les pasteurs de ton troupeaux, afin qu’ils livrent volontiers leurs biens et plus volontiers encore leur personne pour le salut de tes brebis. » Fin de cette prière magnifique tirée du missel propre du diocèse de Gap.

Frères et sœurs, priez saint Arnoux pour vos pasteurs, moi-même et vos prêtres, mais aussi pour vous, car nous avons besoins, évêque, prêtres, consacrés, et vous tous les baptisés, d’une nouvelle effusion de l’Esprit Saint. Je vais développer ce point à partir de la première lecture du prophète Isaïe : « L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle. »

Le jour de mon ordination, vous avez vu que Mgr Pontier y est allé de bon cœur pour l’onction du saint chrême sur ma tête, à tel point que cela ensuite a coulé dans mes yeux ! Mais j’étais heureux ! Ce signe de l’onction est important dans la Bible. D’abord dans l’Ancien Testament, pour les rois et les prophètes. Nous avons ainsi entendu l’onction prophétique d’Isaïe, qui d’ailleurs montre bien le lien entre l’onction et l’Esprit Saint : « L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction ». Dans le nouveau Testament, Jésus est présenté comme l’oint de Dieu, le Messie. Et, dans la synagogue de Nazareth, il reprendra les paroles même d’Isaïe.

Enfin dans la vie de l’Église catholique, il y a de nombreuses onctions d’huile : au baptême, à la confirmation, au sacrement des malades, à l’ordination, les onctions d’un autel lors de sa consécration, ou des murs d’une église lors de sa dédicace. La parole dite par Mgr Pontier lors de l’onction épiscopale était la suivante : « Dieu vous a lui-même associé au Christ Souverain Prêtre : qu’il vous pénètre de sa grâce comme d’une onction spirituelle et rende fécond votre ministère, par la bénédiction de l’Esprit-Saint. » Dans la consécration de l’évêque, la fécondité spirituelle est donc mise en rapport avec l’onction.

Peut-être avez-vous aussi pressenti qu’après le sens physique de l’onction, badigeonner d’huile, il y a un sens figuré du mot onction, « comme une onction spirituelle », plus existentielle, presque un style de vie. Le dictionnaire parle d’une: « Douceur de manières et de paroles qui touche le cœur, pénètre l’esprit, porte à la dévotion, au recueillement. »

Eh bien frères et sœurs, notre vie de chrétien nous permet d’unir ces deux sens du mot onction, car nous avons tous été oins à notre baptême, et car souvent, nous recevons une nouvelle onction du Saint Esprit, une effusion de l’Esprit, qui nous permet d’agir avec onction, par exemple quand nous devons prendre une décision, écrire une lettre, etc. Je suis certain qu’il vous est arrivé d’expérimenter physiquement cette onction qui est alors comme la forme pour le sportif ou l’inspiration pour le poète : un état dans lequel nous pouvons donner le meilleur de nous-mêmes.

Frères et sœurs, la seconde chose que Dieu nous dit en ce dimanche de rentrée paroissiale, c’est de prendre conscience que nous avons reçu l’Esprit baptismal qui a imprimé en nous un sceau, un caractère indélébile, mais qu’il peut cependant rester inerte, inactif. Il nous faut libérer le parfum de son vase, comme Marie Madeleine qui casse le vase de parfum sur les pieds du Seigneur. Voilà pourquoi saint Paul écrit à Timothée : « ravive le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains. »

Ce qui est valable pour l’ordination l’est aussi pour les autres sacrements, et je pense maintenant à ceux qui parmi vous sont mariés : vous avez reçu lors de votre mariage une effusion de l’Esprit Saint, qui est je vous le rappelle, l’Esprit d’Amour qui unit le Père et le Fils. Ne croyez pas que tout est fait une bonne fois pour toute. Il vous faut vivre chaque jour de cet Esprit ; et les anniversaires de mariage sont des dates importantes pour raviver le don gratuit de Dieu ; et je salue le thème d’année de la paroisse de Gap cette année, qui est, si j’ai bien retenu, l’année de la famille et du mariage.

Donc ce qui dépend de nous, c’est de rompre le vase d’albâtre, c’est-à-dire ce qui est trop humain, notre égoïsme, notre orgueil intellectuel. Mais, pour y arriver, au-delà de notre volontarisme qui peut échouer, il nous faut le demander. Comme dit Jésus en Luc 11,13 : « Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

Frères et sœurs, je vous invite au début de cette année scolaire, de cette année paroissiale, à invoquer l’Esprit Saint sur votre couple, sur votre famille, sur vos études, sur votre métier, sur vous-même. À raviver le don de l’onction que vous avez reçu, pour vivre avec onction et donner le meilleur de vous-mêmes.

Viens, Esprit Saint créateur, « Veni, Creator Spiritus ».

Mgr Xavier Malle
Évêque de Gap (+ Embrun)

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