Migrants et réfugiés

Un nouveau naufrage a fait une centaine de victimes. M. Emmanuel Macron participe en ce moment à Rome au quatrième sommet des pays riverains de la Méditerranée (Med 7). Dans les Alpes, des migrants qui ne connaissent pas la montagne risquent leur vie en passant par des cols enneigés…

Ci-dessous, un reportage de France 2 dans les Hautes-Alpes, un texte des évêques à l’approche de la journée mondiale du migrant et du réfugié, un appel de François Estrangin, délégué diocésain à la pastorale des migrants.

Reportage de France 2 diffusé dimanche 7 janvier 2018 sur le passage du col de l’Échelle et l’accueil à Briançon


Migrants : trouver une réponse commune

À veille de la 104e journée mondiale du migrant et du réfugié, ce dimanche 14 janvier, les évêques de France, par la voix de Mgr Georges Pontier, Mgr Georges Colomb et Mgr Denis Jachiet, ont souhaité indiquer les actions qui, dans le contexte français, leur paraissent être prioritaires pour « Accueillir, protéger, promouvoir, intégrer les migrants et les réfugiés ». Extraits…

« Qu’as-tu fait de ton frère ? » Les milliers de morts, parmi les déplacés contraints d’entreprendre des voyages périlleux pour atteindre l’Europe afin d’y demander la protection à laquelle ils aspirent, est un scandale auquel personne ne peut se résigner. Les personnes contraintes de fuir leur pays ont le droit de requérir une protection sans qu’il leur faille pour cela ajouter aux risques initiaux ceux d’un parcours incertain. Le leur permettre est pour notre société un impératif, tant légal que civilisationnel.

À la suite du Pape François, nous pensons que les voies d’accès légales permettant aux personnes menacées de se rendre en France pour y demander l’asile doivent être élargies. Nous demandons ainsi à l’État de développer ces voies d’accès en France – notamment via l’octroi plus important de visas humanitaires et l’élargissement des programmes de réinstallation -, et de les promouvoir au niveau européen et international, notamment lors des négociations des pactes mondiaux de 2018.

À sa mesure, et avec d’autres, l’Église s’engage déjà sur ce chemin. En mars dernier, la conférence des évêques de France, en partenariat avec le Secours catholique, la Fédération protestante, la Fédération d’Entraide Protestante de France et la communauté de Sant’Egidio, signait avec l’Etat un protocole portant sur la mise en place de « couloirs humanitaires », permettant à 500 personnes parmi les plus vulnérables actuellement réfugiées au Liban, de venir en France pour y demander l’asile. S’il demeure modeste, ce programme n’en est pas moins précieux, notamment par son caractère modélisant.

Nous entendons la crainte sécuritaire que beaucoup expriment devant la situation migratoire actuelle ; nous en sommes convaincus, cette situation se révèle d’autant plus anxiogène que l’arrivée des personnes semble parfois trop peu organisée. Dans ce contexte, la mise en place de voies d’accès légales et sûres apparaît d’autant plus souhaitable qu’elle permet précisément d’organiser l’accueil et, ce faisant, de concilier la sécurité de nos concitoyens et celle de personnes en quête de protection.

Ne nous leurrons pas cependant : le développement de voies légales ne tarira pas l’arrivée spontanée d’exilés vers la France et plus largement vers l’Europe ! Les chemins qu’ils prennent et prendront seront encore dangereux et éprouvants, et leur besoin d’accueil et de protection nous obligeront, demain comme aujourd’hui. Dans ce contexte, l’existence de voies d’accès légales et sûres ne doit en aucun cas être utilisée comme prétexte pour renvoyer ces exilés vers les pays de transit qu’ils ont traversés. À cet égard les projets européens visant à donner corps à la notion de pays tiers sûrs nous préoccupent.

Il n’y a pas d’accueil véritable sans accompagnement du chemin d’intégration. À la suite du Pape François, nous pensons ainsi que les dispositifs publics d’accueil des réfugiés peuvent être complétés par le développement de programmes de parrainage par des collectifs citoyens. Par leur caractère diffus, de tels programmes offrent aux nouveaux arrivants la possibilité d’une réelle intégration sociale, laquelle fait souvent défaut dans les dispositifs d’accueil où les arrivants sont regroupés entre eux.

Outre le bénéfice pour les personnes accueillies elles-mêmes, ces programmes, partout où ils sont mis en œuvre, génèrent du dynamisme et se révèlent créateurs de liens. Les chrétiens engagés au sein de collectifs d’accueil, avec leur paroisse, dans le cadre du projet des couloirs humanitaires, avec le service jésuite des réfugiés ou encore avec l’Ordre de Malte par exemple, en témoignent : des acteurs aux sensibilités éloignées collaborent, des territoires se dynamisent, des cœurs se convertissent, etc.

Nous saluons l’engagement de tous les citoyens, chrétiens ou non, qui s’investissent au sein de tels collectifs. Tout en rappelant à l’Etat ses obligations en matière d’accueil, nous demandons aux chrétiens d’accroître leur engagement en ce sens et, au-delà du soutien administratif, de l’enseignement du français ou encore de l’insertion professionnelle, nous les invitons à se positionner plus spécifiquement sur le créneau de la convivialité afin de donner corps à la valeur de la fraternité.

Source : CEF

Pour l’intégralité du texte : Migrants : trouver une réponse commune


La Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié
le 14 janvier 2018 dans notre diocèse

Surmonter nos peurs et découvrir un autre différent, entendre sa souffrance et s’émerveiller de sa richesse, se laisser déranger et le recevoir comme un don, créer de nouveaux liens et faire route ensemble, quels défis pour chacun de nous et pour nos communautés !

Si nous commençons à relever ces défis, nous serons alors un signe pour notre société et nous pourrons inviter des hommes et des femmes de bonne volonté à s’unir pour une fête qui célèbre la diversité de notre humanité.

Dans notre diocèse ?

Chaque jour dans notre diocèse, nous sommes confrontés à la situation des migrants.

Voilà donc une occasion privilégiée de partager, de réfléchir et de prier dans nos communautés chrétiennes, toutes sensibilités confondues.

Chaque paroisse, chaque communauté ou chaque mouvement s’organise localement selon sa situation, autour de quatre temps :

  • Inviter : il s’agit, dès la préparation de la Journée et au cours de celle-ci, de faire participer largement les personnes, migrantes ou pas.
  • Célébrer : au cœur de ce dimanche, la célébration eucharistique fera une large part aux migrants, non seulement dans la prière ou l’homélie mais autant que possible dans différents temps de la messe.
  • Partager : la Journée est un temps de partage en communauté, à inventer (partager un apéritif ou un repas, échanger autour d’un film, marcher ensemble …)
  • Poursuivre : cette journée est un point de départ pour vivre et renforcer cette approche mutuelle, approfondir la réflexion sur les quatre thèmes et prier ensemble.

Pour aller plus loin on trouvera l’ensemble des documents préparés par le Service National de la Pastorale des Migrants sur le site http://migrations.catholique.fr/index.php?ID=1058379

Le film Paroles du Buëch ou témoignages de bénévoles peut être fourni en version normale (26 minutes) ou en version courte (13 minutes). Ce film témoigne de l’accueil par des personnes de bonne volonté et montre toute la richesse de ces rencontres.

François Estrangin

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